Affaire Vadeboncoeur: les audiences sont suspendues

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Sur la photo, on voit à gauche Denis Rancourt, un professeur en génie mécanique de l'Université de Sherbrooke que la défense veut faire reconnaître comme expert en acquisition et traitement de signaux.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les audiences ont été suspendues au procès des quatre policiers accusés de voies de fait contre Alexis Vadeboncoeur et de fabrication de faux rapports.

Le ministère public a en effet demandé que les procédures judiciaires soient interrompues pour lui laisser le temps de préparer le contre-interrogatoire d'un témoin de la défense, Denis Rancourt, dans le cadre d'un voir-dire portant sur son expertise. 

Me Aryanne Guérin a expliqué au juge Steve Magnan que la défense lui avait transmis à la dernière minute, en l'occurrence dimanche dernier, l'ajout de nouveaux documents liés à l'expertise de ce témoin et au nouveau rapport qu'il entendait produire devant le tribunal. 

Au départ, Denis Rancourt, un professeur en génie mécanique de l'Université de Sherbrooke, avait été annoncé comme un expert en biomécanique et un rapport avait été produit en ce sens. Or, la Couronne soutient que la défense lui aurait fait savoir tout dernièrement qu'elle voulait également le faire déclarer expert en acquisition et traitement de signaux vidéo. 

Ce revirement de situation a grandement préoccupé Me Guérin puisque M. Rancourt viendrait notamment dire au tribunal, s'il est reconnu comme un expert et que son rapport est déposé en preuve, que la fameuse vidéo qui a capté l'arrestation des quatre policiers devra être analysée avec prudence. 

Le mandat qui a lui été confié par la défense a consisté à analyser les mouvements de la séquence vidéo et à évaluer l'intensité des frappes policières.

Il a constaté que certains mouvements étaient plus rapides que la normale, que certaines images pouvaient être manquantes et/ou qu'elles avaient subi des altérations qui pouvaient en modifier la qualité. 

M. Rancourt aurait notamment remarqué qu'il manquait 11 fois une seconde sur la séquence vidéo où on l'on voit les policiers arrêter Alexis Vadeboncoeur. 

Toujours selon lui, ces altérations s'expliqueraient entre autres par le processus d'acquisition des images par la caméra de surveillance du cégep, par l'enregistrement des fichiers dans leur système, par la compression des données et par la diffusion de la vidéo compte tenu du nombre d'images captées à la seconde. 

Bref, M. Rancourt croit que la perception visuelle des images transmises par la caméra de surveillance pourrait ne pas être fidèle à la réalité, ce qui pourrait entraîner des modifications sur la force des coups portés par les policiers. 

Me Guérin s'oppose à ce qu'il soit déclaré comme expert mais pour mener à bien son contre-interrogatoire, elle estime avoir besoin de temps et de ressources supplémentaires pour être en mesure de poser les bonnes questions.

Qui plus est, elle a rappelé que M. Rancourt possède un curriculum vitae plutôt élaboré regroupant des domaines spécifiques et pointus comme les mathématiques et le génie de logiciels qui vont bien au-delà de la biomécanique. 

Elle devra également vérifier si une contre-expertise ne sera pas nécessaire. Quant au nouveau rapport, il comprendrait selon elle des ajouts et des changements importants. 

Le juge a pour sa part demandé de lire les rapports de M. Rancourt afin d'évaluer le temps nécessaire à accorder à la Couronne. Il a reporté la cause à jeudi matin. De nouvelles dates d'audiences pourraient alors être fixées.

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