«Je n'ai jamais regretté de l'avoir dénoncée»

Rosie Hamel... (Stéphane Lessard)

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Rosie Hamel

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) Lorsque Rosie Hamel a pris la décision de prendre son cellulaire pour enregistrer sa patronne d'une garderie en milieu familial en train de forcer des bébés d'un an à manger, elle savait qu'elle allait perdre son emploi.

La jeune femme ne pouvait toutefois pas laisser Lise Laliberté Brochu, qui a plaidé coupable la semaine dernière de voies de fait, maltraiter des enfants dont elle avait la garde.

«J'ai gagné une bataille», avoue d'emblée en entrevue Rosie Hamel, l'ancienne employée de Laliberté Brochu. «Je n'ai jamais regretté de l'avoir dénoncée. Je l'ai fait pour sauver des enfants et je suis fière de moi d'avoir eu le courage de la dénoncer.»

L'ancienne propriétaire de la garderie en milieu familial a utilisé des méthodes éducatives exagérées avec les deux jeunes victimes. La dame de 63 ans a admis devant la juge avoir posé des gestes de violence alors qu'elle a forcé les deux enfants à manger. Lise Laliberté Brochu a poussé la nourriture avec ses doigts dans la bouche des deux bébés à plusieurs reprises. Les enfants recrachaient la nourriture tellement ils ne voulaient plus manger. 

Même si les bébés régurgitaient, elle les forçait à ravaler leur vomi au point qu'un des deux a perdu le souffle. La propriétaire de la garderie a aussi versé un verre d'eau dans le visage d'une jeune victime. 

Témoin de ces événements choquants, Rosie Hamel ne pouvait rester sans rien faire. À l'insu de sa patronne, elle a utilisé son téléphone cellulaire pour enregistrer les événements.

On y entend clairement Laliberté Brochu crier après les enfants en pleurs. Devant ces preuves accablantes, l'ancienne propriétaire de la garderie a reconnu sa culpabilité. 

Dès qu'elle a porté plainte à la police, la garderie a été fermée. Rosie Hamel savait que cela allait survenir et qu'elle allait par conséquent perdre son emploi. Ces événements troublants lui ont permis de prendre une pause et de réfléchir à son avenir professionnel.

«J'ai eu d'autres offres d'emplois pour des garderies, mais je voulais prendre une pause. Et j'ai finalement changé de métier. Je suis maintenant préposée aux bénéficiaires», précise la jeune femme qui avoue avoir été secouée par les traitements dont ont été victimes les jeunes enfants. 

«Toute cette histoire a quand même été une grosse étape. J'ai voulu changer d'air, même si j'aime encore les enfants. Pour l'année qui a passé, ça m'a fait du bien de prendre du recul.» 

Durant toute cette histoire, les parents des enfants ont offert leur soutien à Rosie Hamel. Et la jeune femme leur en est très reconnaissante.

«Encore aujourd'hui, les parents me remercient», précise Rosie Hamel. «J'ai eu des commentaires qui me remerciaient au nom des enfants d'avoir dénoncé la situation. C'est eux autres qui m'ont aidé à passer à travers cette étape.» 

Laliberté Brochu doit revenir en cour le 12 juin prochain pour les plaidoiries sur sentence. Son avocat a toutefois manifesté son intention de négocier une sentence commune avec le procureur de la Couronne.

Rappelons que l'ancienne propriétaire de la garderie est passible d'une peine maximale de six mois d'emprisonnement. Il est alors possible qu'elle soit condamnée à une peine de probation dans la collectivité.




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