Témoignage émouvant de Martin Gélinas

Martin Gélinas... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Martin Gélinas

François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Vous avez un homme exténué devant vous. J'ai tout perdu dans ma vie», a déclaré mercredi l'ex-vice-recteur aux ressources humaines de l'UQTR, Martin Gélinas, la voix brisée par l'émotion.

Après 19 jours de procès devant le Tribunal administratif du travail, l'homme de 46 ans, qui se défend seul depuis plusieurs mois appuyé de fidèles amis et ex-collègues de l'Université, a pu livrer sa plaidoirie à la juge Lyne Thériault. Ce sera au tour de l'UQTR de le faire, aussi, le 22 novembre.

Malgré un discours jonché de sanglots par moments, M. Gélinas s'est employé à répondre avec confiance à toutes les accusations de son ex-employeur et à remettre en perspective de nombreuses allégations de l'UQTR qui ont justifié son congédiement en février 2015.

La plus grave accusation qui aurait motivé l'UQTR à casser son lien d'emploi, c'est l'affaire des dizaines de textos et des propos qu'il a tenus et par lesquels il s'est trouvé à briser l'entente confidentielle du 1er février 2013 que l'UQTR lui a fait signer lorsqu'elle lui a retiré son poste de vice-recteur.

M. Gélinas a tenu à rappeler au tribunal qu'il vivait à ce moment-là une profonde dépression qui l'a mené tout droit à une hospitalisation. «C'est une maladie», a-t-il rappelé en indiquant que le fait d'avoir été mis sous arrêt à ce moment-là lui a carrément sauvé la vie puisqu'il a pu recevoir les soins appropriés par la suite.

Alors que l'UQTR prétend qu'aucun papier médical ne lui avait été fourni pour appuyer ce fait, M. Gélinas a présenté à la juge une liasse de documents prouvant le contraire. Il a aussi précisé qu'il n'avait jamais eu, à ce moment-là, de pressions de la part de l'employeur pour produire des papiers médicaux.

L'Université a fait valoir, durant le procès, qu'elle avait donné la chance à M. Gélinas, via le programme de mobilité des cadres, d'occuper d'autres fonctions à l'extérieur de l'Université pendant deux ans afin de se refaire une santé à la suite de ces événements.

M. Gélinas reconnaît que ce programme, qui lui permettait de garder son salaire, ainsi que l'entente qu'il a signée le 1er février 2013 représentaient certes une aide «généreuse». Le problème, a-t-il expliqué, c'est que ce fut très loin d'être un moment pour décanter et reprendre ses esprits. Cette période s'est plutôt transformée en cauchemar pour lui.

«L'application de l'entente a bogué», a-t-il expliqué. M. Gélinas a notamment eu un mal fou à obtenir une indemnisation d'assurances et il lui a fallu embaucher un avocat pour faire reconnaître son invalidité. «C'était comme les 12 Travaux d'Astérix», raconte-t-il.

De plus, les plaintes d'harcèlement psychologique qu'il avait déposées ne se réglaient pas malgré les interventions répétées de son procureur.

Puis, au cours de la même période, des accusations de harcèlement criminel ont été déposées contre lui par Guylaine Beaudoin pour lesquelles il a finalement été blanchi à condition de ne pas communiquer avec elle pendant un an puisque ses textos lui avaient fait peur.

M. Gélinas a dit avoir reçu un véritable coup de massue lorsque cette affaire s'est retrouvée dans les médias.

Puis, sa vie de famille a flanché. «Perdre sa femme et sa job en même temps, c'est un choc», dit-il.

M. Gélinas a tenu à dire que s'il a fallu plusieurs semaines avant qu'il se présente au poste de directeur général d'Économie du savoir Mauricie (ESM), où son salaire était assumé par le programme de mobilité des cadres de l'UQTR, c'est parce que son avocat, qui était nouveau dans son dossier, avait des vérifications à faire, notamment en lien avec l'entente confidentielle du 1er février 2013. «Je ne suis pas un fainéant», a-t-il fait valoir à la juge.

D'ailleurs, il a fait témoigner le président d'ESM, Simon Charlebois, mercredi matin, lequel a raconté qu'en attendant ce délai, M. Gélinas avait rencontré le personnel et apporté du travail à la maison.

M. Gélinas, à qui l'UQTR reproche un manque de loyauté pour avoir tenu des propos à son sujet dans les médias, assure qu'il n'a «pas payé des avocats pour écoeurer des gens», mais pour se défendre, ce qui lui a coûté tout ce qu'il possédait. Les déclarations qui ont été faites en son nom par ses procureurs, dans les médias, visaient stratégiquement, dit-il, à faire avancer le dossier au criminel qui pesait contre lui.

M. Gélinas estime que les dénonciations qu'il a faites au Vérificateur général du Québec, au sujet d'irrégularités dans l'administration de l'UQTR, représentent justement une preuve de sa loyauté.

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