Accident de speed boat: l'accusé dit avoir agi sécuritairement

Selon son témoignage rendu lundi au palais de... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Selon son témoignage rendu lundi au palais de justice de Shawinigan, Sylvain Girard s'est longtemps questionné afin de comprendre la raison de l'accident de bateau survenu le 4 août 2012.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Shawinigan) «J'ai cherché pendant trois ans ce qui s'était passé.»

Selon Sylvain Girard, toutes les manoeuvres qu'il a effectuées le 4 août 2012 étaient sécuritaires, ce qui explique pourquoi il dit avoir passé autant d'années à tenter de comprendre ce qui a pu se produire lors de l'accident de bateau qui a coûté la vie d'Alexandre Bourque.

Celui qui est accusé de conduite dangereuse ayant causé la mort et de négligence criminelle ayant causé la mort a témoigné, lundi, à son procès tenu au palais de justice de Shawinigan.

Devant le juge Jacques Trudel, l'accusé a notamment soutenu que les tours de bateau offerts sur la rivière Saint-Maurice à un groupe de jeunes adultes se sont déroulés dans une ambiance festive et ont été effectués sans comportement dangereux de sa part.

Et même s'il reconnaît son goût pour la vitesse, l'objectif d'offrir ces tours de bateau était pour leur faire plaisir et non pas pour faire une démonstration de la grande puissance de son embarcation.

«Je ne fais pas de virage carré, il n'y a pas de vague, pas de vent. Il y a des bateaux ici et là, mais pas de rassemblement, ni de gens en ski nautique. C'était sécuritaire. Ce n'était pas un endroit pour rouler à des vitesses excessives», a dit Sylvain Girard, qui évalue sa vitesse maximale à environ 90 km/h dans les lignes droites. La vitesse dans les virages en U pouvait varier entre 40 et 70 km/h.

Avant la fin du tour fatidique, Sylvain Girard se rappelle avoir passé devant le quai de sa propriété avant de se diriger vers les lignes de haute tension électrique.

«En virant vers le large, tout a revolé. En virant, un moteur a parti en overspeed hors de l'eau et on a été éjecté. J'ai pris ce virage des centaines de fois et il n'est jamais rien arrivé.»

Selon lui, sa conduite du bateau durant les trois tours a toujours été faite avec modération, à l'image de sa façon de conduire ce speed boat depuis que son épouse en est la propriétaire. 

Son avocat, Me Michel Lebrun, est revenu sur une déclaration effectuée par Girard à la Sûreté du Québec le lendemain des tristes événements. Selon la preuve admise par le juge, Girard aurait dit qu'il était le responsable de l'accident, car les pieds de moteurs n'étaient pas assez descendus. 

«Quand on décolle, les pieds doivent être en bas. Peut-être que j'avais relevé trop les pieds, mais si on fait ça, on perd de la puissance. Les pieds étaient corrects. S'ils sont trop levés, c'est impossible d'atteindre 60, 70 km/h», a dit l'accusé, en ajoutant avoir subi une commotion cérébrale et un traumatisme crânien à la suite de l'accident.

Me Catherine Vincent, procureure de la Couronne, a ramené cette déclaration de Sylvain Girard. Ce dernier a indiqué lundi ne pas avoir dit à la SQ que les pieds n'avaient pas été abaissés. Selon lui, la hauteur des pieds n'a pas d'intérêt quand un bateau est arrêté.

Christine Pépin, la conjointe de Sylvain Girard, a précisé avoir acheté ce bateau en 2011 afin de miser sur une cabine plus spacieuse que l'embarcation précédente. Selon elle, la puissance n'a jamais été un critère de sélection. 

«C'est un bateau qui fait beaucoup de bruit. C'est plus impressionnant à l'extérieur (du bateau) et on a l'impression que ça va plus vite. Mais dans le bateau, on voit que c'est stable et sécuritaire», a observé Mme Pépin à propos de ce bateau acquis au coût de 1,1 million de dollars et revendu 190 000 $ un an après le drame.

Mme Pépin a raconté avoir vu un grand jet d'eau surgir durant l'accident, ce qui a complètement masqué le bateau. Selon son témoignage livré avec émotion, elle a rapidement porté secours aux gens éjectés et a cherché Alexandre Bourque. Et lorsque son conjoint a été pris en charge par les services d'urgence, il n'avait aucun souvenir de ce qui s'était passé.

«On s'est creusé la tête pour comprendre ce qui s'est passé et on l'a su cette année. On a fait appel à un expert.»

Mardi, la défense fera entendre Tres Martin, un expert américain en conduite de bateau. 

La théorie défendue par la défense est qu'une particularité dans la conception du bateau est à l'origine de l'accident.

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