La saga du sirop d'érable tire à sa fin

Avick Caron... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Avick Caron

François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La saga entourant le plus important vol enquêté par la Sûreté du Québec, soit celui de 17,8 millions de dollars en sirop d'érable, tire à sa fin.

À quelques jours du début de son procès devant jury prévu le 16 janvier, Avik Caron, considéré comme l'une des têtes dirigeantes de ce vol, a changé son fusil d'épaule en plaidant coupable à des chefs de vol et de trafic de sirop entre 2011 et 2012. 

Du même coup, il a admis avoir fraudé la compagnie d'assurances L'Alliance pour laquelle il travaillait entre 2010 et 2011 d'un montant total de 850 000 $, bien que ce délit ne soit pas relié au sirop.

Depuis quelques jours, les parties au dossier participaient à une conférence préparatoire devant le juge Raymond W. Pronovost de la Cour supérieure en vue du procès devant jury.

Dans le cadre de ces audiences, Avik Caron a notamment déposé plusieurs requêtes dont une pour que le procès se tienne dans un autre district.

Il a également demandé la récusation du juge sous prétexte qu'il avait présidé le procès de ses complices. Il a aussi invoqué des délais déraisonnables pour tenter d'obtenir un acquittement mais en vain. Le juge a rejeté ses trois requêtes. 

Mercredi, il a présenté devant le tribunal une requête de type Rowbothan afin que les honoraires de son avocat soient payés par l'État pour finalement se désister à la dernière minute et décider de plaider coupable.

Le niveau de participation d'Avik Caron dans ce vol de quelque 9571 barils contenant 5,9 millions de livres de sirop est très élevé. C'est lui qui dès le départ avait demandé à un complice, Sébastien Jutras, de lui trouver un acheteur de sirop d'érable au noir.

Il avait alors été référé à Richard Vallières et une entente était intervenue entre les deux hommes. Caron allait vendre des barils de sirop volé à Vallières qui se chargerait de les écouler sur le marché. 

Le sirop était entreposé dans un entrepôt de Saint-Louis-de-Blandford loué par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec à un proche d'Avik Caron, servant de prête-nom. 

Les barils ont donc été sortis de l'entrepôt, vidés de leur contenu pour être ensuite remplis d'eau et ramenés à leur point de départ. La preuve a révélé que Caron dirigeait les opérations de vol alors que Vallières s'occupait du recel et de l'exportation.

Avec ce plaidoyer, le dossier du sirop est pratiquement complété, et ce, quatre ans après le début des procédures judiciaires. Me Julien Beauchamp-Laliberté, procureur de la Couronne en charge de cette affaire, a rappelé que sur les 26 accusés arrêtés, 16 ont plaidé coupable ou ont été déclarés coupables au terme d'un procès. Les dix autres ont été libérés des accusations. 

Il restera maintenant à déterminer quelques sentences. Dans le cas d'Avik Caron, les plaidoiries ont été fixées au 27 février. 

Rappelons que l'enquête sur ce vol, qui était dirigée au départ par le sergent-détective Michel Comeau puis par le sergent-détective Luc Briand, a nécessité la participation de 225 policiers. Pas moins de 270 témoins ont dû être rencontrés au cours des dernières années. 

Enfin, il est important de noter qu'avec l'annulation de ce procès, tous les candidats jurés convoqués le 16 janvier n'auront plus besoin de se présenter au palais de justice de Trois-Rivières.




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