Vol de sirop d'érable: Richard Vallières soutient avoir été menacé

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Richard Vallières soutient que c'est parce qu'il a été menacé qu'il a participé au vol de sirop d'érable de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Richard Vallières, l'une des présumées têtes dirigeantes du spectaculaire vol de sirop d'érable, aurait été contraint sous la menace d'acheter du sirop volé.

C'est du moins ce qu'il a soutenu mercredi dans le cadre de son témoignage visant à se défendre des accusations de vol et trafic portées contre lui. Pour la première fois depuis son arrestation en décembre 2012, il a raconté au procès avoir été menacé avec une arme à feu par un autre individu.

Notons qu'on ne peut dévoiler pour l'instant l'identité de ce dernier en raison d'une ordonnance de non-publication car il fera l'objet d'un procès devant jury en janvier. Cet homme aurait donc proféré des menaces de s'en prendre à sa femme et sa fille s'il ne prenait pas le sirop contenu dans les barils de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec. 

Toujours selon Richard Vallières, qui est défendu par Me René Duval, il aurait alors eu très peur, d'autant plus que cet individu connaissait son adresse. Encore aujourd'hui, il le craindrait car d'autres menaces auraient été formulées plus tard. Il l'aurait contraint de pomper le sirop volé des barils pour ensuite les remplir d'eau, toujours sous la menace de s'en prendre à sa famille. Il aurait répété ses menaces lorsque le vol a été déclaré.

«Il est venu me voir pour me dire que si quelqu'un parlait, il aurait une balle dans la tête.» Même discours lorsque les deux hommes se sont retrouvés dans la même cellule lors de leur arrestation en décembre 2012. 

Le prévenu a par ailleurs admis qu'il n'était pas un acheteur autorisé par la Fédération. Pour ces raisons, il avait démarré des entreprises en 2009 au Nouveau-Brunswick puisque, selon lui, aucune loi ne l'empêchait d'y acheter du sirop et de le revendre. 

Il aurait ainsi acheté du sirop au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, en Ontario et au Québec pendant plusieurs années pour ensuite le revendre un peu partout. En juin 2011, il aurait rencontré cet individu qui disait avoir du sirop à vendre; ils auraient ensuite négocié des prix. 

Les trois premiers chargements contenant chacun 45 000 livres de sirop dans des barils de producteurs auraient ensuite été livrés. À la demande de l'autre accusé, Richard Vallières aurait payé ceux-ci comptant, à raison de 100 000 $ chacun.

Or, le quatrième chargement contenait des barils de 45 gallons aux couleurs de la Fédération. Vallières a raconté avoir demandé: «C'est quoi ça?», mais avoir refusé de prendre le voyage. C'est à ce moment que l'autre homme l'aurait contraint, sous la menace d'une arme, de les prendre. 

Par la suite, les chargements de sirop d'érable volé se sont succédé au cours de l'année qui a suivi. Selon Vallières, on parlerait d'environ 150 camions contenant 104 barils de 45 gallons chacun ou des «Tote». Du nombre, seulement 20-25 contiendraient le sirop provenant directement de producteurs. 

Dans son témoignage, Vallières a aussi mentionné qu'il croyait que l'autre individu avait des contacts avec des Italiens de Montréal. Il a aussi accusé un haut placé de la Fédération d'être impliqué dans ce vol, bien qu'aucune accusation n'ait été portée contre celui-ci. 

Or, il a beaucoup insisté sur la peur qui le tenaillait pour expliquer son implication dans ce vol. Il prétend que ses craintes l'ont obligé à prendre des pilules pour dormir, à augmenter sa consommation d'alcool pour oublier et même à faire un voyage dans le Sud avec sa conjointe et sa jeune fille pendant deux mois en septembre 2012 (juste après la découverte du vol) tant il craignait l'accusé. 

Lorsqu'il a été contre-interrogé par le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, il a cependant été confronté à des messages textes envoyés à l'autre accusé en 2011 et 2012. Dans l'un d'eux, il avait écrit: «Viens me voir mon amour. Je m'ennuie de toi».

Il a rétorqué qu'il s'agissait d'une erreur de destinataire car il était adressé à sa conjointe. Quelques minutes plus tard, il avait envoyé un autre message à l'homme pour lui dire cette fois-ci qu'il avait une masseuse pour lui et l'inviter à fêter son anniversaire. Vallières a supposé qu'une autre personne avait utilisé son cellulaire pour envoyer ces messages. 

En ce qui concerne un message dans lequel il invitait un contact à embarquer avec lui dans un projet de «200 M», il s'est demandé s'il ne parlait pas alors d'une érablière pour finalement jeter le blâme sur le correcteur automatique.

Entre 2011 et 2012, il a par ailleurs avoué avoir gagné environ 1 million $, ce qui n'inclut pas le coût des transports. Il n'a pas non plus payé de redevances à la Fédération et n'a pas fait de déclaration de revenus au gouvernement.

En toute fin de journée, Étienne Saint-Pierre, un coaccusé dans ce procès, a pour sa part commencé à témoigner à son tour pour expliquer le fonctionnement de son entreprise au Nouveau-Brunswick. Il devrait poursuivre son témoignage aujourd'hui.

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