Procès d'Yves Julien: début du témoignage de l'expert

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L'avion après l'accident du lac Geoffrion en septembre 2011.

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(La Tuque) L'expert en formation en aéronautique et en vol d'avion, Emmanuel Carpentier, a commencé son témoignage, jeudi, au quatrième jour du procès du pilote de l'hydravion qui s'est écrasé au lac Geoffrion en 2011.

Yves Julien fait face à des accusations de négligence criminelle ayant causé la mort, de conduite dangereuse d'un aéronef ayant causé la mort et de fabrication de documents.

Le témoin expert, qui détient la plus haute classe d'instructeur, a témoigné toute la journée. Le contre-interrogatoire aura lieu vendredi. Emmanuel Carpentier cumule plus de 7300 heures de vol à son actif dont 4200 en tant qu'instructeur.

Il a expliqué au Tribunal les différentes étapes afin d'obtenir une licence de pilote privé. Il a détaillé les deux volets, soit la théorie et la pratique. Il a aussi précisé certains exercices de vol.

«Ce qui est difficile ce n'est pas de voler, c'est de se sortir de situations difficiles et de prendre les bonnes décisions», a-t-il souligné.

De plus, l'expert a détaillé dans toutes ses subtilités le test en vol, c'est-à-dire l'examen final avant l'obtention de la licence de pilote privé.

Emmanuel Carpentier a également fait savoir au Tribunal qu'il fallait des annotations supplémentaires à la licence de pilote privé, notamment pour effectuer des vols de nuit et piloter un hydravion. 

Le témoin expert a poursuivi en expliquant les distinctions entre l'atterrissage et l'amerrissage. 

«Les avions sur roues décollent des aéroports dans des environnements contrôlés, surveillés, inspectés régulièrement [...] Dans l'autre cas, le pilote doit prendre les décisions dans le moment, avec ce qu'il voit. Il n'a pas accès à tout l'encadrement.»

«Il faut être capable de lire sur la surface de l'eau d'où proviennent les vents [...] Il faut être débrouillard et être capable d'aller chercher l'information», a-t-il poursuivi.

Il s'est d'ailleurs attardé longuement sur l'amerrissage en eau miroitante, sur les particularités et les difficultés, et en situation d'obscurité.

«Si l'eau est parfaitement miroir quand on est en approche finale, c'est le reflet des nuages ou des arbres qu'on voit. Ça devient impossible de juger de la hauteur au-dessus de l'eau. [...] Les phénomènes obscurcissant rendent l'amerrissage très difficile», a-t-il lancé.

En après-midi, M. Carpentier a procédé, entre autres, à une longue analyse de la formation d'Yves Julien. Il a noté que dans son carnet d'entraînement, il n'y avait aucune trace de formation théorique, qu'il y avait des signatures manquantes et qu'il y avait «un grand nombre de déplacements non productifs».

L'expert a également fait état des restrictions qui accompagnent le permis d'élève-pilote. Comme celui que détenait l'accusé au moment de l'accident.

«Il ne peut pas avoir de passager. Il doit voler de jour seulement», a-t-il fait remarquer.

De plus, il a expliqué que l'élève-pilote peut voler en solo, mais uniquement si un instructeur certifie et approuve le vol.

Appelé à commenter les vols effectués par M. Julien entre le 16 juillet 2011 et le 16 septembre 2011, l'expert a affirmé que selon lui, il s'agissait de «vols illégaux puisqu'ils n'étaient pas supervisés, ni autorisés et que les documents n'étaient pas complets».

Emmanuel Carpentier est aussi revenu sur le vol du jour de l'accident. Selon les calculs de l'expert, Yves Julien serait parti aux alentours de 18 h de Saint-Hyacinthe en direction du lac Geoffrion, ce qui ne lui laissait «pas beaucoup de marge de manoeuvre pour un plan B» avant le crépuscule.

D'autres témoins ont parlé en début de semaine de l'avion qui aurait fait des bonds lors des premières tentatives d'amerrissage. De trop grosses vagues ou l'absence de repères visuels pourraient expliquer cela selon l'expert.

D'ailleurs, l'instructeur de vol d'expérience a souligné qu'on ne voyait jamais quatre tentatives d'amerrissage. «Après deux tentatives, on s'en va au plan B, parce que ça peut juste dégénérer. [...] La pression monte et ça n'ira pas en s'améliorant», a-t-il affirmé. 

Rappelons que le drame est survenu le 16 septembre 2011. Le passager était mort dans l'accident. L'avion de l'accusé effectuait une envolée entre l'aéroport de Saint-Hyacinthe et le lac Geoffrion en Haute-Mauricie.




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