William Labranche: contre-interrogatoire serré pour la plaignante

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William Labranche fait face à une trentaine de chefs d'accusation pour des agressions sexuelles.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

Le contre-interrogatoire de l'une des présumées victimes de William Labranche, cet individu accusé de 38 chefs en lien avec des agressions sexuelles, des voies de fait et des menaces à l'endroit de deux femmes, s'est poursuivi toute la journée, jeudi, au palais de justice de Trois-Rivières.

L'avocate du suspect, Me Pénélope Provencher, l'a en effet longuement questionnée pour obtenir des détails précis sur chaque événement de violence qu'elle prétend avoir subi entre 2011 et 2014, et ce, afin de miner sa crédibilité.

À plusieurs reprises, la plaignante n'a pas caché qu'elle avait effectivement oublié plusieurs détails ou omis d'en mentionner d'autres lors de déclarations antérieures.

«Je ne peux pas avoir tout dit aux policiers et à l'enquête préliminaire. Il y a trop d'événements», a-t-elle mentionné. Au cours des dernières années, elle aurait d'ailleurs tout fait pour mettre cette histoire de côté. «Je fais des cauchemars et j'ai mal partout aujourd'hui», a-t-elle indiqué.

Patiemment, Me Provencher a néanmoins réussi à relever certaines contradictions ou différences entre son témoignage et ses déclarations antérieures, surtout en fin de journée lorsqu'il a été question des circonstances de sa rupture avec William Labranche. La jeune femme, qui témoigne maintenant depuis quatre jours devant le juge Jacques Trudel, était alors visiblement exténuée. 

Les raisons qui ont motivé la séparation sont devenues floues, tout autant que le moment où Labranche aurait eu des rapports sexuels avec une autre femme. Elle a aussi admis qu'il pouvait peut-être y avoir eu d'autres ruptures avant 2013. 

Il a aussi été question au cours de cette journée de cet épisode où elle aurait été forcée par William Labranche de prendre du GHB en présence de deux hommes. Il l'aurait ensuite traînée de force au sous-sol sans que les deux individus ne réagissent puisqu'ils craignaient également Labranche. Ce dernier l'aurait ensuite contrainte à avoir une relation sexuelle au cours de laquelle il l'a étranglée au point de lui faire perdre connaissance.

Elle est aussi revenue sur un autre épisode de violence sexuelle survenu dans une chambre d'hôtel à Québec. Au départ, elle dit avoir cru que Labranche avait planifié un séjour romantique pour lui montrer son amour. Dès leur arrivée dans la chambre, il aurait plutôt sorti des colliers de serrage en plastique pour lui attacher les mains dans le dos. Il l'aurait ensuite violée avec un dildo, pour reprendre ses propos.

La notion de consentement, qui est au coeur du litige autant que sa crédibilité, a également été abordée à plusieurs reprises par Me Provencher. 

La présumée victime a ainsi répété qu'elle n'avait pas eu de relations sexuelles consentantes avec Labranche lorsqu'ils étaient dans un endroit clos comme leur domicile ou leur chambre. Lorsqu'ils étaient à l'extérieur comme un parc ou un camping, elle a dit consentir aux relations, car celles-ci n'étaient pas violentes. «J'avais été ''drillée'' comme ça. Je me disais que je pourrais le satisfaire sans violence», a-t-elle précisé.

Enfin, les policiers seraient intervenus à une reprise pour les séparer lors d'une dispute sur la rue alors qu'elle tentait de le fuir et qu'il la pourchassait. Elle a avoué avoir déclaré aux policiers que tout était correct, enjoignant du même coup Labranche de ne pas péter sa coche. 

Le juge lui a alors demandé pourquoi elle avait agi de la sorte compte tenu des circonstances. «Parce j'avais peur du ''après'', lorsqu'il aurait été libéré», a-t-elle répondu.

Le contre-interrogatoire devrait se poursuivre ce vendredi. Par la suite, Me Marie-Ève Paquet de la Couronne fera entendre d'autres témoins pour corroborer la version de la plaignante. 

Ce sera ensuite au tour de la deuxième présumée victime de témoigner.




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