Jonathan Charbonneau écope de 12 mois de prison

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Jonathan Charbonneau (que l'on voit ici dans les jours ayant précédé son incarcération) n'a pu retenir ses larmes lorsque la sentence a été rendue.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'intimidation dont Jonathan Charbonneau a été victime durant sa jeunesse et sa consommation excessive de stéroïdes anabolisants n'auront pas suffi à lui épargner la prison pour avoir menacé et violenté deux ex-amies de coeur dans le cadre de relations particulièrement contrôlantes.

Le juge Guy Lambert a en effet condamné le jeune homme à une peine de 12 mois de prison. En tenant compte de sa détention préventive de trois mois, il lui reste neuf mois à purger. Il sera également soumis à une probation pendant deux ans dont un an avec suivi et sera inscrit au Registre des délinquants sexuels pendant dix ans. 

Dans la décision qui a été rendue jeudi après-midi, le juge a même pris soin de lui suggérer fortement de suivre une thérapie pour hommes violents. 

Il a dit comprendre l'intimidation subie durant toute sa jeunesse mais il a aussi rappelé que toute personne était responsable de ses gestes. 

«Je ne peux nier non plus que la prise de stéroïdes anabolisants ait pu avoir des conséquences sur votre comportement mais dans ce dossier, nous sommes à un autre niveau», a-t-il mentionné. 

Cet autre niveau est justement relié à la violence conjugale, la violence psychologique et la domination dont il a fait preuve avec deux jeunes filles qu'il a fréquentées (l'une avait 15 ans et l'autre 16) en moins d'un an. En dépit d'une première arrestation et d'un suivi psychiatrique, il a récidivé avec la seconde plaignante. 

Le juge déplore aussi l'absence de reconnaissance de sa problématique de violence. 

«À la lumière des textos et courriels qu'il a envoyés, il a agi avec méchanceté. La collectivité ne s'applique pas tant qu'il n'admet pas son problème: il représente toujours un danger pour la société», a-t-il ajouté. 

En plus, il n'a pas cru le jeune homme lorsqu'il a prétendu ne pas se rappeler des gestes posés. «Il ment très maladroitement. Le tribunal a constaté à quel point il était mal à l'aise. C'est très difficile de nier l'évidence», a-t-il précisé. 

Rappelons qu'en 2012 et 2013, Jonathan Charbonneau a agi comme un tyran avec les deux victimes en contrôlant tous leurs faits et gestes dans le cadre de relations amoureuses. Il les a giflées, leur a donné des coups de poing, a frappé l'une d'elles avec une chaîne sur le ventre et aspergé l'autre avec des produits nettoyants parce qu'il disait aimer la voir souffrir. 

Il a aussi menacé de mort les jeunes filles mais aussi leur famille en leur envoyant plusieurs textos et courriels angoissants. Il a notamment prétendu faire partie d'un gang de rue ou de la mafia. Il a également inventé des individus fictifs qui menaçaient les plaignantes. Il leur a aussi soutiré de l'argent à raison de 20 à 40 $ par semaine. 

Son comportement a fait craindre le pire aux victimes qui n'osaient même pas le quitter sous peine de représailles. Les impacts ont d'ailleurs été très importants. L'une d'elles a cru que ses jours étaient comptés: elle a arrêté de manger, de dormir, d'étudier et a songé au suicide.

Même chose pour l'autre plaignante qui a dit vivre dans une peur constante et qui a vécu une dépression majeure.

En guise de défense, Jonathan Charbonneau prétendait que les produits d'entraînement et les stéroïdes anabolisants combinés à sa médication pour son TDAH expliquaient ce changement brusque de comportement et son agressivité. 

Son avocat, Me Yvan Braun, avait d'ailleurs suggéré une peine dans la collectivité en rappelant que son client s'était maintenant repris en main, avait cessé la consommation de ces produits et avait complété avec succès une thérapie à la Maison Carignan.

La procureure de la Couronne, Me Vicky Belleville, réclamait plutôt une peine de 12 à 15 mois de prison en se basant sur la gravité des crimes, l'âge des victimes, les séquelles et l'absence de reconnaissance d'une problématique de violence. 

À la sortie du tribunal, les victimes n'ont pas caché leur déception, ayant visiblement préféré une sentence plus sévère. 

'«Neuf mois versus le lot de conséquences que nous avons subies, c'est illogique», a indiqué l'une d'elles.

Toutefois, elle ne garde pas de rancune. «Enfin, ça se termine. On va pouvoir passer à autre chose après cinq ans. Je vais beaucoup mieux qu'à l'époque. Je me considère donc chanceuse dans les circonstances», a-t-elle indiqué. 

De son côté, son père était plutôt satisfait. «Je ne m'étais pas créé d'attente pour ne pas être déçu justement. J'espère seulement que Jonathan Charbonneau ne fera pas d'autres victimes. Il a un profil d'agresseur qu'il faut traiter», a-t-il conclu.

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