Il filme sa soeur à son insu et diffuse la vidéo sur Internet

Le jeune homme de 26 ans qui fait face... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le jeune homme de 26 ans qui fait face à la justice pour avoir filmé sa soeur nue à son insu et avoir ensuite diffusé la vidéo sur Internet, était de retour devant le tribunal, mardi, dans le cadre des plaidoiries sur sentence.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un jeune homme de 26 ans fait face à la justice pour avoir filmé sa soeur nue à son insu et avoir ensuite diffusé la vidéo sur Internet à plusieurs reprises pendant plus d'une année.

Cet individu de Trois-Rivières, dont on doit taire l'identité pour protéger celle de la victime, était de retour devant le tribunal, mardi, dans le cadre des plaidoiries sur sentence. 

Le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, réclame une peine de deux ans de prison (en tenant compte de la détention provisoire) pour les crimes qui lui sont reprochés, soit production et distribution de pornographie juvénile et bris d'engagements. 

L'avocat de la défense, Me Alexandre Biron, estime pour sa part qu'une peine de 11 mois serait appropriée pour répondre notamment au critère de réinsertion sociale.

Cette affaire a commencé en novembre 2014 lorsque la victime a porté une première plainte aux policiers après que des gens l'eurent informée qu'une vidéo et des images tirées de celle-ci circulaient sur Internet. L'enquête a ensuite permis d'apprendre que c'était son propre frère qui l'avait filmée à son insu dans une salle de bain. Elle avait alors 17 ans. 

Il a donc été arrêté en mars 2015. Il a admis avoir filmé sa soeur mais a nié toute distribution sur le Net, affirmant que son portable avait été volé. Il a été libéré quelques jours plus tard avec des conditions dont celle de ne pas utiliser Internet. 

Or, au fil des mois qui ont suivi, ladite vidéo revenait régulièrement sur le Web, malgré les démarches faites par les policiers pour la retirer à chaque fois. 

Au grand malheur de la jeune fille, son nom était même associé à la vidéo. En juin 2016, de faux comptes Twitter et Instagram ont également été ouverts à son nom avec le qualificatif de «Bitch». On pouvait y voir la vidéo et une photo truquée d'elle avec un pénis.

En août 2016, le jeune homme a de nouveau été interrogé par la police en lien avec ces nouveaux délits mais il a nié toute implication. Parallèlement à cette rencontre, il a plaidé coupable en août 2016 de production de pornographie juvénile pour avoir filmé sa soeur. 

Par contre, la cybersurveillance et l'infiltration virtuelle dont il a fait l'objet ont porté fruit: l'adresse IP de l'individu qui avait ouvert le compte Twitter était le sien, du moins celui de la résidence d'étudiants où il demeurait. 

Il a finalement été arrêté une seconde fois en septembre 2016 alors qu'il venait de filmer la vidéo de sa soeur avec un autre appareil afin de la conserver sur une clé USB.

Il a cette fois-ci plaidé coupable aux chefs de production et distribution de pornographie juvénile et de bris d'engagements pour avoir utilisé Internet. 

Mardi, il a expliqué au juge en pleurant qu'il se sentait triste de la situation même si au début, il trouvait ça drôle. Il a aussi déclaré avoir pensé au suicide parce qu'il craignait que ses parents n'apprennent toute la vérité. Il a par contre nié avoir ouvert le compte Twitter contrairement au compte Instagram. 

Me Biron a insisté sur le fait que son client avait, selon lui, des regrets sincères et qu'il avait tenté de se reprendre en main malgré ses limites intellectuelles et son immaturité. Il a aussi rappelé qu'il n'avait produit que cette seule vidéo et qu'aucun autre fichier de pornographie juvénile n'avait été retrouvé dans son ordinateur.

De son côté, Me Poirier a mis en doute la sincérité de ses regrets en faisant valoir que les rapports prépénal et sexologique étaient plutôt négatifs. On y parle d'une faible conscientisation de la gravité de ses gestes et d'une tendance à la manipulation. 

Il a surtout insisté sur le fait qu'en dépit des impacts énormes que ses délits avaient causés chez sa soeur, il avait malgré tout continué à diffuser la vidéo sur le Net après avoir été arrêté une première fois. On aura deviné que la victime a beaucoup de craintes quant à son avenir professionnel. 

Le juge a reporté le dossier au 22 décembre. La date de la sentence devrait alors être fixée.

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