Saisie de 375 kilos de perchaudes

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Les agents de la faune ont saisi des poissons emballés et prêts à la vente.

Ministère Forêts, Faune et Parcs

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Cinq pêcheurs commerciaux du lac Saint-Pierre devront répondre à 72 chefs d'accusation et feront face à des amendes pouvant atteindre 115 000 $ pour avoir pêché et mis en vente illégalement de la perchaude, du brochet et du doré.

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Pas moins de 375 kilos de perchaudes ont été capturées illégalement dans le lac Saint-Pierre.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

D'autres individus sont actuellement dans la mire des agents du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Les accusations devraient être déposées sous peu au terme de l'Opération Furtif qui a permis d'observer les actions illégales des pêcheurs en question.

Deux perquisitions ont été menées dans le cadre de cette opération, dont une dans une poissonnerie du Centre-du-Québec. Les agents ont alors saisi 40 kilos de perchaudes, 43 kilos de brochets et 18 kilos de dorés.

Les poissons étaient préparés en filets, emballés sous vide et prêts pour la vente.

Les équipements des pêcheurs ont aussi été saisis.

Au cours de leur enquête, les agents ont constaté que les pêcheurs commerciaux avaient pris illégalement 375 kg de perchaudes. Or, on sait que cette espèce est actuellement extrêmement fragile, au lac Saint-Pierre et qu'un moratoire sur cette pêche est toujours en vigueur.

Le président de l'Association des pêcheurs commerciaux du lac Saint-Pierre, Roger Michaud, n'était pas au courant de la situation lorsque Le Nouvelliste l'a contacté, vers 10 h 30, jeudi.

M. Michaud a tenu à dire qu'il n'était pas justifié de pêcher la perchaude alors qu'un moratoire est toujours en vigueur sur son exploitation. «Je trouve ça dommage. Quand il y a un moratoire, il faut le respecter», plaide-t-il.

Roger Michaud ne cache pas qu'il arrive que des pêcheurs sportifs lui offrent de la perchaude. «Je refuse. Je n'ai pas le droit», assure-t-il.

Le président indique que son grossiste lui propose de la perchaude de l'Ontario et des États-Unis et que c'est peut-être ça qui a confondu les agents de la faune. Le grossiste «pourrait me refiler de la perchaude du lac Saint-Pierre sans que je le sache», dit-il.

Mario Fournier, lieutenant du service de la protection de la faune, qui est basé à Shawinigan, assure qu'il n'y a aucune confusion et que c'est bel et bien de la perchaude du lac Saint-Pierre qui a été saisie auprès de pêcheurs commerciaux locaux de la rive sud. Les résultats de l'enquête, dit-il, proviennent d'observations et de signalements du public.

Roger Michaud se dit surpris que cinq pêcheurs commerciaux de la rive sud soient accusés alors qu'il n'y a que quatre permis de pêche qui sont en vigueur au Centre-du-Québec.

Selon les informations obtenues par Le Nouvelliste, c'est que l'affaire vise aussi des aides-pêcheurs. Le lieutenant Fournier n'a toutefois pas voulu préciser, pour le moment, si les quatre détenteurs de permis de la rive sud sont touchés par cette affaire et quel est le nombre d'aides-pêcheurs impliqués.

Le lieutenant Fournier indique que l'Opération Furtif n'est pas encore terminée et que la rive nord n'est pas ignorée.

En 2013, le ministère indiquait que les données concernant les perchaudes adultes de trois ans et plus étaient alarmantes. Quant aux jeunes perchaudes, le nombre fondait comme neige au soleil depuis 2002, révélaient alors des données prélevées sur plusieurs années dans 42 stations d'échantillonnage géoréférencées.

Selon Roger Michaud, la situation de la perchaude va maintenant «assez bien» et le moratoire de cinq ans, entré en vigueur en 2012, serait levé le 31 mars 2017, selon des pourparlers en cours.

Jean Lévesque, président de l'Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre (pêcheurs sportifs et pourvoiries), était révolté d'apprendre cette histoire de braconnage, jeudi, d'autant plus que des pourparlers sont effectivement en cours pour essayer de relancer un peu la pêche sportive à la perchaude, dit-il. Tant les pêcheurs commerciaux que sportifs ont toujours maintenu que l'espèce s'était déplacée par rapport aux points géoréférencés étudiés par le ministère depuis quelques années.

La capture illégale de ces poissons ne pouvait avoir été faite à un pire moment, indique M. Lévesque.

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