Vol de sirop d'érable: une déclaration vidéo de Richard Vallières

Le vol de sirop d'érable a été commis... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Le vol de sirop d'érable a été commis dans cet entrepôt de Saint-Louis-de-Blandford.

Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Dans une déclaration faite aux policiers en avril 2014, Richard Vallières, l'une des présumées têtes dirigeantes du vol de sirop d'érable, a soutenu «s'être fait avoir dans cette histoire».

Cet enregistrement vidéo a été présenté lundi par la Couronne au juge Raymond W. Pronovost et au jury dans le cadre du procès qu'il subit en même temps que Raymond Vallières, Jean Lord et Étienne Saint-Pierre, trois autres présumés complices. Deux ans après son arrestation en lien avec le vol de sirop d'une valeur de 18,7 millions $, il disait alors vouloir tout régler parce qu'il était tanné. 

Lui qui a admis avoir toujours acheté et revendu du sirop d'érable n'a donc pas hésité lorsque Sébastien Jutras, un camionneur, l'a mis en contact à l'été 2011 avec un autre individu dont on doit taire l'identité en vertu d'une ordonnance mais qui fera l'objet d'un procès en janvier. Il s'agissait d'une petite année sur le plan de la récolte de sirop d'érable et la demande était bonne. 

Les deux hommes se seraient donc rencontrés et auraient fixé des prix. Vallières aurait ainsi payé comptant la première livraison de sirop, soit 100 000 $ pour 45 000 livres. Il a ensuite réussi à vendre le tout en contactant des compagnies de l'Ontario et des États-Unis.

Puis, le manège s'est poursuivi. Au fil du temps, devant la quantité de sirop que lui vendait son partenaire, le suspect aurait commencé à avoir des doutes, allant même jusqu'à soupçonner la Fédération des producteurs acéricoles du Québec d'être de mèche avec son partenaire. «On (la fédération) m'en veut beaucoup car elle veut avoir le plus de contrôle possible sur le sirop. J'avais plusieurs doutes. Je suis là-dedans depuis dix ans et c'était la première fois que je voyais autant de sirop», a-t-il mentionné. 

Il a dit avoir tout compris lorsque le vol a été rapporté publiquement par la Fédération en août 2012. 

Par ailleurs, Sébastien Jutras a ensuite été appelé à la barre des témoins par la Couronne. Rappelons que ce dernier a écopé d'une peine de huit mois de prison après avoir plaidé coupable à des accusations de vol, trafic et complot. Il a en effet raconté avoir mis en contact Richard Vallières et l'autre individu à l'été 2011. Par la suite, il a commencé à transporter les barils à leur demande. Il soutient que ce sont eux qui donnaient les ordres. Au fil des semaines, la cadence des transports et la quantité de sirop ont sans cesse augmenté. Sébastien Jutras se rappelle notamment de camions remplis de Tote de 1000 litres puisqu'il manquait désormais de barils. 

Les lieux ont également changé. Après la cour à bois de Richard Vallières, le sirop a été transporté dans un entrepôt du boulevard Industriel à Saint-Nicolas puis dans un second, plus grand, mais situé sur la même rue. 

Puis, il a dû livrer à un quatrième endroit, soit l'érablière appartenant à Raymond Vallières à Sainte-Lucie-de-Beauregard. À ce moment, 104 barils de sirop étaient à chaque fois apportés, vidés avec des pompes et remplis d'eau dans un lac pour ensuite être retournés dans l'entrepôt loué par la Fédération à Saint-Louis-de-Blandford. 

Interrogé par le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, sur les discussions qu'ils pouvaient avoir sur la provenance du sirop, il soutient que le mot «vol» n'était pas prononcé. Entre eux, ils parlaient de sauce. «C'était une grosse ''shot''. On savait ce qu'on faisait. On savait que c'était les barils de la fédération», a-t-il ajouté. Son témoignage va se poursuivre mardi.

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