«Le bourreau de Val-Mau» coupable

Patrick Chabot a été trouvé coupable de sept... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Patrick Chabot a été trouvé coupable de sept des neuf accusations de voies de fait qui pesaient contre lui.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Patrick Chabot a été trouvé coupable de voies de fait commis à l'endroit de six élèves présentant différents types de handicap de l'école Val-Mauricie de Shawinigan.

Cet ex-technicien en éducation spécialisée a reçu ce verdict de la part du juge Rosaire Larouche. Le président du tribunal a reconnu l'homme de 45 ans coupable de sept des neuf accusations qui pesaient contre lui.

Les événements reprochés au citoyen de Trois-Rivières se sont déroulés entre septembre 2010 et mars 2012. Dans sa décision rendue jeudi au palais de justice de Shawinigan, le juge Larouche a indiqué avoir retenu la majeure partie de la preuve soumise par la Couronne.

Chabot est coupable d'avoir pilé sur les doigts d'une victime avec son pied et de l'avoir fait sursauter à plus d'une reprise. Certains gestes de Chabot lui causaient des chutes étant donné son problème d'équilibre. Il a aussi procédé à son immobilisation au sol de façon non inappropriée et pilé sur le lacet d'un soulier de la même victime.

Il a poussé une autre victime, donné des jambettes à un élève (Chabot voulait travailler sur sa tolérance à la frustration) et barré le chemin d'un élève avec sa jambe. Chabot a aussi usé de force pour faire entrer un élève dans un autobus et un autre dans un local contenant des oiseaux, alors que ledit élève a une peur bleue de ces animaux.

Faisant un bilan de la preuve qui lui a été soumise, le juge Larouche a précisé à plus d'une reprise qu'il ne croyait pas les explications de l'accusé. Ce dernier a nié plusieurs gestes, il a ajusté son témoignage dans d'autres occasions et fait preuve de contradictions sur certains points, note le président du tribunal.

«La crédibilité de l'accusé est fortement entachée», a entre autres précisé le juge Larouche dans sa décision, en soulignant que Patrick Chabot avait agi de manière inacceptable.

Patrick Chabot s'est adressé à la cour à la suite du verdict. Celui qui n'a aucun antécédent judiciaire a indiqué au juge qu'il était désolé des gestes posés et que les conséquences n'étaient pas du tout le but visé. Dans son témoignage au procès, il avait notamment affirmé qu'il avait agi adéquatement même si certains gestes ne faisaient pas partie du plan d'intervention des élèves. 

L'individu est suspendu sans solde par son employeur depuis décembre 2013, ce qui lui a causé de sérieux problèmes financiers.

Sa procureure, Me Pénélope Provencher, a rappelé au juge que les voies de fait commis par son client ne font pas partie des plus graves au sens du Code criminel. Patrick Chabot a subi une couverture médiatique importante durant son procès et le processus judiciaire a eu de l'impact, soutient celle qui estime que son client présente un risque de récidive qui lui apparaît nul.

Me Provencher plaide que la décision du juge pourrait être une absolution conditionnelle. Elle propose que son client verse un don monétaire ou effectue des travaux communautaires. La cour pourrait aussi choisir d'imposer le versement d'un don et la réalisation de travaux communautaires.

Selon la procureure de la Couronne, Me Vicky Belleville, une peine d'emprisonnement est tout indiquée pour Patrick Chabot. Laissant le soin au juge de décider de la durée de l'emprisonnement et si la peine peut être purgée dans la collectivité, Me Belleville a insisté sur un point dans ses représentations sur sentence: Chabot a abusé de la confiance non seulement des victimes et de leurs parents, mais aussi de son employeur. 

Rappelant qu'il détenait une formation en la matière, Me Belleville se demande qu'est-ce qui a bien pu motiver Chabot à commettre de tels gestes sur des victimes incapables d'informer leur entourage de ce qu'elles vivaient lorsqu'elles étaient à l'école.

La sentence de Patrick Chabot sera connue le 17 janvier.

«Le bourreau de Val-Mau»

«Le bourreau de Val-Mau. On l'appelait comme ça. Je suis content que le bourreau de Val-Mau soit reconnu coupable. Il faut le tenir loin des personnes vulnérables.»

Le père d'une des victimes de Patrick Chabot n'a pas mis de gants blancs lorsqu'il a été invité par Le Nouvelliste à réagir au verdict de culpabilité de cet ancien technicien en éducation spécialisée de l'école Val-Mauricie de Shawinigan. Tout en faisant preuve d'un certain calme, l'homme, dont on doit taire l'identité pour ne pas révéler le nom d'une victime, qualifie Chabot de «minable».

«Des enfants seront plus handicapés depuis qu'ils ont passé entre ses mains. Des jeunes ressortent avec moins de compétences qu'à leur arrivée», commente-t-il, avant d'affirmer que son enfant, qui marchait à son entrée au secondaire, est maintenant en fauteuil roulant, sa confiance en sa capacité de marcher ayant été siphonnée par les gestes de Chabot.

La mère d'une autre victime n'hésite pas à parler d'incompétence lorsqu'elle fait référence au comportement de Chabot.

«Les gestes commis sont graves. On ne touche pas aux plus vulnérables de la société. Je suis satisfaite qu'il soit reconnu coupable de sept accusations sur neuf. Et je remercie les gens qui ont dénoncé la situation. C'est courageux.»

Une autre mère d'une victime se dit soulagée par le verdict du juge Larouche. Elle affirme avoir eu de sérieux soupçons concernant Patrick Chabot lorsqu'elle lu la lettre acheminée en juin 2012 par la direction de l'école informant les parents que des membres du personnel avaient été suspendus pour des gestes inappropriés. 

«Il voulait augmenter le niveau de tolérance de mon fils en lui faisant des jambettes.... C'est pas logique.»

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