Vadeboncoeur: la défense réclame l'acquittement des policiers

Alexis Vadeboncoeur... (Stéphane Lessard)

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Alexis Vadeboncoeur

Stéphane Lessard

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

La défense soutient que les policiers de Trois-Rivières étaient justifiés d'employer la force avec Alexis Vadeboncoeur en raison de son refus d'obtempérer, de la proximité de l'arme et de l'urgence d'agir pour assurer leur propre protection et celle de la population en général.

Le procès des quatre policiers de Trois-Rivières, accusés... (François Gervais) - image 1.0

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Le procès des quatre policiers de Trois-Rivières, accusés de voies de fait contre Alexis Vadeboncoeur et de fabrication de faux rapports, tire à sa fin.

François Gervais

Et puisque la force employée était raisonnable dans les circonstances, les trois avocats de la défense qui ont plaidé jusqu'à maintenant réclament l'acquittement de leur client respectif.

C'est le cas de Me Normand Bibeau, qui représente Marc-André Saint-Amant. «Je demande de l'acquitter et de rétablir son honneur auprès de la communauté qu'il désire servir à nouveau», a-t-il déclaré.

Il a aussi pris soin de rappeler que les policiers étaient justifiés après leur intervention d'écouter les ondes radio, de regarder une partie de la vidéo de l'arrestation et d'échanger entre eux, et ce, dans le cadre de l'enquête sur le vol qualifié commis par Vadeboncoeur.

«Le ministère public n'a pas prouvé que les policiers s'étaient concertés et qu'ils avaient lu les rapports des uns et des autres. Leurs compléments de rapports sont vrais», a-t-il ajouté.

Pour sa part, Me Pierre Dupras, qui défend Dominic Pronovost, a insisté grandement sur le rapport de Denis Rancourt dont l'analyse de la vidéo de l'arrestation au Cégep de Trois-Rivières a modifié, selon lui, la perception négative que le monde pouvait en avoir. Il a ainsi rappelé que la perte des images a pour conséquence d'accélérer les gestes des policiers et d'en accroître l'impact.

Ainsi, les coups n'auraient pas été portés avec la force démesurée qu'il appert, d'autant plus qu'ils n'ont pas causé de blessures majeures chez Vadeboncoeur, ce qui est confirmé par des rapports médicaux. 

Toujours selon lui, ce même rapport de Denis Rancourt aurait démontré que son client n'a pas asséné un premier coup de pied lorsqu'il s'est approché de Vadeboncoeur.

Il estime d'ailleurs que ce même «faux» coup de pied a conditionné, voire contaminé, le rapport de l'expert de la Couronne Bruno Poulin, surtout que ce dernier n'avait pas entendu les témoignages des policiers, de Vadeboncoeur et de l'expert Rancourt lors de la production de son propre rapport.

Me Dupras a aussi fait référence au coup porté par son client alors qu'il avait encore son arme à la main. Sur ce point, il a rappelé qu'un rapport d'expertise en ADN avait révélé qu'il n'y avait aucune trace du profil génétique de Vadeboncoeur sur l'arme de Dominic Pronovost. Quant aux faux rapports, il soutient également que celui de son client est conforme aux règles de l'art. 

Enfin, Me Stephen Angers, qui représente Kaven Deslauriers, a pour sa part souligné d'emblée au juge que cette affaire contribuerait à façonner le droit des policiers et qu'elle aurait un impact important sur l'emploi de la force et la rédaction des rapports. Il l'a donc invité à ne pas céder à la vindicte populaire. 

Encore là, il a lui aussi parlé de la peur qui tenaillait son client, insistant sur le fait qu'il n'avait que cinq ans d'expérience lors des événements du 2 février 2013.

Le but visé lorsqu'il a asséné des frappes de diversion n'était pas de donner une correction à Vadeboncoeur mais bien de faire une intervention au meilleur de ses capacités parce qu'il croyait sa vie en danger. S'il l'avait frappé à la tête comme le prétend le jeune homme, les blessures auraient été plus importantes. 

Jeudi, Me Angers devrait terminer sa plaidoirie. Ce sera ensuite au tour de Me Roxanne Hamelin qui défend Barbara Provencher de prendre la parole. La Couronne pourra ensuite faire valoir ses arguments.




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