Vol de sirop d'érable: «On a fait plein d'affaires bizarres»

  • Cette photo de l'entrepôt de Saint-Louis-de-Blandford a été prise par la Sûreté du Québec en août 2012, soit après que le vol de sirop d'érable eut été constaté. (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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    Cette photo de l'entrepôt de Saint-Louis-de-Blandford a été prise par la Sûreté du Québec en août 2012, soit après que le vol de sirop d'érable eut été constaté.

    Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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  • Richard Vallières (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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  • Raymond Vallières (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même s'il ne connaissait pas au début la provenance exacte des énormes quantités de sirop d'érable qui lui passaient entre les mains, Martin Proulx a fini par apprendre qu'il avait été volé.

C'est du moins ce qu'il a affirmé, jeudi, dans le cadre du procès de Richard Vallières, Raymond Vallières, Jean Lord et Étienne Saint-Pierre pour le vol de sirop d'érable d'une valeur totalisant 18,7 millions $. À l'été 2012, il aurait eu des doutes sérieux.

«J'en ai vu des clients venir porter du sirop à Richard dans le passé mais là, il y en avait pas mal. On a fait bouillir du sirop non-stop tout l'été», a-t-il raconté. 

Martin Proulx a en effet travaillé pour Richard Vallières en 2011 et 2012. Au début, il agissait comme manoeuvre à sa cour à bois de Saint-Nicolas. C'était entre juillet et octobre 2011. Il savait à ce moment que Richard Vallières achetait les surplus de quotas des producteurs de sirop et les revendait. Il a d'ailleurs vu des clients venir lui en porter. Il a aussi vu Richard Vallières aller en chercher mais sans plus.

Or, à l'automne 2011, le prévenu lui aurait demandé d'aller travailler à l'érablière de son père, Raymond, à Sainte-Lucie-de-Beauregard, pour y faire le transbordement de barils de sirop d'érable. Les barils de 45 gallons, identifiés aux couleurs de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, arrivaient dans des camions, de jour comme de nuit. Un camion pouvait contenir 104 barils.

Selon Martin Proulx, le sirop qui s'y trouvait était alors pompé et transféré dans un réservoir situé dans la cabane à sucre. Les barils de la Fédération étaient ensuite remplis d'eau, à même un lac situé à proximité, et ce, toujours à la demande de Richard Vallières.

Interrogé par le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté sur les motifs de cette manoeuvre, Proulx a dit ne pas vraiment savoir pourquoi. «On a fait plein d'affaires bizarres», a-t-il rétorqué sans pour autant donner des exemples.

Un accident de voiture le forcera par la suite à abandonner le travail. À la fin de mai 2012, il recommencera à travailler pour Richard Vallières mais cette fois-ci, il aura pour rôle de faire bouillir du sirop dans un entrepôt de Saint-Nicolas. Il a raconté que le sirop arrivait désormais dans des «Tote» de 1000 litres.

Comme il commençait à fermenter, il devait être bouilli pour ensuite être remis dans des barils. Encore là, c'est Richard Vallières qui supervisait les opérations selon lui. 

Il a également précisé qu'au départ, les opérations de pasteurisation du sirop devaient durer deux semaines environ. Lorsque Richard Vallières lui aurait déclaré que les opérations dureraient finalement tout l'été, il lui aurait dit que le sirop avait été volé durant l'hiver à l'entrepôt de la Fédération à Saint-Louis-de-Blandord.

Lors du contre-interrogatoire de Me René Duval, il a avoué qu'à ce moment, il avait consommé du cannabis et que Richard Vallières avait probablement bu de la bière. 

Par ailleurs, il a souvent vu Raymond Vallières en 2011 et 2012, tant à l'érablière, à la cour à bois de son fils qu'à l'entrepôt de Saint-Nicholas. Il ne l'aurait pas vu participer directement aux opérations de transbordement ou de bouillage mais il pouvait être présent.

Il a également vu à quelques reprises Jean Lord qui était un chauffeur pour Richard Vallières et qui transportait des barils de sirop. Quant à Étienne Saint-Pierre, il ne le connaît pas personnellement. 

Notons par ailleurs que Martin Proulx a écopé d'une peine de deux ans de prison dans la collectivité pour avoir participé au vol de sirop d'érable en faisant du recel. Il avait reconnu avoir eu en sa possession du sirop d'érable sachant qu'il avait été volé.

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