Important glissement de terrain: «J'ai senti la maison bouger»

Un impressionnant glissement de terrain a forcé l'évacuation... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Un impressionnant glissement de terrain a forcé l'évacuation de trois personnes, tôt jeudi matin, à Saint-Luc-de-Vincennes.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Saint-Luc-de-Vincennes) Un impressionnant glissement de terrain a forcé l'évacuation de trois personnes, tôt jeudi matin, à Saint-Luc-de-Vincennes.

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La coulée d'argile a glissé sur plusieurs dizaines de mètres, bloquant la rivière Champlain à cette hauteur.

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Luc Normandin a senti sa maison bouger lorsque le glissement de terrain est survenu. Il ne sait pas encore quand il pourra réintégrer sa maison.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

L'imposant cratère s'est formé au cours de la nuit derrière une ferme du rang Saint-Joseph-Ouest, emportant du même coup plusieurs tonnes d'argile et de terre et bloquant sur plusieurs dizaines de mètres la rivière Champlain à cette hauteur.

En après-midi, la Sécurité civile permettait à deux des trois évacués de réintégrer leur maison. L'autre maison évacuée, occupée par une personne seule, demeurera évacuée jusqu'à nouvel ordre, étant donné le trop grand risque de mouvements de sol.

C'est un résident de l'endroit, Luc Normandin, qui a constaté l'ampleur du désastre tard mercredi soir, alors qu'il se trouvait chez lui. «J'étais chez moi et j'ai senti la maison bouger. Je pensais qu'il passait un camion dans le chemin, mais nous autres ici, il ne passe pas de camions dans le chemin la nuit. Je suis sorti dehors pour voir ce que c'était», explique M. Normandin.

L'agriculteur, qui possède une ferme sur ces terres, explique qu'il a senti soudainement qu'il ventait, puis le vent a cessé d'un seul coup.

«C'est le coulis qui se faisait en arrière de la maison. Je me suis habillé et je suis allé chercher mon quatre-roues pour descendre vers la rivière, mais j'ai vite vu que c'était rendu à moins de 40 pieds de ma maison», explique l'homme qui a ramassé quelques effets personnels pour ensuite se rendre chez un ami.

C'est à l'aube, après avoir pu constater l'ampleur du cratère à la lumière du jour, qu'il a contacté les autorités. La Sécurité civile, la Sûreté du Québec, les Travaux publics de Saint-Luc-de-Vincennes, Hydro-Québec, le ministère de l'Environnement ainsi que le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) sont aussitôt intervenus sur les lieux. Un périmètre de sécurité de près de 200 mètres a été établi autour des deux résidences dont on a forcé l'évacuation.

Intervention la veille

Il faut dire que la Sécurité civile était intervenue à cet endroit la veille, à la suite de l'appel de M. Normandin, mais pour un glissement de terrain mineur, confirme le directeur de la Sécurité civile en Mauricie, Sébastien Doire.

En fait, un décrochage était survenu il y a deux semaines, sur le bord de la rivière, soit l'équivalent d'un âcre de terrain.

«Le citoyen l'a constaté il y a deux semaines, mais nous a contactés quelques jours plus tard. Nous sommes venus évaluer la situation mercredi, mais rien ne pouvait nous indiquer qu'il y avait un risque plus grand de décrochage», explique Sébastien Doire.

«Des fois, on va arriver sur des glissements de terrain et ça peut prendre des années avant que ça bouge encore, ou alors ça ne bougera plus du tout. C'était très loin des bâtiments et quand ça ne touche pas des résidences ou que ça ne menace pas des routes, on n'appelle pas les ingénieurs en catastrophe», explique-t-il.

Les ingénieurs de la Sécurité civile ont passé la journée sur les lieux afin d'évaluer la stabilité du terrain et le risque que d'autres glissements puissent survenir à cette hauteur, avant de permettre aux résidents de réintégrer les maisons évacuées.

Par ailleurs, la Sécurité civile surveillera aussi de près le niveau de la rivière Champlain, qui se retrouve maintenant complètement bouchée par la coulée d'argile qui s'étend sur plusieurs dizaines de mètres à cette hauteur.

«L'eau va finir par se frayer un chemin, mais nous devons tout de même surveiller le mouvement de la rivière et les impacts en amont et en aval», assure Sébastien Doire.

Une soixantaine de boeufs se trouvent dans une étable à proximité du cratère, mais la Sécurité civile a confirmé en après-midi jeudi que le bâtiment de ferme n'était finalement pas menacé.

Toutefois, le propriétaire de la ferme, Luc Normandin, ne pourra se rendre lui-même nourrir ses animaux, pour éviter tout risque inutile. La Sécurité civile et le MAPAQ ont mis en place des mesures pour que les animaux aient de la nourriture et de l'eau en attendant que le propriétaire de la ferme soit de nouveau autorisé à se rendre sur les lieux.

Rappel de 1986

L'incident n'a pas été sans rappeler au maire de Saint-Luc-de-Vincennes, Jean-Claude Milot, un événement de pareille nature survenu en septembre 1986, qui avait même emporté une partie de la route. À cette époque, le glissement de terrain avait emporté dans la rivière une superficie pouvant s'approcher du double de ce qui a été emporté dans la nuit de jeudi à vendredi. 

«J'étais échevin à l'époque et je m'en souviens très bien. Une partie de la route avait aussi été emportée, mais au moins ça n'avait pas touché de maisons», se souvient le maire Milot. Ce dernier explique que la Municipalité, tout comme la Sécurité civile, sait que les rives de la rivière Champlain à cette hauteur sont à risque.

La composition du sol a d'ailleurs été documentée par la Société d'aménagement et de mise en valeur du bassin de la Batiscan, qui a révélé que ces berges étaient majoritairement constituées d'argile marine, soit une variété beaucoup plus instable que les autres types d'argile.

«On le sait que le terrain est propice à ça. Les résidents qui s'installent ici le savent aussi. Mais à part surveiller les mouvements, il n'y a pas grand-chose de plus que l'on puisse faire», mentionne Jean-Claude Milot.

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