L'expert Rancourt n'a pas tenu compte du témoignage de Vadeboncoeur

Alexis Vadeboncoeur... (Stéphane Lessard)

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Alexis Vadeboncoeur

Stéphane Lessard

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Pour réaliser son analyse sur l'intensité des coups portés à Alexis Vadeboncoeur par les policiers de Trois-Rivières, l'expert en acquisition et traitements de signaux, Denis Rancourt, a omis de tenir compte du témoignage de celui-ci lors du procès.

Il soutient ne pas avoir pris connaissance du témoignage du jeune homme puisque celui-ci avait duré quatre heures et demie et nécessité plus de 1000 pages de notes sténographiques. Il s'est seulement fié sur un résumé fourni par les avocats de la défense puisque selon lui, les notes lui auraient été acheminées trop tard. Quant aux rapports médicaux, ils n'ont pas contribué à modifier ses conclusions. 

Pour lui, outre les égratignures au visage qui résultent du frottement de son visage sur le sol, les blessures que Vadeboncoeur a subies le 2 février 2013 correspondent à des frappes d'intensité faible à moyenne. Sur ce point, le juge Steve Magnan n'a pas manqué de lui demander que s'il fallait en croire la version de Vadeboncoeur, les coups auraient été d'intensité plus élevée, ce qu'il n'a pas nié.  

Il a réitéré que les frappes à mains nues ont pu causer certaines douleurs mais pas de lésions. On sait que lors du procès, Vadeboncoeur s'était plaint d'avoir une bosse à la tête de la grosseur d'un oeuf et des douleurs aux testicules. Or, dans les rapports médicaux faits au lendemain de son arrestation, il n'est pas fait mention de blessures importantes ou de lésions. Lorsqu'il a été rencontré par une infirmière du Centre de détention, le suspect se serait plaint uniquement de douleurs au poignet droit et à la cheville gauche. Quelques jours plus tard, il avait parlé d'une douleur et d'une rougeur à l'entrejambe mais le personnel médical avait plutôt suspecté une possible MTS. 

Outre les blessures subies par Vadeboncoeur, la procureure de la Couronne Me Aryanne Guérin a confronté l'expert Rancourt sur plusieurs aspects de son rapport et de son témoignage afin de miner sa crédibilité. 

Il a ainsi reconnu avoir dû appeler la compagnie Samsung pour obtenir plus d'informations sur le système de caméras de surveillance du Cégep de Trois-Rivières. Il a également admis avoir fait son expertise en se basant sur les 16 caméras en place et non sur les trois ou quatre seulement qui ont détecté des mouvements le soir de cette arrestation. Il avait auparavant parlé d'une saturation possible du système qui aurait pu entraîner une perte des images et de la synchronisation, et par le fait même une perception faussée de la scène. Mardi, il ne pouvait dire si une saturation du système était survenue et si le système de caméras avait titré profit de cet espace disponible.

Me Guérin l'a également longuement confronté sur le prétendu coup de pied que l'agent Dominic Pronovost aurait donné à Vadeboncoeur lors de son approche. Il a maintenu sa version à l'effet que c'était improbable pour ensuite ajouter: «Je ne dis pas par contre qu'il n'y a pas eu de contact.»

Elle lui a notamment demandé comment alors il pouvait expliquer un soubresaut d'Alexis Vadeboncoeur lors de ce coup. Il l'a attribué à un artefact du système de compression des images. Or, comme il n'a pas été en mesure de voir d'autres artefacts sur cette image spécifique, elle a dit trouver étrange qu'au moment du coup de pied, le système de compression avait soudainement fait défaut. 

Le contre-interrogatoire va se poursuivre ce mercredi.




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