Affaire Vadeboncoeur: «J'ai eu peur de me faire tirer»

Barbara Provencher... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Barbara Provencher

François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Tout comme ses trois collègues, l'agente Barbara Provencher soutient qu'Alexis Vadeboncoeur a clairement refusé d'obtempérer aux ordres qui lui ont été donnés, et ce, à plusieurs reprises.

Alexis Vadeboncoeur a été arrêté le 2 février... - image 1.0

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Alexis Vadeboncoeur a été arrêté le 2 février 2013, dans le stationnement du Cégep de Trois-Rivières.

Dans le cadre du procès des quatre policiers accusés d'avoir malmené le jeune Vadeboncoeur lors de son arrestation le 2 février 2013 et d'avoir produit des faux rapports, l'agente Provencher était la dernière du quatuor à témoigner pour sa défense.

Selon elle, le comportement du jeune homme avait en effet contribué à augmenter le niveau de dangerosité de l'intervention au point où elle a cru à un éventuel échange de coups de feu ce soir-là.

«J'ai eu peur de me faire tirer. Carrément! Je ne voyais pas ses mains. Juste une silhouette car c'était mal éclairé», a-t-elle raconté dans le cadre de son témoignage lundi. 

Des photos prises trois ans plus tard sur les lieux de l'intervention par un expert de la défense ont d'ailleurs été déposées en preuve par son avocate, Me Roxanne Hamelin, après un voir-dire.

Sur celles-ci, on peut notamment y voir la vision que les policiers avaient de Vadeboncoeur et non pas celle prise par la caméra de surveillance située à l'arrière.

En regardant les photos, la policière a noté qu'il faisait encore plus sombre lors des événements du 2 février 2013 compte tenu des modifications apportées à l'éclairage au Cégep.

En fait, elle se rappelle même avoir envisagé très sérieusement de faire feu tant l'individu lui apparaissait imprévisible.

«Je me suis dit que je n'attendrai pas de me faire tirer mais je me trouvais loin de lui. Et j'avais l'agent de sécurité du Cégep dans ma ligne de tir. En plus, j'étais essoufflée et très stressée», a-t-elle ajouté. 

À quelques reprises, elle prétend lui avoir crié : «Police», «Arrête», «Tes mains en l'air» et «Jette ton arme» mais toujours sans succès. Tout en continuant de le pointer avec son arme, elle a parlé de la peur qui la tenaillait. «Tout ce que je voulais était de retourner chez moi à la fin de mon quart de travail», a-t-elle mentionné. 

Elle se trouvait à environ 150 pieds de lui et elle n'avait aucune barricade pour se protéger. Elle s'est donc placée en petit bonhomme derrière un poteau dans le stationnement pour diminuer son exposition. 

Comme les autres, la policière, qui comptait alors 14 ans d'expérience, a parlé d'une intervention à haut risque parce qu'ils avaient affaire à un individu armé, qui refusait de se rendre, et qui était probablement intoxiqué. 

Finalement, des confrères sont arrivés pour porter assistance. C'est l'agent Dominic Pronovost qui, le premier, a approché Vadeboncoeur et qui l'a frappé avec des techniques de diversion parce qu'il refusait de mettre ses mains en arrière du dos selon elle.

L'intervention de l'agente Provencher a surtout consisté à maintenir la tête de Vadeboncoeur au sol par une technique d'encolure. «Il aurait pu sortir une autre arme. Je devais l'empêcher de se relever pour qu'on puisse le menotter le plus rapidement possible», a-t-elle indiqué. 

Selon elle, il ne ressentait aucune douleur malgré les coups portés. Contrairement aux allégations de Vadeboncoeur, elle n'a jamais touché au bas de son corps et serré ses parties génitales.

Lorsqu'il a finalement été menotté, le suspect a ensuite été conduit au poste. À ce moment, elle soutient n'avoir jamais pensé que cette intervention lui vaudrait des accusations criminelles.

Elle a même pris des photos de Vadeboncoeur pour étayer sa preuve en lien avec une accusation de port de déguisement. «Pour moi, ça s'était bien passé. J'étais contente et fière. Personne n'avait été blessé à part une blessure superficielle. Et le gars avait été arrêté», a-t-elle indiqué. 

Ce n'est que le lendemain qu'elle a écrit son rapport en lien avec cette intervention, rapport qui selon elle est conforme aux événements. 

Son contre-interrogatoire par la Couronne devrait commencer mardi matin.

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