Ça devait être une simple partie de chasse...

Sébastien Lupien, Pascal Lanthier et Martin Lanthier n'ont... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Sébastien Lupien, Pascal Lanthier et Martin Lanthier n'ont jamais oublié cette journée du 11 décembre 2015, où ils ont découvert les restes de Cédrika Provencher.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Huit ans et demi de recherches, de questions sans réponses, d'espoirs, de déceptions. Tout aura pris fin avec une partie de chasse de trois amis dans un boisé du nord du secteur Sainte-Marthe, où ils ont retrouvé par hasard les restes de Cédrika Provencher.

Une partie de chasse, une battue pour repérer du gibier, quelques pas dans la bonne direction, la direction que tout le Québec avait tant cherché, en vain.

Un an plus tard, les frères Martin et Pascal Lanthier ainsi que leur ami Sébastien Lupien refusent catégoriquement de se voir comme des héros, et accordent une entrevue avec une retenue facile à percevoir. Trois hommes qui ne veulent pas la lumière des projecteurs. Trois amis qui ne veulent pas faire ombrage aux véritables héros de cette histoire: la famille de Cédrika.

«Les héros, ce n'est pas nous. Les véritables héros, ce sont les parents de Cédrika, sa soeur, bref toute sa famille. Ce sont ceux qui ont pu continuer de vivre malgré l'absence, malgré les questions sans réponses, et qui continuent d'avancer aujourd'hui alors que le meurtrier n'a pas encore été accusé», lance Pascal Lanthier.

Si les trois hommes acceptent encore de parler aujourd'hui, c'est uniquement dans l'espoir que des langues se délient, que l'élément manquant pour porter des accusations contre le ou les responsables de cette mort puisse enfin être connu et vienne sceller le dossier.

Le vendredi 11 décembre 2015, les trois amis faisaient une partie de chasse dans ce boisé qu'ils avaient l'habitude d'arpenter à la recherche de petit gibier. Lors d'une battue, les trois amis se sont séparés, et c'est Martin qui a marché dans la direction le menant aux restes de Cédrika Provencher. Chaque détail demeure si clair, si précis à sa mémoire qu'il se souvient du fil des événements au moindre mouvement près.

«Ça m'apparaissait évident que c'était le crâne d'un enfant, de par la grosseur. J'ai reculé. Puis je suis revenu sur place une deuxième fois, comme pour me convaincre que c'était bel et bien un crâne. On ne peut pas imaginer l'émotion ressentie dans un moment comme celui-là. C'est comme si je n'étais plus là», résume-t-il.

Les policiers et enquêteurs qui se sont présentés sur place les ont longuement questionnés sur la découverte, avant de leur permettre de rentrer à la maison après plusieurs heures, leur suggérant de ne pas trop ébruiter ce qu'ils avaient vu pour ne pas nuire à l'enquête. Ce n'est que le lendemain soir, en même temps que tout le Québec, que les trois amis ont eu la confirmation que le crâne retrouvé était bien celui de Cédrika.

«On n'a eu aucun téléphone de la police pour nous avertir que c'était bel et bien elle. Je l'ai su à la télé. Tu ne peux pas imaginer le frisson qui m'a traversé le corps», raconte Pascal.

«J'étais en train de faire du bénévolat pour Opération Nez rouge avec une amie quand elle m'a appris la nouvelle. Je n'ai pas été capable de lui dire que c'était mes amis et moi qui l'avions retrouvée. Comme si je voulais être vraiment certain qu'on parlait de la même chose», se souvient Sébastien Lupien.

Famille

Une semaine après la découverte, les trois amis ont été reçus par les parents et la soeur de Cédrika Provencher, qui tenaient à les rencontrer.

«Je pense que ça a été la rencontre la plus stressante de ma vie», se souvient Pascal Lanthier. «Mais nous avons été extrêmement bien reçus. Ce sont des gens formidables, qui ont énormément de courage. Ils nous ont offert de l'aide et du soutien, mais on a refusé. Ce n'est pas à eux de nous aider, c'est plutôt eux qui devraient avoir du soutien», constate Martin Lanthier.

Sans trop s'étendre sur le sujet, Pascal Lanthier reconnaît avoir eu bien du mal, cette année, à se remettre de cette histoire.

«J'ai été émotionnellement affecté. Dès qu'on voit passer quelque chose dans les nouvelles concernant Cédrika, on frissonne. On ne peut pas ne pas y penser. Ça va un peu mieux. Je suis retourné sur les lieux un moment donné, un peu pour affronter tout ça. Mais en même temps, ce qu'on vit, c'est un grain de sable comparé à ce que les parents vivent. Ils ont eu la pire nouvelle qu'ils ne pouvaient pas avoir», constate-t-il.

«C'est un mélange d'émotions. On est heureux d'avoir pu la retrouver, d'avoir pu contribué à faire avancer l'enquête. Mais on a tellement de peine qu'elle n'ait pas été retrouvée vivante», résume Martin Lanthier.

Pour les trois amis, la plus grande réjouissance sera l'arrestation et la mise en accusation du ou des meurtriers. «Ce qui va changer notre vie, c'est quand il y aura une arrestation. C'est là qu'on se dira réellement qu'on a pu faire une différence dans l'enquête», conclut Martin.

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