Affaire Vadeboncoeur: des coups d'une intensité faible à moyenne

Le procès des quatre policiers pour voies de... (Sylvain Mayer)

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Le procès des quatre policiers pour voies de fait et production de faux rapports dans l'affaire Vadeboncoeur a repris lundi et se poursuit mardi.

Sylvain Mayer

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La majorité des coups qui ont été portés à Alexis Vadeboncoeur par les policiers de Trois-Rivières lors de son arrestation du 2 février 2013 dans la cour du Cégep de Trois-Rivières serait d'une intensité qui varie de faible à moyenne.

C'est du moins l'avis formulé par le témoin de la défense, Denis Rancourt, un expert en biomécanique et en acquisition et traitement de signaux. Son mandat a consisté à analyser la fameuse vidéo de l'arrestation pour en déterminer notamment le nombre de coups qui ont été portés par les policiers et leur intensité puisqu'il s'agit de l'une des questions en litige dans le procès des quatre policiers pour voies de fait et production de faux rapports.

Pour évaluer l'intensité des coups, il a entre autres étudié la vitesse, l'amplitude des mouvements et l'impédance mécanique c'est-à-dire le niveau de résistance tant chez celui qui assène les frappes et que chez celui qui les reçoit.  

L'expert Rancourt conclut finalement que les agents Dominic Pronovost, Kaven Deslauriers et Marc-André Saint-Amant lui auraient en tout infligé sept coups à mains nues et quatre coups de pied. Un cinquième coup de pied aurait été porté, mais il aurait raté la cible. 

La majorité était d'une intensité variant entre faible et moyenne. Par contre, M. Rancourt a parlé d'un coup de pied dont l'intensité était de moyenne à élevée, mais il ignore si ce coup a atteint Alexis Vadeboncoeur ou à quel endroit sur le corps. Toujours selon lui, les blessures de Vadeboncoeur correspondent d'ailleurs à des frappes d'intensité faible à moyenne puisque les égratignures au visage seraient en effet le résultat du glissement de son visage sur le sol lorsque le groupe a été déporté. 

M. Rancourt a également mentionné dans son témoignage que les policiers pouvaient avoir été affectés par le phénomène de vision tunnel sans toutefois être en mesure de quantifier l'ampleur de celui-ci. En ce sens, il a indiqué que la littérature scientifique en reconnaît l'existence. 

Notons que la Couronne, représentée par Me Aryanne Guérin, s'était opposée à ce qu'il témoigne sur cet aspect bien précis en s'interrogeant sur son expertise dans ce domaine, mais le juge a finalement conclu que ses connaissances pourraient lui être utiles. 

De même, M. Rancourt a réfuté les propos d'un expert de la Couronne concernant le risque encouru par l'agent Pronovost de frapper Vadeboncoeur avec son arme à la main. Selon lui, un coup de feu involontaire serait peu probable. 

Enfin, il estime aussi que Vadeboncoeur aurait facilement pu récupérer son arme qu'il venait de jeter par terre à sa gauche, et ce, en moins de deux secondes.

Rappelons aussi que Denis Rancourt avait auparavant expliqué que les mouvements que l'on voyait sur la vidéo étaient plus rapides que la normale en raison du phénomène de compression et décompression des images, ce qui en modifie la perception des faits.

En fin de journée, le contre-interrogatoire de l'expert a commencé. La Couronne l'a notamment interrogé sur certaines différences entre ses rapports, sur le système de vidéo du Cégep et sur sa connaissance des blessures subies par Vadeboncoeur tout particulièrement sur la possibilité qu'il ait pu ne pas avoir de lésions en dépit de la force des coups et de la présence d'une arme dans la main de l'agent Pronovost, ce qu'il a admis. 

Les audiences vont se poursuivre mardi.




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