Accident de speed boat: Sylvain Girard coupable

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Sylvain Girard a été déclaré coupable des deux chefs d'accusation qui pesaient contre lui en lien avec un accident de speed boat survenu en août 2012 sur la rivière Saint-Maurice à Shawinigan.

Sylvain Mayer

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Sylvain Girard a été déclaré coupable des deux chefs d'accusation qui pesaient contre lui en lien avec un accident de speed boat qui avait causé la mort d'un jeune homme le 4 août 2012 sur la rivière Saint-Maurice à Shawinigan.

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Lors de cette funeste journée, une trentaine de jeunes avaient rencontré Sylvain Girard, un propriétaire riverain. Ils avaient été impressionnés par son immense speed boat de 42 pieds dont la valeur était de 1,1 million $.

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Dans une décision de 50 pages, le juge Jacques Trudel a en effet conclu que le suspect, alors âgé de 55 ans, avait bel et bien conduit dangereusement son bateau, causant par le fait même la mort d'Alexandre Bourque, et avait fait preuve de négligence criminelle causant la mort. 

Un verdict qui a été accueilli par des soupirs de soulagement et des larmes de joie chez les nombreux proches de la victime qui s'étaient réunis au palais de justice de Shawinigan. 

Rappelons que lors de cette funeste journée, une trentaine de jeunes avaient rencontré Sylvain Girard, un propriétaire riverain. Ils avaient été impressionnés par son immense speed boat de 42 pieds dont la valeur était de 1,1 million $.

Girard leur avait proposé de faire un tour sur la rivière Saint-Maurice. Il avait donc fait trois sorties, faisant monter une dizaine de passagers à chaque fois.

C'est au troisième tour, lors d'une manoeuvre de virage, que le bateau de l'accusé avait tangué et que ses passagers avaient tous été éjectés. Seul Alexandre Bourque, 27 ans, n'avait pu remonter à la surface. Son corps avait été retrouvé quatre jours plus tard.

Dans cette affaire, la théorie de la défense, assurée par Me Louis R. Lupien et Me Michel Lebrun, était que l'accident était survenu en raison d'une caractéristique de conception et de fabrication de la coque du speed boat.

Leur client avait d'ailleurs soutenu avoir conduit de façon sécuritaire. Il estimait que sa vitesse était modérée compte tenu du niveau de performance de son bateau, sans toutefois être capable de la chiffrer précisément puisque l'ordinateur de bord était fermé. 

La Couronne, représentée par Me Catherine Vincent et Me Benoît Larouche, était plutôt d'avis que Girard avait conduit dangereusement sans se soucier de la sécurité d'autrui, et ce, dans le seul but d'épater la galerie. 

Dans son analyse, le juge en est arrivé à la même conclusion. «Tant sur l'eau que sur la terre, il était le maître d'oeuvre de cet après-midi», a-t-il indiqué pour plus tard préciser: «Il a conduit son bateau de façon à exploiter et à démontrer les performances de vitesse, de conduite et de manoeuvres sur l'eau.»

Selon lui, Girard a livré un témoignage réducteur, justificatif, imprécis et contradictoire. Dans son esprit, il était bel et bien conscient de la dangerosité de sa conduite et ne s'est pas soucié de la sécurité des gens qui l'accompagnaient sur le bateau et de ceux qui circulaient sur la rivière cette journée-là. 

En ce sens, il a rappelé qu'il avait embarqué à chaque tour une dizaine de personnes alors que son bateau comptait cinq places assises. Lors du tour fatal, il y avait 12 personnes sur le bateau. Et du nombre, une seule avait pris soin de se munir personnellement d'une veste de flottaison. Un autre passager avait demandé qu'on lui donne des vestes mais il était trop tard; Girard venait de démarrer le bateau.

Toujours selon le tribunal, Girard ne s'était pas assuré du port des vestes de flottaison. Sur son bateau, il y en avait cinq pour adulte mais celles-ci étaient difficilement accessibles.

Qui plus est, sa vitesse était telle que des jeunes ont relaté avoir eu de la difficulté à garder les yeux ouverts pendant la balade. Une fille avait perdu une chaîne et une autre avait passé près de perdre son haut de maillot. 

Si certains jeunes n'ont pas caché leur excitation, certains ont aussi avoué avoir eu peur ou hâte que ça se termine. C'est le cas justement de la victime qui ne voulait pas aller faire la balade. 

Le comportement téméraire de Sylvain Girard avait également dérangé et inquiété plusieurs plaisanciers en cette journée très achalandée sur le plan nautique. Un témoin avait d'ailleurs fait appel au 911 craignant qu'un accident ne survienne. 

Le tribunal a aussi noté que Girard était bel et bien conscient d'un risque avant son dernier virage sur l'eau puisqu'il avait demandé à l'un des jeunes de débarquer du capot. 

Quant aux experts de la défense, le juge retient qu'ils ont certes expliqué ce qui s'est passé mais sans être capables de dire «pourquoi» l'accident était arrivé. Pour lui, c'est le facteur humain qui est en cause, tout en rappelant que le bateau était en bon état mécanique et que les conditions nautiques étaient bonnes. 

André-Jean Bordeleau, l'oncle d'Alexandre Bourque, s'est dit satisfait du jugement. «C'est une bonne nouvelle. Le jugement correspond à ce qui s'est passé», a-t-il mentionné à sa sortie de la salle. Il a rappelé qu'Alexandre avait 27 ans, qu'il venait de se dénicher un travail d'ingénieur et qu'il envisageait de se marier. 

C'est pourquoi il en veut à Sylvain Girard d'une certaine façon. «Il a manqué de jugement par sa conduite dangereuse. Il avait un bateau pour s'amuser aux dépens de tout le monde sur la rivière, un bateau qui n'avait pas sa place sur la rivière dans un contexte de plaisance. C'était prévisible qu'un accident se produise mais malheureusement, c'est arrivé à nous», a-t-il ajouté.

Du côté de la défense, Me Louis R. Lupien a déclaré qu'il envisageait sérieusement de porter le jugement en appel. 

Les plaidoiries sur sentence ont été fixées au 24 avril.




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