Abus sur des mineurs: «Le non sonnait comme un oui à leurs oreilles»

Il aura fallu plus de 40 ans pour que le passé rattrape trois hommes âgés entre... (Archives Le Nouvelliste)

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Shawinigan) Il aura fallu plus de 40 ans pour que le passé rattrape trois hommes âgés entre 66 et 82 ans pour des abus sexuels commis sur des mineurs.

Léo Michaud, 82 ans, Réjean Gélinas, 66 ans et Jacques Dufresne, 69 ans, tous de Shawinigan, se sont en effet livrés à des attentats à la pudeur sur deux frères et une fillette entre 1969 et 1982. 

À l'occasion des plaidoiries sur sentence qui ont commencé ce lundi au palais de justice de Shawinigan, on a notamment pu entendre l'une des trois victimes, un homme aujourd'hui âgé de 55 ans.

C'est ce dernier qui porté plainte en 2012, après avoir entrepris un processus thérapeutique en lien avec un problème majeur d'agressivité. Il a ainsi levé le voile sur une sordide histoire d'abus sexuels impliquant ces trois hommes qui se connaissaient. 

Il a été victime d'abus à répétition de l'âge de 8 à 14 ans au point de se sentir comme une marionnette. C'est Léo Michaud, un homme en qui il avait confiance, qui le premier l'a agressé. 

Puis, ce fut au tour de Réjean Gélinas, le colocataire de Michaud de l'abuser à plusieurs reprises. La victime a notamment été forcée de faire des fellations et des masturbations aux deux hommes, quelquefois en même temps ou sous le regard de l'autre. «Et quand on parle de tentative de pénétration, mon oeil parce que ça rentrait», a-t-il précisé. 

Il ajoutera plus tard: «Le non sonnait comme un oui à leurs oreilles. C'est le même principe que la mémoire sélective», a-t-il ajouté. 

Les deux hommes ont d'ailleurs plaidé coupable aux chefs d'attentats à la pudeur qui pesaient contre eux pour l'avoir abusé de 1969 à 1974. Gélinas a aussi admis avoir agressé son frère aîné entre 1970 et 1971. Notons par contre que dans le cas de Léo Michaud, il a subi un procès car il ne reconnaissait pas les abus sur le frère. Le juge Guy Lambert a justement tranché le dossier, lundi, en le déclarant coupable d'attentat à la pudeur. 

La victime a également subi les abus répétés de la part de Jacques Dufresne de 1971 à 1974. Jacques Dufresne, dont le surnom est Coco et qui a longtemps été impliqué dans les majorettes de Shawinigan, a lui aussi plaidé coupable à des attentats à la pudeur sur trois enfants, soit les deux frères entre 1971 et 1974 et une fillette âgée de sept ans entre 1975 et 1982. 

Les abus, qui se chiffrent à plus d'une centaine de fois selon lui, ont pris fin lorsqu'il a cessé de voir ces trois hommes. Or, les impacts n'ont pas tardé à se manifester: alcool, drogue et surtout une grande colère persistante. Il se rappelle aussi d'avoir été incapable d'approcher les enfants de 5-6 ans dont son propre fils. «J'ai perdu des bons moments avec lui. Je suis capable de lui dire que je l'aime depuis un an seulement», a-t-il déclaré. 

Quant aux accusés, deux d'entre eux ont accepté de témoigner. Réjean Gélinas s'est excusé à quelques reprises en pleurant pour le tort qu'il avait causé à ses deux victimes. Il a pour sa part suivi la thérapie du programme Petas au début des années 2000 à la suite d'abus sexuels commis sur un autre mineur, ce qui lui a donné des outils pour diminuer les risques de récidive.

«C'est tellement triste. J'ai beaucoup de remords à les voir aussi dévastés. Je sais que ce n'est pas pardonnable», a-t-il mentionné au tribunal.

Lui-même soutient avoir été abusé dans sa jeunesse et plus tard par Léo Michaud. «Mais aujourd'hui, je ne suis pas victime. Je suis coupable. Je n'aurais pas pensé leur faire autant de mal», a-t-il ajouté. 

Quant à Léo Michaud, qui soutient lui aussi avoir été victime d'abus dans sa jeunesse, il a également demandé pardon aux victimes. 

Les plaidoiries des avocats auront lieu le 9 décembre.

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