Procès de Marcel Boivin: «J'étais incapable de leur dire d'arrêter»

Marcel Boivin est accusé d'agression sexuelle. Il est... (Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

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Marcel Boivin est accusé d'agression sexuelle. Il est accompagné de son avocat Me Louis-Michel Côté.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

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(La Tuque) Le procès de Marcel Boivin a débuté, mercredi, au palais de justice de La Tuque. L'ancien haut dirigeant du conseil de bande de Wemotaci est accusé d'agression sexuelle. L'événement aurait été commis en 1984 avec la participation d'une autre personne.

Le procureur de la Couronne a commencé sa preuve après que la juge Guylaine Tremblay eut rejeté la requête de la défense en arrêt des procédures pour délai déraisonnable, mercredi matin.

L'oncle de la victime, âgé aujourd'hui de 73 ans, a été le premier à s'amener à la barre des témoins. Il a confirmé être embarqué dans le véhicule de police avec l'accusé, son complice et la victime. Il a donné des précisions sur le véhicule et sur la soirée où l'agression aurait été commise. 

«J'ai vu que ça brassait dans le véhicule», a-t-il lancé.

Lors du contre-interrogatoire par Me Louis-Michel Côté, il a toutefois précisé qu'il n'avait rien entendu et rien vu après qu'on lui eut demandé s'il avait été témoin d'une agression sexuelle.

Le procureur du ministère public, Me Éric Thériault, a par la suite appelé à la barre la plaignante dans le dossier, âgée de près de 60 ans aujourd'hui.

Elle a raconté que son mari l'avait forcée, lors d'une soirée chez une dame, à prendre de la bière alors qu'elle n'en prenait jamais et que la bouteille avait «plus de mousse» qu'en temps normal. «J'ai tout de suite senti que je voyais embrouillé», a-t-elle mentionné.

Puis elle a raconté que l'ancien chef de police de la communauté atikamekw de Wemotaci et complice dans cette affaire, Jean-Paul Néashish, lui avait offert de la raccompagner chez elle. 

«Il m'a pris par le bras et m'a relevée de ma chaise [...] Quand j'ai reconnu l'endroit où on était, on n'était plus sur la réserve», a-t-elle témoigné.

«J'ai été amenée à l'arrière de la voiture et en débarquant j'ai reconnu Marcel Boivin», a-t-elle spécifié.

Elle a aussi parlé des occupants du véhicule avant d'entrer dans les détails des agressions. 

«Pendant qu'ils me pénétraient chacun leur tour, je voyais la lumière du bâtiment», a souligné la présumée victime.

«J'étais incapable de parler, incapable de leur dire d'arrêter. En partant de là, je n'étais plus capable de me tenir la tête. [...] Je ne me sentais plus moi-même en rentrant chez nous», a-t-elle raconté.

Le tribunal a dû accorder une pause à la victime en fin d'avant-midi après qu'elle eut mentionné voir du noir. Elle a pu terminer son témoignage en début d'après-midi.

Dans le cadre du contre-interrogatoire, l'avocat de la défense a tenté de miner la crédibilité de la dame en relevant certaines contradictions et ambiguïtés entre son témoignage, ses déclarations, et son témoignage au procès de l'autre accusé dans cette affaire, Jean-Paul Néashish.

Rappelons que le complice dans cette affaire, Jean-Paul Néashish, a été trouvé coupable d'avoir, entre le 1er juin et le 1er septembre 1984, agressé sexuellement la plaignante avec la participation d'une autre personne. 

Il a également été reconnu coupable, d'atteinte à la pudeur, de grossière indécence et de viol. Jean-Paul Néashish avait fait cinq victimes au total. Il a reçu sa sentence de six ans d'emprisonnement en octobre.

Jean-Paul Néashish est d'ailleurs le prochain témoin annoncé par la poursuite. Le procès reprendra jeudi matin.

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