Enfants tués par un python: début du procès pour négligence criminelle

Jean-Claude Savoie, qui vit aujourd'hui dans la région de... (PHOTO PC)

Agrandir

Jean-Claude Savoie, qui vit aujourd'hui dans la région de Montréal, était propriétaire de l'animalerie Reptile Ocean, à Campbellton, et il habitait le logement au-dessus.

PHOTO PC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Kevin Bissett
La Presse Canadienne
Campbellton

Le tribunal a commencé à entendre, mardi, la cause de Jean-Claude Savoie, accusé de négligence criminelle ayant causé la mort de deux enfants, tués par la chute d'un python pendant leur sommeil, à Campbellton, au Nouveau-Brunswick.

Un policier de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Stéphane Dugas, a décrit la scène à laquelle il a assisté, le matin du 5 août 2013. Jean-Claude Savoie avait alerté les autorités en composant le 911.

M. Dugas a raconté avoir vu, une fois sur les lieux, l'homme portant une chemise recouverte de sang et deux garçons qui avaient besoin de soins médicaux d'urgence. Le serpent meurtrier de 4,7 mètres de long a été retrouvé dans la salle de lavage.

Suivant les instructions de M. Savoie, M. Dugas a remis le serpent dans son enclos. Le reptile a émis des grognements, s'est dressé sur près de 1,8 mètre et a foncé dans la vitre de sa cage, a raconté le policier.

Les deux garçons - Noah Barthe, qui était âgé de quatre ans, et Connor, son frère de six ans - étaient couverts de sang et blessés à plusieurs endroits. M. Dugas a dit qu'il avait su tout de suite que les secours ne pourraient pas faire grand-chose pour sauver les enfants.

Une ambulancière les a examinés, a-t-il relaté, mais a secoué sa tête en réalisant que les deux enfants allaient irrémédiablement mourir.

M. Savoie, qui vit aujourd'hui dans la région de Montréal, était propriétaire de l'animalerie Reptile Ocean, à Campbellton, et il habitait le logement au-dessus. En août 2013, les deux frères Barthe passaient la nuit chez leur ami, le fils de M. Savoie. Le python de 45 kilos est tombé du plafond de la chambre pendant leur sommeil.

Selon l'exposé préliminaire livré mardi, la Couronne entend démontrer que le serpent «agressif» a vraisemblablement utilisé un conduit d'air pour s'échapper de son vivarium.

Or, le procureur Pierre Roussel a soutenu que le python avait déjà utilisé le conduit d'air auparavant, et qu'un employé avait prévenu M. Savoie que le couvercle d'aération devrait être réparé. Le procureur a indiqué que ce couvercle avait été retrouvé sur le plancher du vivarium après le drame.

«M. Savoie a manqué à son devoir de prendre soin de ces enfants qui lui avaient été laissés par leur mère, a-t-il fait valoir au jury. Il ne les a pas tués lui-même, mais a échoué à prendre les précautions (nécessaires).»

M. Savoie était un ami de la famille des victimes. Il avait emmené les garçons magasiner et visiter une ferme avant qu'ils ne restent à dormir chez lui.

Plusieurs personnes qui assistaient à l'audience de mardi ont eu des réactions émotives à l'écoute de l'enregistrement téléphonique de l'appel logé au 911 par M. Savoie, la nuit du drame.

«Deux enfants sont morts. Il y a un python qui s'est échappé et qui (les) a tués», a dit M. Savoie, ajoutant que le serpent était toujours en liberté et qu'il devait tentait de sauver le troisième garçon.

Un autre policier, le sergent René Labbé, qui est aussi intervenu sur les lieux a dit que le serpent s'était montré très agressif après avoir été recapturé.

À l'ouverture du procès, le juge Fred Ferguson a prévenu les 12 jurés, sélectionnés lundi, qu'ils devaient faire table rase de tout ce qu'ils savaient jusqu'ici, et que M. Savoie devait être présumé innocent jusqu'à preuve du contraire.

Le procès, qui se déroule au palais de justice de Campbellton, devrait durer deux semaines.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer