Vol de sirop d'érable: début des plaidoiries

Les plaidoiries ont débuté lundi dans le procès... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Les plaidoiries ont débuté lundi dans le procès du plus important vol de sirop d'érable de l'histoire canadienne.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les avocats de la défense réclament du jury l'acquittement des quatre coaccusés en lien avec le plus important vol de sirop d'érable de l'histoire canadienne.

Dans le cadre de ses plaidoiries, Me René Duval, l'avocat de Richard Vallières, accusé de vol, fraude et trafic, a insisté, lundi, sur le fait que son client aurait été contraint de commettre ces délits en raison des menaces de mort proférées contre lui et sa famille par un autre accusé. 

Notons qu'on ne peut dévoiler l'identité de celui-ci en raison d'une ordonnance de non-publication, car il fera l'objet lui aussi d'un procès devant jury en janvier prochain. 

Outre ces menaces, Me Duval a parlé de possibles ramifications entre ce coaccusé et des Italiens de Montréal. Il a aussi émis l'hypothèse qu'il disposait de contacts suffisamment importants au sein même de la Fédération des producteurs acéricoles pour expliquer ce vol au sein de l'entrepôt à Saint-Louis-de-Blandford. «Un entrepôt qui ne disposait d'aucun système de sécurité», a-t-il pris soin de mentionner. 

Quant au chef de fraude plus spécifiquement, il ne voit aucune preuve de mensonge ou de supercherie de la part de son client. «Il a acheté du sirop parce que les producteurs en avaient ras le bol de la Fédération et voulaient le vendre», a-t-il ajouté. 

En ce sens, il a précisé que la convention de la Fédération ne serait pas homologuée et que, par conséquent, il n'est pas malhonnête de transiger du sirop.

Enfin, il a mentionné que son client n'avait jamais déclaré: «Voler des voleurs, ce n'est pas voler»; cette phrase aurait plutôt été dite par Sébastien Jutras, un complice.

Me Jean H. Philippe a pour sa part parlé de vendetta de la part de la Fédération et du gouvernement du Québec contre son client, Étienne Saint-Pierre, accusé de fraude et trafic de sirop recelé. Ce dernier possède une entreprise d'exportation de sirop au Nouveau-Brunswick. En guise de défense, il soutient avoir les certifications nécessaires de la part du gouvernement canadien.

Il a certes transigé du sirop avec Richard Vallières entre 2011 et 2012 mais il était en relation d'affaires avec lui depuis 2005-2006. Le sirop était acheté par Saint-Pierre selon les taux normaux dans le marché.

Le volume était peut-être plus important qu'auparavant, mais il aurait préféré acheter d'un seul vendeur au lieu de plusieurs petits producteurs. Enfin, toujours selon Me Philippe, il ne savait pas que le sirop était volé; à plus fortes raisons, il aurait fallu un an à la Fédération pour réaliser le vol de 5,9 millions de livres de sirop. 

En ce qui concerne Raymond Vallières, (le père de Richard Vallières) et Jean Lord, un camionneur, ces deux hommes sont accusés de possession dans le but de trafic de sirop recelé. 

Me Vanessa Lafleur, l'avocate de M. Vallières, a rappelé qu'aucun témoin ne l'avait vu participer à des activités illicites en lien avec le sirop d'érable. Aucun sirop volé n'a par ailleurs été saisi à son érablière et il n'a reçu aucun transfert bancaire au cours de la période des infractions.

Selon elle, il n'a pas eu la connaissance des activités de Richard Vallières avant mai-juin 2012 seulement. «Ce n'est pas parce qu'il a été vu sur les lieux des crimes que ça prouve sa participation», a-t-elle précisé. 

Même chose pour Jean Lord. Son avocat, Me François Poirier, a plaidé que son client était alors un camionneur à la recherche d'un emploi sans aucune connaissance du milieu du sirop d'érable. Il ne pouvait pas savoir qu'il transportait du sirop volé. De toute façon, compte tenu des activités professionnelles de son patron, il n'aurait pas été en mesure de voir un signe lui laissant croire que le sirop n'était pas légal.

La journée s'est terminée avec le début des plaidoiries de Me Julien Beauchamp-Laliberté, procureur de la Couronne. 

D'emblée, ce dernier a tenu à rectifier certains faits émis par ses confrères de la défense. Ainsi, il a rappelé qu'il n'y avait aucune preuve que le vol avait été orchestré avec la complicité de la Fédération ou qu'il était relié à la mafia italienne.

Quant aux menaces dont aurait été victime Richard Vallières, il a demandé au jury d'être prudent dans l'analyse de sa crédibilité, d'autant plus qu'aucun élément de preuve ne viendrait corroborer sa version. 

De même, il a indiqué qu'il n'y avait aucun fondement dans la justification du vol à l'effet que les producteurs devaient se tourner vers le marché noir pour être payés. D'ailleurs, il a rappelé que le sirop n'est certes pas de la cocaïne mais qu'il est bel et bien réglementé.

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