Complot pour quadruple meurtre: le mineur plaide coupable

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Plusieurs policiers avaient participé à l'arrestation de Guillaume Picotte et d'un mineur sur le boulevard des Chenaux à Trois-Rivières.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le mineur qui aurait comploté pour commettre des meurtres à Trois-Rivières en mars 2016 avec le coaccusé Guillaume Picotte a finalement plaidé coupable à sept des neuf chefs d'accusation portés contre lui.

Lors de son retour devant le tribunal mardi matin en présence de son avocat, Me David Guévin, le jeune homme, qui avait 17 ans au moment des faits, a en effet admis avoir comploté avec Guillaume Picotte en vue d'enlever l'ex-petite copine de celui-ci, avoir comploté pour tuer les parents de l'adolescente, avoir comploté pour s'introduire par effraction dans sa résidence et avoir comploté pour commettre un vol qualifié.

Il a également plaidé coupable à des chefs de tentative d'introduction par effraction dans la résidence de l'adolescente et d'avoir eu en sa possession une arme blanche dans un dessein dangereux. 

Quant aux accusations d'avoir comploté pour assassiner l'adolescente et son jeune frère, il y a eu suspension conditionnelle des procédures dans l'un des cas et pas de preuve suffisante à offrir sur l'autre chef. 

Les faits qui ont été relatés par le procureur de la Couronne, Me Hippolite Brin, ressemblent étrangement aux circonstances ayant précédé le triple meurtre de la rue Sicard.

Étant incapable d'accepter une rupture amoureuse, le coaccusé, Guillaume Picotte, alors âgé de 18 ans, aurait décidé de tuer la famille de son ancienne amoureuse et de kidnapper celle-ci.

Il aurait convaincu le mineur de l'accompagner sur place, et ce, même si celui-ci ne connaissait personne. En fait, il lui aurait dit ne pas vouloir agir seul, car «s'il allait en prison, il trouverait le temps moins long à deux». 

Selon ce qu'on a pu apprendre, Picotte avait entamé une relation avec une jeune fille en 2014. En avril 2015, leur relation a commencé à battre de l'aile parce que Picotte se plaignait, semble-t-il, que les parents de la jeune fille étaient trop sévères et l'empêchaient d'aller le voir à Saint-Paulin. 

Le jeune homme serait alors devenu de plus en plus contrôlant envers elle. Toujours selon la preuve policière, il ne voulait pas qu'elle fréquente d'autres garçons. Il l'aurait même obligée à lui fournir son mot de passe de Facebook pour pouvoir surveiller ses discussions. 

La jeune fille a mis fin à la relation le 14 décembre 2015. Le lendemain, Picotte se serait rendu espionner la jeune fille à Trois-Rivières et l'aurait aperçue avec un autre homme. Il aurait alors assené un coup de poing au visage de celui-ci au point de lui casser la mâchoire.

Entre le 31 janvier et le 21 février 2016, le mineur et Guillaume Picotte auraient ensuite commencé à discuter de leur désir de quitter leur milieu familial, de se trouver un travail et un appartement.

Le 22 février 2016, le mineur a accompagné Picotte à Trois-Rivières parce que ce dernier voulait revoir la jeune fille. En raison du coup de poing du 15 décembre, la mère a prétendu que sa fille était absente et a sommé Picotte de quitter les lieux. Or, ce dernier serait resté debout devant la porte pendant une trentaine de minutes jusqu'à ce que la police intervienne. 

À compter du 17 mars, les discussions en vue d'un complot pour commettre des meurtres ont commencé sur Skype et Facebook entre les deux suspects. Picotte aurait notamment écrit: «Je m'apprête à faire la plus grande erreur... je pense.»

Plus tard, le mineur lui a dit: «K bon on descend toute sa famille demain?», ce à quoi Picotte aurait répondu: «En gros, yep, comme ça on a le temps de s'organiser et partir toute la soirée.»

Le mineur a ajouté: «Genre on kidnappe la fille? Ou on la tue?» Picotte aurait écrit: «On verra si elle veut suivre mais après avoir tué sa famille, pas sûr...» 

Les conversations vont se poursuivre le 18 mars. Or, la mère du mineur trouve pour le moins étrange le comportement de son fils. Une fois qu'il est parti, elle décide de vérifier son ordinateur et tombe sur les échanges avec Guillaume Picotte. Elle s'empresse de contacter un intervenant qui appelle la police. 

Dès lors, un déploiement policier est effectué tant à l'école que fréquente la jeune fille que dans le secteur où elle habite. Son frère est également isolé dans son école. Les suspects sont finalement arrêtés vers 15 h 15. Ils avaient avec eux un exacto, une cagoule, des gants, des couteaux à steak, de l'argent et des vêtements. 

Entre-temps, les policiers ont appris que les jeunes hommes s'étaient rendus plus tôt dans la journée au domicile de la jeune fille pour tenter d'ouvrir la porte patio avec un couteau mais en vain. 

Ils avaient plutôt quitté les lieux pour aller manger. C'est en revenant sur place plus tard pour y attendre la jeune fille à son retour de l'école à 16 h, qu'ils ont croisé les policiers et qu'ils ont été interceptés. 

Notons aussi qu'ils avaient planifié dans leur fuite de menacer des gens avec un arme afin d'obtenir leur NIP. 

Le dossier du mineur reviendra le 18 avril pour la forme. D'ici là, des expertises psychologiques et psychiatriques seront effectuées. La Couronne a annoncé son intention de déposer une requête en assujettissement afin qu'il purge une peine pour adultes. 

Quant à Guillaume Picotte, son dossier a été reporté au 7 avril en attente de son procès.




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