Vol de sirop d'érable: des verdicts de culpabilité réclamés

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La Couronne soutient que Richard Vallières, considéré comme l'une des têtes dirigeantes, a bel et bien participé au vol de sirop d'érable.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Après 14 jours de procès, la Couronne estime avoir fait la preuve hors de tout doute raisonnable de la culpabilité de Richard et Raymond Vallières, Étienne Saint-Pierre et Jean Lord en lien avec le vol de sirop d'érable.

Tout en rappelant au jury qu'il n'existe pas de certitude absolue en droit, Me Julien Beauchamp-Laliberté a réclamé des verdicts de culpabilité pour les quatre accusés. 

Rappelons qu'entre 2011 et 2012, l'entrepôt de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, situé à Saint-Louis-de-Blandford, a été délesté de pas moins de 5 936 497 livres de sirop d'érable pour une valeur de 18,7 millions $. Cela représentait 9571 barils sur les 16 224 qui s'y trouvaient, soit 59% de l'inventaire. 

Selon la Couronne, Richard Vallières, considéré comme l'une des têtes dirigeantes, a bel et bien participé au vol. Minimalement, il devait savoir au départ que le sirop qui lui était acheminé par un autre individu (dont on doit taire l'identité pour l'instant) provenait du marché noir d'autant plus qu'il oeuvrait lui-même dans ce domaine depuis une dizaine d'années. 

Or, au cours de l'année qui a suivi, la Couronne a rappelé qu'il a tout de même acheté pas moins de 150 camions remplis de sirop d'érable, dont 125 qui contenaient des barils de la Fédération, alors que dans ses bonnes années, il disait écouler une dizaine de camions de sirop acheté auprès de producteurs. 

Et lorsqu'il a déclaré au procès avoir été contraint de le faire parce qu'il faisait l'objet de menaces de mort, la Couronne soutient plutôt qu'il a eu l'occasion de s'en sortir. Sur les 125 cargaisons, il aurait reçu les menaces dès la 4e cargaison. «Il lui restait donc 121 occasions pour arrêter d'en acheter, se sauver ou même appeler la police. Pourquoi il ne l'a pas fait? Parce que c'était sa business», a plaidé M. Beauchamp-Laliberté.

Ce dernier a aussi relu au jury certains messages textes de Vallières et de l'autre individu dans lesquels il ne voit aucune menace, peur ou contrainte.

Enfin, quant aux fameux propos qui auraient été prononcés par Richard Vallières à l'effet que «voler des voleurs, ce n'est pas volé», Me Beauchamp-Laliberté a admis qu'il pouvait y avoir un certain doute sur l'identité de la personne qui les avait prononcés. Est-ce qu'il s'agit de Richard ou Raymond Vallières, ou encore de Sébastien Jutras?

Toujours selon la Couronne, il n'en demeure pas moins que ces paroles ont bel et bien été prononcées, ce qui prouve qu'ils avaient la connaissance de ce qu'ils faisaient puisqu'ils étaient ensemble. 

Vallières doit également répondre à un chef de fraude contre la Fédération, tout comme un coaccusé, Étienne Saint-Pierre de l'entreprise S.K. Export au Nouveau-Brunswick.

Dans les deux cas, la Couronne est d'avis que les deux suspects savaient bel et bien que la vente et l'achat de sirop d'érable sont réglementés au Québec. Ils auraient donc volontairement contrevenu aux règles de la mise en marché en transigeant illégalement du sirop au moyen de mensonges et de supercherie, privant ainsi la Fédération d'un montant de 0,12$ par livre. 

Quant aux chefs de trafic portés contre eux, ils auraient là aussi contrevenu aux lois en l'exportant aux États-Unis et en Europe, sachant qu'il s'agissait d'un bien illégalement obtenu. 

En ce qui concerne Raymond Vallières et Jean Lord, ils sont accusés de possession dans le but de trafic de sirop recelé. La Couronne soutient que Raymond Vallières aurait participé au crime en permettant à son fils d'utiliser ses équipements et son érablière pour le transvidage et le transport des barils.

Il aurait également aidé à faire bouillir le sirop en payant les factures d'huile. Selon l'avocat de la poursuite, Raymond Vallières savait que le sirop était volé ou d'origine frauduleuse car ni lui, ni son fils n'étaient des acheteurs autorisés par la Fédération. L'accusé aurait même déclaré: « Ils vont payer les tab...» en faisant référence à la Fédération.

Quant à Jean Lord, la Couronne soutient qu'il ne pouvait ignorer la provenance du sirop à moins de faire preuve d'aveuglement volontaire. Compte tenu des activités reliées à l'achat et la vente du sirop, du volume de celui-ci, des heures de travail déployées (souvent le soir), il aurait été étonnant qu'il ne pose jamais de questions sur le sujet. 

Le procès va reprendre jeudi matin avec les directives du juge Raymond W. Pronovost au jury. Ce dernier sera ensuite séquestré afin d'entreprendre ses délibérations.

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