Affaire Vadeboncoeur: le procès tire à sa fin

Le procès des quatre policiers de Trois-Rivières, accusés... (François Gervais)

Agrandir

Le procès des quatre policiers de Trois-Rivières, accusés de voies de fait contre Alexis Vadeboncoeur et de fabrication de faux rapports, tire à sa fin.

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Après 26 jours d'audiences, le procès des quatre policiers de Trois-Rivières, accusés de voies de fait contre Alexis Vadeboncoeur et de fabrication de faux rapports, tire à sa fin.

En fin de journée vendredi, à la suite du témoignage de son expert Pierre Langlois, la défense a en effet annoncé que sa preuve était désormais close. Il restera maintenant aux quatre avocats de la défense et à la procureure de la Couronne à procéder aux plaidoiries. Elles sont prévues au cours de la semaine du 20 mars. Le juge Steve Magnan pourra par la suite prendre le tout en délibéré en vue de rendre un verdict.

Durant la majeure partie de la journée, l'expert en utilisation de la force et maniement des armes à feu, Pierre Langlois, a en effet fait l'objet d'un contre-interrogatoire serré de la procureure, Me Aryanne Guérin. Dans l'objectif de miner sa crédibilité, celle-ci l'a longuement questionné sur les gestes posés par les policiers le soir du 2 février 2013 en lien avec les enseignements de l'École nationale de police du Québec et du témoignage de son propre expert en utilisation de la force, Bruno Poulin. On sait que ce dernier avait critiqué leur intervention, en disant notamment que leurs coups étaient inutiles et injustifiés puisqu'ils ne visaient pas à maîtriser le suspect. 

Elle lui a donc soumis plusieurs hypothèses possibles sur l'emplacement du véhicule de police, le degré de soumission de Vadeboncoeur, la position des policiers et la nature des coups portés mais Pierre Langlois a maintenu en grande partie ses propos tenus la veille. Selon lui, les quatre policiers ont agi avec justesse compte tenu des circonstances très particulières et conformément aux enseignements de l'ÉNPQ.

Interrogé si des améliorations étaient malgré tout possibles dans un contexte de debriefing avec eux, il a répondu: «Pour l'instant non. Ça s'est passé très vite compte tenu du degré de dangerosité. Je laisserais ça comme ça. Il y a eu une portion où il y a eu une intensité: il fallait que les bras sortent. À court terme, je n'ai aucun commentaire à faire à moins que les policiers viennent me voir parce qu'eux estiment que certaines améliorations pourraient être apportées au niveau des méthodes de travail, des frappes de diversion ou de la formation», a-t-il déclaré.

M. Langlois a même déclaré qu'il ne serait pas dans la salle d'audiences pour témoigner s'il ne croyait pas à ce qu'il avait vu et entendu. À ce moment, il venait d'être interrogé sur le premier possible coup de pied asséné par l'agent Dominic Pronovost lors de son contact initial avec Vadeboncoeur. «J'ai des valeurs et je suis en désaccord avec la violence gratuite», a-il ajouté. Pour lui, si ce coup de pied avait été volontaire, il n'aurait pas accepté le mandat de la défense.

La procureure a toutefois fait ressortir certaines contradictions dans son témoignage. Il avait notamment déclaré s'être rendu sur les lieux de l'intervention le 26 janvier 2016 pour avoir un aperçu de la perspective des policiers en lien avec l'éclairage. Selon ses propos, il faisait -18 degrés Celsius, soit une température semblable à celle du soir de l'arrestation le 2 février 2013. 

Après des recherches faites sur Environnement Canada, Me Guérin lui a fait savoir qu'en réalité, le mercure se situait à 2 degrés Celsius et qu'il y avait de la pluie et du brouillard. Elle lui a même exhibé certaines de ses propres photos où l'on voit des flaques d'eau dans la cour du Cégep. Il a répondu qu'il faisait -18 selon l'indicateur de température de son véhicule et que les flaques d'eau résultaient de la pose d'abrasifs sur la chaussée.




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer