Accident au lac Geoffrion: «C'est un avion complexe»

L'accident d'avion au lac Geoffrion a eu lieu... (Archives Le Nouvelliste)

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L'accident d'avion au lac Geoffrion a eu lieu en 2011.

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(La Tuque) Le procès d'Yves Julien, cet individu de 54 ans qui pilotait l'hydravion qui s'est écrasé au lac Geoffrion en 2011, a repris mercredi, au palais de justice de La Tuque. Ce dernier est accusé de négligence criminelle ayant causé la mort et de conduite dangereuse d'un aéronef ayant causé la mort.

Le drame est survenu le 16 septembre 2011. Le passager était mort dans l'accident. L'avion de l'accusé effectuait une envolée entre l'aéroport de Saint-Hyacinthe et le lac Geoffrion en Haute-Mauricie. 

À la reprise des procédures, mercredi, le juge David Bouchard a rendu sa décision dans le cadre d'un voire-dire concernant l'admissibilité d'une déclaration écrite faite en novembre 2011 par Michel Nadeau. L'homme, qui est décédé aujourd'hui, était consulté au départ. Le tribunal a tranché, la déclaration de M. Nadeau ne sera pas admise en preuve. Cette décision a mis fin à la preuve de la Couronne. 

L'avocat de l'accusé, Me Gérard Desroches, a ensuite présenté une «motion de non-lieu» au tribunal, afin que soient retirées toutes les accusations dans le dossier. La défense soutenait une absence totale de preuve.

«Si on regarde tout ce qui a été produit devant vous, les témoignages, il n'y a aucun élément de preuve sur les trois chefs d'accusation», a commenté Me Desroches.

Le juge David Bouchard lui a donné raison sur le troisième chef d'accusation, celui de fabrication d'un faux document, soit un journal de bord. 

«Le tribunal en vient à la conclusion que sur les chefs 1 et 2, il y a de la preuve qui a été présentée», a affirmé le juge.

Yves Julien a donc été acquitté sur le chef de fabrication de documents, mais doit toujours répondre aux accusations de négligence criminelle ayant causé la mort, de conduite dangereuse d'un aéronef ayant causé la mort.

La défense a commencé sa preuve, mercredi, avec la présentation de deux experts. Un médecin anesthésiste-réanimateur, expert en traumatologie, a été le premier à témoigner.

Il a mentionné que, selon son analyse, il semblait évident que M. Julien souffrait d'un traumatisme sévère et qu'il était «absolument normal qu'il soit confus et qu'il ait des pertes de mémoire».

«Il ne savait peut-être même pas où il était», a-t-il ajouté.

Il a expliqué les blessures de l'accusé et les conséquences qui pouvaient être reliées à son traumatisme.

En contre-interrogatoire, le témoin a avoué à plusieurs reprises qu'il était «possible, mais peu probable» qu'Yves Julien se souvienne, par exemple, de l'accident, de son assureur, qu'il y avait encore un individu dans l'appareil...

«Il pourrait tout à fait, mais c'est très peu probable. [...] Même avec un trauma de niveau 1, les symptômes les plus fréquents sont les pertes de mémoire. Là, on parle d'un trauma sévère», a-t-il indiqué.

«Je ne suis pas là pour défendre M. Julien. Je n'en ai rien à foutre qu'il soit coupable ou non. Je suis ici pour vous aider à mieux comprendre la situation», a-t-il ajouté.

L'expert a aussi mentionné qu'il avait décrit les conséquences possibles d'un trauma et il a avoué qu'il ne pouvait pas dire lesquelles étaient présentes chez M. Julien.

Le médecin a admis qu'il n'avait pas pris connaissance des commentaires des ambulanciers ou des infirmières sur l'état de M. Julien après l'accident.

Le procureur de la Couronne, Me Éric Thériault, a aussi questionné le médecin sur ses liens avec l'accusé. Il a fait savoir qu'il était un client de M. Julien pour la location de bateau, mais ne pas le connaître personnellement.

Le deuxième témoin appelé à la barre par la défense à titre d'expert est Denis Bernier. Un instructeur de vol qui cumule plus de 21 000 heures de vol à son actif, dont 11 130 à titre d'instructeur.

Il a expliqué la complexité de l'avion que conduisait Yves Julien au moment de l'accident, les compétences de l'accusé à piloter, et la formation qu'il a donnée à M. Julien. 

«C'est un avion complexe, donc il demande plus d'heures avant d'aller piloter en solo, mais ce n'est pas un avion critique ou dangereux à piloter», a-t-il affirmé.

Il a détaillé les exercices qui avaient été complétés et inscrits dans le cahier d'entraînement du pilote.

«Il était prêt à voler solo. Je lui ai dit d'aller chercher son permis d'élève-pilote pour que je l'autorise à voler solo [...] Je n'ai pas eu de nouvelles par la suite», a-t-il mentionné au tribunal.

Denis Bernier a également affirmé que selon lui, Yves Julien aurait réussi son test en vol, une des deux exigences pour obtenir une licence privée de pilote d'avion.

Son témoignage se poursuivra, jeudi, avec le contre-interrogatoire.




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