Nizar Ghalmi: une sentence le 6 décembre

Dans le cadre des plaidoiries sur sa sentence, Nizar Ghalmi, ce Montréalais... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Dans le cadre des plaidoiries sur sa sentence, Nizar Ghalmi, ce Montréalais d'origine marocaine qui a harcelé une ancienne collègue de travail au point de la poursuivre sur une distance de 100 km sur l'autoroute, a demandé au tribunal, une deuxième, voire une troisième chance.

Lors du témoignage qu'il a livré mercredi, il a de nouveau dit regretter ses gestes tout en rappelant qu'il n'avait jamais eu l'intention de faire du mal à celle dont il s'était amouraché.

«Tout cela a pris une ampleur incroyable dans ma vie. Je ne comprends pas comment j'ai pu me mettre dans un tel pétrin. J'ai embarqué dans mes sentiments mais je n'ai pas compris qu'elle pouvait se sentir harcelée», a-t-il déclaré. 

Et s'il est retourné voir les parents de la victime dans le cadre des procédures judiciaires, brisant ainsi une condition de sa remise en liberté, c'était parce qu'il avait le besoin viscéral de s'excuser afin de tourner la page.

«Ça me ronge de l'intérieur. Je ne me le pardonnerai pas à moi-même», a-t-il ajouté. D'un autre côté, il a aussi déclaré à deux reprises que la victime savait au plus profond d'elle-même qu'il ne voulait pas lui faire du mal et qu'elle ne s'était pas sentie menacée.

C'est pourquoi la Couronne réclame deux mois de prison, se disant convaincue que Nizar Ghalmi n'endosse toujours pas la responsabilité de ses gestes et que le risque de récidive demeure présent. 

Me Marie-Ève Paquet s'inquiète pour la sécurité de la victime, en rappelant à quel point elle avait été marquée par ce harcèlement. «Il l'a carrément traquée. Il a décidé que c'était elle, qu'elle le veuille ou non», a-t-elle mentionné. 

Outre la peine de prison, elle suggère d'ailleurs qu'il soit sous probation pendant trois ans et qu'il bénéficie d'un suivi en raison de sa personnalité problématique.

La défense, assurée par Me Karine Bussière, propose de son côté une absolution conditionnelle, et ce, pour lui permettre de reprendre sa vie en main. «On ne gagne rien à le garder en prison surtout qu'il a offert une bonne collaboration depuis qu'il est incarcéré», a-t-elle indiqué. 

Dans sa plaidoirie, elle a d'ailleurs fait référence à un rapport d'évaluation sur sa responsabilité criminelle qui conclurait à une absence de dangerosité. Elle a rappelé que son client est incarcéré depuis 60 jours de façon préventive pour des délits qui ne sont pas les plus graves du Code criminel. Elle a aussi insisté sur le fait qu'il n'y avait jamais eu de violence dans cette affaire. 

Dans sa plaidoirie, elle a précisé que Ghalmi était un actif pour la société, sans antécédents judiciaires. Elle a aussi demandé au juge de tenir compte du fait qu'il ne pourra pas faire de demande de citoyenneté canadienne avant quatre ans. 

Nizar Ghalmi avait été trouvé coupable de harcèlement criminel envers une femme dont il était tombé amoureux à l'été 2014. Parmi les gestes commis, il l'avait poursuivie de façon dangereuse sur l'autoroute en septembre pour lui offrir des fleurs.

Il s'agissait d'une relation à sens unique puisque cette dernière l'avait tout au plus croisé sur les lieux de son travail. Lorsqu'il l'avait pourchassée, elle était même enceinte de son conjoint. Il avait pourtant déclaré deux ans plus tard que cet enfant aurait dû être le sien. 

Le juge Jacques Lacoursière fera connaître la sentence le 6 décembre.

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