L'expert conclut son témoignage au procès d'Yves Julien

L'accident du lac Geoffrion en septembre 2011....

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L'accident du lac Geoffrion en septembre 2011.

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(La Tuque) L'expert en formation en aéronautique et en vol d'avion, Emmanuel Carpentier, a conclu son témoignage, vendredi, au procès d'Yves Julien. Le témoin a été contre-interrogé une bonne partie de la journée par l'avocat de l'accusé. Yves Julien, qui pilotait l'hydravion qui s'est écrasé au lac Geoffrion en 2011, fait face à plusieurs chefs d'accusation.

Le témoin expert, qui détient la plus haute classe d'instructeur, avait témoigné déjà toute la journée jeudi.

En contre-interrogatoire, Me Gérard Desroches a questionné l'expert sur la topographie du lac, et ses particularités. Emmanuel Carrier, qui a affirmé avoir survolé le lac pour la rédaction de son rapport, a fait savoir au Tribunal que c'était un lac qui pouvait recevoir un appareil comme celui que possédait M. Julien.

«C'est un lac utilisable pour un Lake», a-t-il confirmé.

«Le piège du lac, c'est le centre en raison de la perte des repères visuels», a mentionné un peu plus loin M. Carpentier.

Me Desroches a également demandé à l'expert pour quelles raisons il décrivait l'appareil de M. Julien comme étant un avion complexe.

«C'est la réglementation qui définit que c'est un appareil complexe», a-t-il répondu.

Un des éléments évoqués est le train d'atterrissage rétractable. Il a demandé à l'expert de décrire la commande reliée à cet élément. «La manoeuvre comme telle prise hors contexte est simple [...] L'oublier est par contre catastrophique», a souligné le témoin.

Les conditions météorologiques ont été longuement abordées. On a questionné l'expert à savoir si, selon lui, la météo était en cause dans l'accident.

«Le couvert nuageux qui pouvait être présent au lac Geoffrion augmentait le phénomène obscurcissant [...] Ça augmentait la possibilité de rendre la fin du vol difficile», a-t-il répondu. 

M. Carpentier a aussi spécifié que ces informations servaient à la prise de décision à savoir s'il y aurait décollage ou non.

Me Desroches a poursuivi en demandant au témoin de qualifier le vol. Emmanuel Carpentier a affirmé qu'il s'agissait, selon les informations qu'ils détenaient, d'un vol de jour.

«Les données du GPS mentionnent l'arrêt du vol à 19 h 32, l'horloge du tableau de bord s'est fixée à 19 h 31. [...] Je dirais que le vol s'est terminé à 19 h 32 et on a établi que la nuit était à 19 h 35. C'est un vol de jour», a-t-il confirmé.

L'avocat de l'accusé a aussi mis en doute la façon de calculer le temps de vol utile de l'expert dans son rapport.

«Mon tableau était pour appuyer mon rapport sur la pertinence des vols qui ont eu lieu», a répondu le témoin.

Yves Julien s'est également amené à la barre des témoins en après-midi dans le cadre du voir-dire concernant l'admissibilité d'une déclaration écrite faite en novembre 2011 par Michel Nadeau, aujourd'hui décédé. 

Il est venu raconter sa version des faits. Selon ses dires, il n'aurait vu M. Nadeau qu'une seule fois dans sa vie. Il a également affirmé qu'il n'aurait jamais discuté de l'accident avec la femme de M. Nadeau, qui a témoigné un peu plus tôt cette semaine, parce qu'il savait qu'il était sous enquête.

En contre-interrogatoire, le procureur de la Couronne, Me Éric Thériault, a questionné M. Julien sur des écrits qu'il aurait laissés sur un forum concernant l'accident. 

«Je n'ai pas divulgué d'éléments de preuve sur le forum. [...] Vous faites des allusions... vous ne posez pas des questions», a-t-il lancé.

«Le texte que vous voulez présenter, ce n'est pas moi qui l'ai écrit», a répondu l'accusé.

Il s'agit d'un texte falsifié «par un imbécile de la voile» selon M. Julien. Ce dernier a également affirmé avoir écrit 250 000 textes sur le forum.

Les avocats ont soumis leurs arguments au juge David Bouchard concernant l'admissibilité de cette déclaration. 

Me Desroches a plaidé que le témoignage de son client était limpide, que tout se suivait, que tout était logique et dans l'ordre des choses. Il a mentionné au juge que M. Julien était beaucoup plus crédible que le témoignage de Mme Nadeau qui a eu lieu un peu plus tôt cette semaine.

«Elle ne se souvient pas et elle n'est pas précise», a noté l'avocat de l'accusé.

Le procureur de la Couronne, pour sa part, a plaidé la nécessité de déposer la déposition parce que le témoin était décédé.

Il a également mentionné le caractère libre et volontaire de la déclaration et qu'il n'avait aucune raison de mentir.

De plus, il a soulevé de «flagrantes contradictions» dans le témoignage de M. Julien et son attitude inappropriée devant le tribunal.

Le juge rendra sa décision dans le cadre du voir-dire à la reprise des procédures dans quelques semaines.

Yves Julien est accusé de négligence criminelle ayant causé la mort, de conduite dangereuse d'un aéronef ayant causé la mort et de fabrication de documents pour des événements survenus il y a plus de cinq ans.




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