Vol de sirop d'érable: Jean Lord affirme qu'il ignorait tout

Jean Lord... (Sylvain Mayer)

Agrandir

Jean Lord

Sylvain Mayer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Jean Lord, l'un des coaccusés dans le vol de 18,7 millions $ en sirop d'érable, ignorait que le sirop qu'il transportait était volé.

C'est du moins ce qu'il a affirmé, vendredi, dans le cadre de sa défense à son procès. Accusé de possession pour fins de trafic de sirop recelé, il a reconnu avoir travaillé comme camionneur pour Richard Vallières, l'une des présumées têtes dirigeantes de ce vol, mais il ne savait pas d'où provenait le sirop. Et encore moins qu'il avait été volé à la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

À la demande de son avocat Me François Poirier, il a raconté avoir rencontré Richard Vallières en 2011 alors qu'il cherchait du travail. Il n'avait aucune connaissance dans le domaine du sirop d'érable. Il a commencé à travailler pour Vallières en octobre 2011. Son rôle consistait à transporter des barils et des «tote» vides ou remplis de sirop en suivant les directives de son patron.

Toujours selon Jean Lord, Vallières achetait et revendait du sirop au Québec depuis une dizaine d'années. Dans son esprit, tout était donc normal. Il croyait que le sirop provenait de producteurs du Québec et ignorait l'existence d'un marché noir du sirop. Il se rappelle être allé porter du sirop chez S.K. Export, (l'entreprise d'un autre co-accusé Étienne Saint-Pierre) au Nouveau-Brunswick à quelques reprises. Il s'est également rendu à l'érablière de Raymond Vallières à Sainte-Lucie-de-Beauregard mais il n'a jamais fait de remplissage à même le lac et a dit ignorer que certains barils étaient remplis d'eau. Il n'aurait jamais non plus vu du sirop être bouilli.

Il se rappelle tout au plus avoir lui même fait le transvidage de sirop entre des barils et des «tote» mais à une seule reprise. Il avait détesté car cela lui faisait mal aux mains.

Il a finalement travaillé pour Richard Vallières jusqu'en mars 2012 avant de se trouver un nouvel emploi. Il aurait gagné en tout entre 2000 $ et 3000 $. L'argent lui était versé en comptant sans être déclaré puisqu'à l'époque, il bénéficiait de l'assurance-chômage.

Il n'aurait appris la commission du vol de sirop d'érable beaucoup plus tard par l'entremise de sa copine. Cette dernière l'aurait appelé pour l'informer d'une perquisition dans un entrepôt de Richard Vallières où il avait travaillé. La nouvelle venait d'être rendue publique par les médias.

Il a ensuite été arrêté en mai 2013. Dans une déclaration faite aux policiers, il avait dit savoir que le sirop était volé. Sur ce point, il a tenu à préciser que c'était faux. Selon lui, les policiers n'ont pas écrit ce qu'il leur avait dit. Il a par la suite omis de relire sa déclaration avant de la signer puisqu'il aurait des difficultés à lire.

Il a évidemment été confronté par le procureur de la Couronne, Me Jean-Philippe Garneau sur cet aspect. Il a réitéré qu'il contestait non seulement le contenu de cette déclaration mais aussi d'un affidavit qu'il avait lui-même fait en présence de son ancien avocat, Me Sarto Landry. Dans celui-ci, qui a pourtant fait l'objet d'une affirmation solennelle et qui a été assermenté en août 2013, il déclarait avoir appris des policiers que le sirop était volé. Encore là, il soutient ne pas voir lu cet affidavit et que ses propos avaient été mal rapportés.

Toujours dans cet affidavit, il prétendait aussi avoir fait du transvidage pendant trois quatre jours et avoir appris à ce moment que le sirop était volé. Il avait néanmoins continué à travailler pour Vallières pendant trois autres semaines avant de se dénicher un nouvel emploi. Il a également nié ces écrits, jetant le blâme sur la personne qui avait rédigé le document.

Ce témoignage est venu clore la preuve de la défense au procès des quatre coaccusés. Lundi matin, les avocats vont commencer leurs plaidoiries devant le juge Raymond W. Pronovost et les 13 membres du jury.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer