Deux jeunes filles victimes d'un véritable tyran

En dépit des gestes qu'il a posés, Jonathan... (Photo: Francois Gervais)

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En dépit des gestes qu'il a posés, Jonathan Charbonneau réclame la clémence du juge. Il a jeté le blâme sur les produits d'entraînement qu'il consommait à l'excès avant de compléter une thérapie.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Un jeune homme de 22 ans, Jonathan Charbonneau de Shawinigan, fait face à la justice pour avoir fait vivre des moments d'horreur à deux ex-amies de coeur dans le cadre de relations particulièrement contrôlantes.

Selon le juge Guy Lambert qui a entendu cette cause jeudi, il s'agit même de l'un des pires cas de domination qu'il a vus au cours de sa carrière. 

Bien que cet individu ait pourtant été lui-même victime d'intimidation verbale et physique pendant une bonne partie de son enfance, il a en effet agi comme un tyran à l'égard des deux jeunes filles en exerçant sur elles une emprise totale afin de contrôler tous leurs faits et gestes. 

Les premiers événements sont survenus à l'été 2012 lorsqu'il a fréquenté une jeune fille de 15 ans. Charbonneau avait alors 18 ans. Il a commencé à lui tenir des propos menaçants, prétendant faire partie d'un gang de rue.

Il lui disait avoir des amis qui avaient torturé le père d'une ex-copine et avoir mis le feu à sa maison. Son comportement était à ce point étrange qu'il a inventé des individus fictifs qui sont entrés en communication avec la jeune fille pour lui ordonner de bien s'occuper de lui et d'être parfaite.

Dans l'un de ces messages, on peut lire: «Si tu fais quelque chose de pas correct, je te tue, toi et ta famille. Et si t'en parle, je te coupe le cou.» Il lui a également envoyé plusieurs textos très menaçants. 

La victime se sentait alors obligée de continuer à le fréquenter et d'avoir des relations sexuelles avec lui. Qui plus est, il la forçait à lui donner de l'argent sur une base hebdomadaire. Il lui était désormais interdit d'avoir des contacts avec ses proches et même de manger avec ses parents. 

À plusieurs reprises, il l'a malmenée en la giflant, lui serrant le cou, les bras, etc. Il l'a aussi forcée à se mettre à quatre pattes pour l'asperger de produits nettoyants en disant qu'il aimait la voir souffrir. Une plainte a finalement été portée en octobre 2012 après que la victime eut tout avoué à son père.

À ce moment, Charbonneau a été arrêté puis remis en liberté sous engagements. Malgré tout, en mars 2013, il a récidivé avec une nouvelle amie de coeur, âgée de 16 ans. Encore là, il a instauré une relation de contrôle marquée par les menaces et la violence. Il l'a forcée à le suivre partout sous peine de représailles. 

Lorsqu'il conduisait sa voiture, elle devait lui indiquer tous les arrêts obligatoires et la limite de vitesse. Elle ne pouvait pas non plus pleurer et devait lui donner de l'argent. 

Il lui a ainsi asséné des coups de poing et de coude à la tête et au corps. À un certain moment, il l'a frappée avec une chaîne sur le ventre. 

Arrêté une deuxième fois en avril 2013, Charbonneau a par la suite plaidé coupable à des chefs de menaces, agression sexuelle, voies de fait, voies de fait armées, harcèlement et bris d'engagements. 

On aura compris que les séquelles pour les victimes sont majeures: perte de confiance, peur d'être seule, peur de mourir, insomnie, trouble d'appétit, problèmes financiers, perte de motivation, tentative de suicide, honte, culpabilité, etc. Toutefois, elles n'ont pas voulu témoigner en cour. 

Très émotif, le père de l'une des victimes a pour sa part précisé que sa fille allait être marquée à vie par ces événements. 

Sa belle-mère a déploré que la jeune fille ait même envisagé de se suicider pour échapper à la domination de cet homme, elle qui était si lumineuse. «Elle voulait mourir mais quand il l'a réalisé, il a menacé de tuer toute sa famille», a-t-elle mentionné.

Dans le cadre des plaidoiries sur sentence, la défense, représentée par Me Yvan Braun, a mis l'emphase sur l'intimidation dont il a été victime durant toute sa jeunesse. La mère du jeune homme a longuement témoigné à ce sujet, répétant qu'il n'avait jamais été violent malgré tout. 

Elle a également parlé de son obsession pour la musculation et surtout, de sa consommation excessive de produits d'entraînement en 2012 et 2013, allant jusqu'à utiliser 47 produits différents. 

Invité à témoigner, Charbonneau a répété n'avoir jamais voulu faire peur, ni contrôler les jeunes filles, pas plus qu'il n'a voulu se venger de l'intimidation dont il a été victime. Il a d'ailleurs présenté ses excuses. «C'est la consommation de produits qui m'a changé. J'ai fait des mauvaises choses mais je n'étais plus moi-même. Avoir su, je n'aurais jamais pris ces produits», a-t-il déclaré. 

Or, en dépit de son plaidoyer de culpabilité, il a également affirmé n'avoir aucun souvenir des événements qui lui sont reprochés. Le contre-interrogatoire de Me Vicky Belleville à la Couronne, a cependant révélé que sa mémoire était pour le moins sélective. 

Les plaidoiries des avocats auront lieu le 23 janvier.

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