Harcèlement auprès d'une collègue: 120 jours de prison pour Nizar Ghalmi

Nizar Ghalmi a été condamné à une peine de 120 jours de prison pour s'être... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Nizar Ghalmi a été condamné à une peine de 120 jours de prison pour s'être livré à du harcèlement criminel à l'encontre d'une ancienne collègue de travail au point de la pourchasser pendant plus de 100 kilomètres sur l'autoroute afin de lui offrir des fleurs.

Le juge Jacques Lacoursière s'est ainsi rendu aux arguments de la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet, qui réclamait une peine de quatre mois de prison, moins la détention provisoire évaluée à 77 jours.

Ghalmi, un individu d'origine marocaine, devra donc purger à compter d'aujourd'hui 43 jours de prison et ensuite se soumettre à une probation pendant deux ans au cours de laquelle tout contact lui sera interdit avec la victime et sa famille. 

Même s'il reconnaît que le harcèlement criminel (ici porté par voie sommaire) et un bris d'engagements ne constituent pas les infractions les plus graves du Code criminel, le tribunal estime qu'une peine de prison s'imposait dans les circonstances afin de susciter chez Ghalmi la conscience de ses responsabilités et la reconnaissance des torts causés chez la victime. 

Rappelons que les événements sont survenus à l'été 2014. La plaignante travaille comme directrice dans une usine de Boisbriand. Ghalmi est remercié de ses services et doit remettre à la dame une carte d'accès. C'est la première fois qu'elle le voit et leur rencontre est brève. 

Deux semaines plus tard, il a commencé à la harceler en l'attendant à la sortie de l'usine pour lui parler. À deux reprises, il l'a suivie ou lui a bloqué la route.

Or, c'est le 17 septembre 2014 que la situation a véritablement dégénéré. Cette fois-ci, il l'a de nouveau suivie en faisant plusieurs manoeuvres dangereuses pour qu'elle s'immobilise sur la route. La victime a paniqué.

Enceinte et sans cellulaire, sachant que son conjoint était absent de la demeure familiale, elle a décidé de ne pas retourner chez elle immédiatement et d'emprunter l'autoroute 40 pour tenter de le semer, mais en vain. Après une heure de route, elle a emprunté une bretelle d'accès à la hauteur de Maskinongé pour se rendre dans un café et appeler des secours.

À ce moment, il lui a dit qu'il voulait juste lui parler et lui offrir des fleurs. 

Au terme d'un procès, il a été déclaré coupable de harcèlement criminel et forcé de se livrer à une évaluation. Or, le jour même de sa libération sous conditions en mai 2016, il a contrevenu à celles-ci en se rendant chez la mère de la jeune femme pour lui donner des bijoux. Dans les jours suivants, il a également omis de collaborer avec l'agent de probation. 

Il a donc été arrêté en vertu d'un mandat d'arrestation le 19 septembre pour les bris d'engagements. L'évaluation qui a été faite n'a pas permis de déceler de pathologie psychologique particulière hormis des traits contrôlants et narcissiques. Le risque de récidive n'était pas écarté. 

Dans sa plaidoirie, l'avocate de Ghalmi, Me Karine Bussière, avait quant à elle réclamé une absolution conditionnelle pour son client en insistant sur le fait que son client était un actif pour la société, sans antécédents judiciaires.

Un rapport psychiatrique révélait une absence de dangerosité. Selon elle, un casier judiciaire rendrait difficiles ses démarches pour se trouver un emploi et le priverait de faire une demande de citoyenneté canadienne. 

Or, dans son analyse, le juge a certes reconnu qu'il serait dans son intérêt véritable de bénéficier de cette absolution mais non pour le public qui pourrait perdre confiance envers la justice.

En ce sens, il a rappelé que les torts causés à la victime étaient importants. Cette dernière ne sort plus, a modifié ses horaires de travail, et vit dans la crainte. Quant à Ghalmi, il ne pourra certes pas faire de demande de citoyenneté mais il ne risque pas non plus l'expulsion du pays. 

Selon lui, les gestes commis par Ghalmi ne sont pas spontanés et isolés mais plutôt réfléchis. Il y voit même une fixation obsessionnelle. Encore aujourd'hui, il estime que celui-ci banalise les faits en répétant à plusieurs reprises qu'il voulait seulement lui offrir des fleurs et des bijoux, ce qu'il trouve inquiétant. 

Pour toutes ses raisons, le tribunal a conclu que son comportement devait être réprimé par une peine de prison ferme.

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