Intervention policière pour une personne retrouvée morte

Une intervention policière s'est déployée jeudi matin près... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Une intervention policière s'est déployée jeudi matin près du pont Radisson pour gérer la découverte du corps d'une personne qui s'était enlevé la vie.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Une opération policière s'est déployée jeudi matin aux abords du pont Radisson, sur le boulevard des Chenaux. La présence d'un corps inanimé sur la structure du pont ferroviaire a attiré l'attention des passants et de plusieurs automobilistes qui traversaient le pont Radisson, parallèle au pont ferroviaire. Selon toute vraisemblance, il s'agirait d'un geste volontaire.

La Police de Trois-Rivières confirme avoir reçu un appel d'un passant, peu avant 8 h, pour signaler la scène aperçue sur le pont ferroviaire. C'est justement le caractère «public» de ce suicide qui lui confère un aspect particulier.

Habituellement, les médias ne rapportent pas les décès par suicide, qui surviennent surtout dans des environnements privés. Les intervenants en prévention du suicide invitent aussi les journalistes à ne pas faire état des façons par lesquelles les personnes en détresse ont mis fin à leurs jours, question d'éviter de générer des idéations très précises chez des gens plus vulnérables.

Dans un cas comme celui exposé jeudi matin, le directeur du Centre de prévention du suicide: Accalmie, Luc Massicotte, insiste sur l'importance de la communication, de la prévention et du recours aux ressources. Les automobilistes, les passants et les gens du quartier peuvent avoir été ébranlés par ce qu'ils ont vu. Des enfants ont aussi aperçu la scène. Comment réagir si on l'a soi-même vue? Comment intervenir auprès d'un enfant qui pose des questions?

«Ma préoccupation c'est d'assurer que dans les milieux de travail ou avec les enfants à l'heure du souper, les questions qui pourraient émerger soient abordées par les collègues, par les parents ou par les intervenants comme les professeurs. Il faut s'assurer que les gens aient un espace pour ventiler, qu'on puisse les écouter plutôt que de dire: ''On n'en parle pas'', même si ça peut être malaisant», indique M. Massicotte.

Le sujet du suicide est complexe et demeure délicat à aborder pour plusieurs personnes. Luc Massicotte le répète, il faut en parler.

«Les gens qui auraient pu être témoin de quelque chose et qui se sentent mal à l'aise, je les invite à en parler. Des fois, un événement comme celui de ce matin [jeudi] ne nous amène pas à une détresse, mais peut provoquer un malaise. Il ne faut pas hésiter à en parler, peu importe à qui, peu importe comment. Il ne faut pas rester avec ça.»

Le directeur du Centre de prévention du suicide: Accalmie encourage les gens à recourir à la ligne d'intervention téléphonique 1 866 APPELLE (277-3553), accessible 24 heures par jour, sept jours par semaine. 

«La ligne n'est pas seulement pour les gens qui souffrent. Elle est là aussi pour épauler des parents qui veulent répondre aux questions de leurs jeunes, ou pour ceux qui habitent dans le quartier où ça s'est produit. Un intervenant formé, professionnel, compétent va les guider pour gérer ça avec leur enfant, leur proche, leur conjoint...», précise-t-il en commentant le cas précis survenu jeudi.

«C'est une occasion de tendre l'oreille pour voir si ça a choqué, traumatisé des gens. Pour ce qui est des enfants, j'invite les gens à être à l'écoute et à assumer ces questions-là. Formulées par un enfant, ces questions peuvent peut-être sembler des petites questions, mais elles peuvent peut-être occuper une grande place dans leur esprit», conclut M. Massicotte.

La prévention est primordiale

Une histoire dramatique comme celle qui s'est conclue par la découverte d'un corps inanimé sur la structure du pont ferroviaire enjambant la rivière Saint-Maurice à Trois-Rivières, jeudi matin, vient rappeler qu'il faut mettre tout en oeuvre afin de déceler rapidement les problèmes de santé mentale chez un individu, et ainsi, éviter que de tels scénarios se produisent.

C'est le constat que fait le vice-président du conseil d'administration du Centre prévention du suicide: Accalmie et chercheur en travail social, Philippe Roy. La récente décision du ministère de la Santé et des Services sociaux de couper le financement des activités d'enseignement permettant aux futurs médecins de famille de recevoir de la formation en santé mentale constitue d'ailleurs un pas dans la mauvaise direction selon lui.

«En prévention du suicide, il y a des interventions qui sont reconnues comme étant efficaces et la formation des médecins omnipraticiens en est une. Il y a beaucoup de personnes qui sont suicidaires qui ont vu leur médecin avant le drame. Il y en a beaucoup pour qui ce n'est pas détecté, car ils se présentent avec des symptômes physiques et on n'ira pas plus loin.

Les gens vont voir un médecin et ne se sentent pas à l'aise de parler des difficultés psychologiques et sociales qu'ils vivent. De l'autre côté, ce ne sont pas tous les médecins qui sont à l'aise de poser des questions sur ces sujets-là, d'où l'importance de la formation», explique-t-il.

Le titulaire d'un doctorat en travail social ajoute que les tristes événements comme celui qui s'est produit jeudi prouvent que ces formations ainsi que les autres programmes de prévention destinés à la population sont essentiels, tout particulièrement en Mauricie, qui fait partie des régions les plus touchées au Québec par la problématique du suicide.




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