Thao Neth déclaré coupable

Thao Neth... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Thao Neth

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Thao Neth, cet homme qui a été impliqué dans une fusillade avec le Groupe tactique d'intervention de la Sûreté du Québec en 2013, a été déclaré coupable de deux des trois chefs d'accusation qui pesaient contre lui en lien avec l'utilisation d'une arme à feu.

Le juge Guy Lambert a en effet conclu que la version présentée par Thao Neth n'était pas crédible. Il estime d'ailleurs que certains faits racontés par l'accusé sont invraisemblables. Il l'a donc déclaré coupable d'avoir eu en sa possession des armes dans un dessein dangereux et d'avoir utilisé une arme à feu de façon négligente. Quant au chef d'avoir déchargé intentionnellement son arme sans se soucier de la vie d'autrui, il l'a acquitté en lui faisant bénéficier d'un doute raisonnable. 

Le 13 septembre 2013, rappelons que Thao Neth avait été atteint par un projectile d'arme à feu tiré par le Groupe tactique d'intervention dans le cadre d'une opération anti-drogue menée dans le secteur. Les policiers disposaient d'un mandat général qui leur permettait de traverser ses terres pour se rendre sur un autre terrain afin d'y sécuriser les lieux. Des coups de feu avaient en effet été entendus. Qui plus est, une plantation de cannabis avait été découverte dans le secteur quelques jours auparavant mais pas sur les terres de M. Neth. 

M. Neth avait alors croisé les policiers. S'en était suivi un échange de coups de feu et M. Neth avait été atteint à l'épaule. Il avait ensuite été embarqué dans un hélicoptère pour être emmené au CHRTR où il avait dû subir des greffes des nerfs et des os. Encore aujourd'hui, il dit vivre avec des séquelles de cet événement. 

Dans le cadre du procès, le policier qui lui avait tiré dessus avait affirmé avoir eu peur de M. Neth. Il était alors caché dans le bois en compagnie de ses collègues, souhaitant ne pas avoir été vu dans le chemin par M. Neth. Or, celui-ci avait sorti une arme et cherché quelque chose dans le bois. Selon lui, il était mécontentent. Il avait tiré un premier coup de feu près de lui pour ensuite continuer à scruter le bois dans sa direction. Craignant qu'il n'utilise une seconde fois son arme, il avait donc tiré une dizaine de balles pour le neutraliser. 

Or, dans sa version, Thao Neth avait affirmé n'avoir jamais vu les policiers dans le sentier avant qu'ils ne se cachent. Il croyait plutôt qu'il s'agissait d'un orignal, car il disait avoir vu une tache noire. Et lorsqu'il avait tiré, c'était dans le seul but de chasser une perdrix qu'il avait aperçue dans les bois. 

Sur plusieurs points, le juge a conclu que sa version n'était pas crédible. À titre d'exemple, il a entre autres rappelé que les policiers portaient des habits de camouflage de couleur pâle. «Lorsque M. Neth mentionne avoir remarqué une tache noire dans sa route, qu'il identifie comme un orignal, il ne dit pas la vérité», a affirmé le juge. 

Il a aussi tenu compte du fait que M. Neth était un excellent chasseur et qu'il ne pouvait pas confondre un être humain avec un animal de cette taille. De même, le prévenu avait lui-même déclaré qu'il ne chassait jamais sur ses terres à Saint-Mathieu-du-Parc. Enfin, la saison de chasse n'était pas encore commencée.  

Le juge a plutôt retenu la thèse soulevée par la poursuite, et qui a été mise en preuve avec le témoignage de civils, à l'effet que M. Neth était un homme qui refusait que des personnes circulent sur ses terres. Il avait déjà eu des problèmes à ce niveau au point d'installer des barrières et des caméras de surveillance. «Leurs témoignages démontrent clairement que l'accusé est impatient, colérique et intransigeant lorsque des individus s'aventurent sur ses terres sans sa permission. Il est prêt à se servir d'une arme pour arriver à ses fins», a ajouté le juge. 

Par ailleurs, le tribunal a aussi pris soin d'analyser l'intervention des policiers pour finalement conclure qu'elle était justifiée et légale.

À sa sortie du tribunal, M, Neth était visiblement sous le choc et déçu. «Je ne m'attendais pas à ça», a-t-il déclaré. Il croit que le juge a mal compris sa version. Il entend d'ailleurs discuter avec son avocat de la possibilité d'aller en appel. Quant à la poursuite civile de 2 millions $ intentée contre les policiers, il ne peut dire pour l'instant ce qu'il en adviendra. 

De son côté, le procureur de la Couronne, Me Éric Thériault, était très heureux de la décision rendue. Il a rappelé que M. Neth est passible d'une peine maximale de dix ans de prison sans possibilité d'emprisonnement dans la collectivité. 

En ce qui concerne la peine, les plaidoiries ont été reportées à une date ultérieure.

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