Accident de speed boat: un ingénieur pointe du doigt la conception du bateau

Le procès de Sylvain Girard, accusé de conduite... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le procès de Sylvain Girard, accusé de conduite dangereuse causant la mort et de négligence criminelle causant la mort, s'est poursuivi mercredi.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Selon Olivier Bellavigna-Ladoux, la description des événements entourant l'accident de bateau mortel du 4 août 2012 correspond à l'hypothèse proposée par les défendeurs de Sylvain Girard, soit une perte de contrôle causée par une particularité dans la conception du bateau.

Cet ingénieur mécanique a été le dernier témoin appelé mercredi au procès de l'homme de 59 ans accusé de conduite dangereuse causant la mort et de négligence criminelle causant la mort. Selon ses connaissances, cet expert en analyse et reconstitution d'accidents est venu appuyer les dires de Tres Martin concernant la perte de contrôle soudaine, causée par une coque étagée, qui pourrait expliquer l'accident.

Ce type de bateau comprend trois surfaces de contact avec l'eau. Comme l'a expliqué M. Bellavigna-Ladoux au palais de justice de Shawinigan, cela diminue la friction, ce qui entraîne une meilleure performance au niveau de la vitesse.

Le désavantage réside dans les manoeuvres transitoires: le bateau devient instable lors des freinages, des accélérations et des virages. Certains éléments doivent être combinés pour créer une instabilité, a continué l'ingénieur qui reconnaît volontiers avoir peu oeuvré dans des dossiers d'accidents de bateau.

M. Bellavigna-Ladoux a identifié trois facteurs conduisant à une instabilité: un nez de bateau qui descend, une augmentation du régime des moteurs due à une hélice qui agite une eau avec de l'air (résultat d'une zone de basse pression sous le bateau observée lors d'une opération de virage selon un certain angle) et un bruit de moteur à haut régime audible dans le bateau. C'est la réunion de ces trois éléments qui conduit à un tel accident.

«Ce que je comprends des témoignages, ça a été cité. On entend un bruit plus important, comme si on accélérait. L'hélice consomme de l'air, donc le bateau va ralentir et l'autre moteur va continuer de pousser, donc l'arrière du bateau va aller vers l'extérieur du virage. Le bateau va piquer du nez en raison de la décélération soudaine. Ça crée une embardée et les occupants sont éjectés. C'est ce qui me semble très plausible», a raconté M. Bellavigna-Ladoux.

Ce dernier répondait alors à une question de Me Michel Lebrun, un des avocats de Girard. Me Lebrun demandait si la preuve soumise jusqu'à maintenant pouvait s'expliquer par le phénomène de perte de contrôle illustré par Tres Martin, un instructeur de l'industrie marine, en lien avec les bateaux à coque étagée.

L'ingénieur a ajouté que ce phénomène arrive en quelques secondes. Le fait que cela se produise soudainement empêche les passagers de se tenir dans le bateau pour éviter d'être éjectés, même à une vitesse de 30 km/h.

La vitesse est un aspect qui a été abordé en contre-interrogatoire. Me Benoit Larouche, un des deux avocats de la Couronne, a voulu savoir si une telle embardée pouvait survenir à une vitesse précise.

Selon M. Bellavigna-Ladoux, un tel accident doit se produire à au moins 50 km/h. Le témoin ne pouvait préciser le degré de virage qu'un bateau doit avoir pour créer une embardée. D'autres facteurs, comme la vitesse, le niveau d'agitation de l'eau et le poids créé par la quantité d'essence dans le réservoir, sont à considérer.

Olivier Bellavigna-Ladoux a aussi confirmé à Me Larouche qu'il avait appris de ses discussions avec Tres Martin l'existence de coques de bateau à trois surfaces de contact.

La journée avait commencé par la poursuite du contre-interrogatoire de Tres Martin. En visionnant la vidéo d'un des tours de bateau offerts par Sylvain Girard le 4 août 2012, M. Martin a estimé la vitesse à près de 100 km/h. Selon lui, la position des pieds semblait normale.

Me Larouche s'est demandé si le fait de donner un coup de volant à une vitesse de 100 km/h pouvait causer une embardée. Tres Martin a répondu que durant ses cours de formation, il dit à ses étudiants de ne pas effectuer de mouvement brusque. Il a aussi précisé que ce ne sont pas tous les virages négociés à une vitesse variant de 70 à 105 km/h qui résultent en un tel accident.

Selon Tres Martin, la descente du devant du bateau sous la ligne d'horizon, l'augmentation de la révolution des moteurs et la position désaxée verticalement du bateau sont les trois éléments incompris des gens lorsque survient ce phénomène.

La preuve étant close, les deux parties présenteront leurs plaidoiries vendredi.

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