Coups portés à Vadeboncoeur: une affaire de perception

On voit ici dans l'ordre habituel Marc-André Saint-Amant,... (François Gervais)

Agrandir

On voit ici dans l'ordre habituel Marc-André Saint-Amant, Barbara Provencher, Dominic Pronovost et Kaven Deslauriers.

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même si les coups portés par les policiers apparaissent rapides et d'une grande force sur la vidéo de l'arrestation d'Alexis Vadeboncoeur en février 2013, ils ne le sont pas nécessairement dans la réalité.

C'est du moins l'une des conclusions émises vendredi par Denis Rancourt, l'expert en biomécanique et en acquisition et traitement de signaux. Durant toute la journée, l'expert de la défense a en effet analysé avec minutie la fameuse vidéo où l'on voit quatre policiers de Trois-Rivières procéder à l'arrestation du jeune homme dans le stationnement du Cégep de Trois-Rivières. 

Pour les besoins de ce procès, il a utilisé deux logiciels différents lui permettant de détailler et de décrire chaque mouvement effectué par les quatre policiers en insistant tout particulièrement sur les coups qui ont été portés. Il a donc été en mesure de décortiquer la vitesse des mouvements pour en évaluer l'intensité. 

Il importe ici de préciser que l'une des questions en litige a trait justement à l'intensité des frappes. Le juge Steve Magnan devra déterminer si les policiers ont utilisé la force nécessaire ou non lors de l'arrestation du suspect.

M. Rancourt a évalué qu'au total une douzaine de coups auraient véritablement été assenés avec les mains et les pieds par les agents Dominic Pronovost, Kaven Deslauriers et Marc-André Saint-Amant sans pour autant avoir la certitude qu'ils ont bel et bien atteint la cible ou quel endroit sur le corps. Pour les autres, il peut s'agir de tentatives ou encore de gestes de repositionnement. 

Il a notamment expliqué que les mouvements que l'on voyait sur la vidéo étaient plus rapides que la normale en raison du phénomène de compression et décompression des images, ce qui en modifie la perception des faits. À titre d'exemple, il a comparé la durée d'un coup porté par un homme détenteur d'une ceinture noire en karaté dans des conditions idéales. Elle serait de 166 millisecondes. À la boxe, les coups ont une durée variant entre 217 et 716 millisecondes. Il trouve donc douteux que l'agent Deslauriers ait été meilleur qu'un champion de karaté avec une frappe réalisée en 133 millisecondes, d'autant plus que plusieurs facteurs jouaient contre lui comme le froid intense, la glace qui recouvrait le sol, le port de son manteau et de ses équipements, la position dans laquelle il était, etc. 

Qui plus est, à la lumière des rapports médicaux d'Alexis Vadeboncoeur, M. Rancourt prétend que les blessures ne correspondent pas à l'intensité des frappes qui est reprochée aux policiers. Il n'y a aucune lésion, enflure ni ecchymose qui s'apparente à des coups de pied ou de poing. Le suspect ne présentait que des éraflures au visage qui auraient plutôt été causées par le frottement de son visage sur le sol. D'ailleurs, il a rappelé qu'il existe plusieurs facteurs reliés à la force des coups portés par un individu comme par exemple le stress, la posture, la distance de frappe, le niveau de résistance de l'individu qui reçoit les coups. 

L'interrogatoire de Denis Rancourt va se poursuivre le 6 mars à la reprise des audiences.




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer