Procès de Sylvain Girard: des vestes lancées dans le bateau

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C'est ce bateau que conduisait Sylvain Girard au moment de l'accident survenu sur la rivière Saint-Maurice le 4 août 2012.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Selon la preuve soumise lundi au procès de Sylvain Girard, des vestes de flottaison auraient été lancées dans son bateau après l'accident qui a coûté la vie à Alexandre Bourque.

Cette information a été donnée au palais de justice de Shawinigan lors du procès de Girard, accusé de négligence criminelle causant la mort et de conduite dangereuse causant la mort de ce jeune homme de 27 ans. Marc-Antoine Noël, qui était dans le bateau lors de l'accident, raconte avoir fait cette observation après avoir été repêché du Saint-Maurice.

«J'ai vu Brian (Gélinas, un ami chez qui plusieurs jeunes s'étaient donné rendez-vous le 4 août 2012 et qui a pris place dans le bateau de Girard) lancer des flottes dans le bateau», a raconté M. Noël, un des six témoins à avoir défilé lundi devant le juge Jacques Trudel.

Le témoin a raconté qu'Alexandre Bourque s'est laissé convaincre d'embarquer dans le bateau. Ce dernier était nerveux et a réclamé un gilet de flottaison, selon M. Noël. Étant donné que personne n'a répondu à sa demande et que le bateau quittait le quai, les jeunes hommes ont décidé de laisser faire.

Le témoin de la Couronne a avoué que lors de sa première déclaration faite aux policiers, il avait affirmé que Sylvain Girard avait lancé des vestes de flottaison dans son bateau. Il a affirmé lundi qu'il était alors démoli par la mort de ce grand ami et qu'il ne cherchait pas de coupable.

«Brian est aussi mon ami. Je ne comprends pas pourquoi je l'ai protégé», a ajouté M. Noël.

Quelques heures après l'accident, Marc-Antoine Noël dit avoir appris certaines informations qui l'ont choqué. Il a eu une discussion corsée avec Brian Gélinas et a avisé la police pour modifier sa déclaration.

Durant son témoignage, Marc-Antoine Noël a donné son appréciation du comportement de l'accusé aux commandes de son speed boat. «Je le trouvais très téméraire. Il fonçait vers les bateaux et indiquait son trajet à la dernière minute.»

Me Louis R. Lupien, un des avocats de Sylvain Girard, a voulu savoir si Marc-Antoine Noël avait fait la demande précise à son client pour obtenir une veste de flottaison. Le témoin a répondu par la négative, mais a expliqué qu'il avait fait sa demande en criant à l'ensemble des gens sur place pour obtenir une veste pour son ami.

Me Lupien l'a aussi ramené sur son témoignage en cour versus sa première déclaration. 

M. Noël a d'abord dit qu'il ne cherchait pas de coupable. Mais Me Lupien a rappelé un passage de sa déclaration d'août 2012 dans lequel M. Noël affirme que Sylvain Girard a tué son meilleur ami. 

Me Catherine Vincent, avocate de la Couronne, a fait témoigner Yannick Buisson, lui aussi un passager du troisième tour de bateau. Il a raconté avoir eu moins de plaisir lorsque le conducteur s'est mis à faire des «s» et des boucles, alors que de nombreux bateaux étaient sur la rivière. «Quand on a commencé à frôler le monde à grande vitesse, je n'ai pas aimé ça», a témoigné M. Buisson.

Me Lupien lui a fait remarquer que cette déclaration effectuée lundi n'apparaissait pas dans la déposition fournie à la police deux jours après les événements. 

M. Buisson a répondu qu'il était sous le choc des événements lorsqu'il a fait sa déposition et qu'il est possible que des éléments aient été omis. 

La Couronne a terminé de présenter sa preuve. Le procès reprendra le 7 novembre, alors que la défense fera entendre Girard et au moins un expert nautique.

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