Procès de Marcel Gauvin: l'heure des plaidoiries

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(La Tuque) Les avocats ont soumis leurs arguments à la juge Dominique Slater dans le dossier de Marcel Gauvin, vendredi, au palais de justice de La Tuque. L'homme est accusé d'agression sexuelle et d'avoir commis un acte de grossière indécence en 1986.

L'avocat de la défense, Me Simon Ricard, a revu dans le détail pendant près de trois heures tous les témoignages entendus durant le procès Marcel Gauvin. Il s'est attardé au récit de son client, mais surtout à celui de la plaignante.

Il a fait ressortir du témoignage de la présumée victime ce qui lui semblait être «des invraisemblances, des imprécisions et nombreuses contradictions». Il soutient qu'elle a fourni différentes versions de l'événement, cinq au total.

«Son histoire ne se tient absolument pas», a-t-il lancé.

Me Ricard a également fait remarquer «un crescendo de douleur et de violence» dans les différentes versions de la plaignante.

«Plus ça évolue, plus il y a une violence extrême et inouïe qui apparaît», a-t-il souligné.

L'avocat de la défense a insisté sur les contradictions. Selon lui, la plaignante a dit «une chose et son contraire» tout au long du procès.

Quant à son client, Marcel Gauvin, il l'a décrit comme étant un homme d'affaires respectable, qui ne présente aucun signe d'agressivité. 

Selon Me Ricard, il est tout à fait normal que son client n'ait aucun souvenir «d'une soirée normale d'il y a 30 ans». Il a qualifié son témoignage de crédible et de logique.

«Il est raisonnable de penser qu'il est impossible de se souvenir dans le moindre détail d'une soirée banale. L'inverse serait plutôt étonnant», a-t-il souligné.

Il aussi fait remarquer que Marcel Gauvin avait affirmé qu'il n'avait jamais agressé la plaignante, ni qui que ce soit.

«Elle a peut-être des souvenirs d'une agression, mais ce n'est pas Marcel Gauvin qui l'a agressée et ce n'est pas chez Marcel Gauvin que ça s'est passé», a-t-il lancé.

Le procureur de la Couronne, Me Éric Thériault, quant à lui soutient que l'accusé a une mémoire sélective. 

«Il vient tout corroborer sauf ce qui ne fait pas son affaire [...] Tout, sauf l'agression», a-t-il noté.

«Il ne se souvient pas de la relation sexuelle, mais je vous rappelle qu'il se souvient de l'heure qu'il est rentré, de l'heure qu'il est venu la porter. Dans mon livre à moi c'est une mémoire sélective.»

Le procureur a aussi fait remarquer que Marcel Gauvin avait été catégorique lors de son interrogatoire, il n'avait jamais couché avec la plaignante. 

«En contre-interrogatoire, il dit qu'il n'a pas de souvenir, mais que c'est possible. Il ne peut pas l'exclure», note le procureur.

Il a fait valoir que les deux autres témoins de la défense avaient, eux aussi, corroboré plusieurs éléments du témoignage de la plaignante.

«Tout est corroboré ce n'est pas compliqué [...] L'adresse, le véhicule, sa présence au bar, l'Halloween, la robe...», a-t-il énuméré.

Il est aussi revenu sur le témoignage de la belle-soeur de l'accusé qui selon sa théorie est venu le protéger en affirmant fermement qu'elle n'avait rien entendu, surtout pas des cris de détresse.

«Elle veut protéger Marcel. Elle avait une vision tunnel. Ça mine sa crédibilité devant la Cour», a lancé Me Thériault.

Il a même qualifié son témoignage de catégorique, de préfabriqué et de protecteur.

Quant au témoignage de la victime, il est le plus crédible selon Me Thériault.

«Elle n'a jamais eu peur de se corriger quand elle s'est trompée. [...] Ce qui est certain c'est que Marcel Gauvin l'a agressée ce soir-là et qu'elle ne consentait pas», a-t-il lancé.

La juge Dominique Slater a pris la cause en délibéré.




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