Affaire Vadeboncoeur: Pronovost nie des coups au visage et aux testicules

Dominic Pronovost... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Dominic Pronovost

François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'agent de police Dominic Pronovost a nié avoir asséné des coups au visage et sur les testicules d'Alexis Vadeboncoeur lors de son arrestation.

Dans le cadre de son procès pour voies de fait et production de faux rapports, il a en effet nié plusieurs des allégations du jeune Vadeboncoeur en lien avec l'utilisation d'une force déraisonnable. 

Par contre, il a admis avoir asséné un coup avec l'intérieur de son poignet sur le trapèze du suspect pendant qu'il tenait encore son arme de service à la main. Il a aussi mentionné lui avoir administré des coups de pied sur la cuisse gauche. Il aurait également tenté de lui asséner un coup au mollet mais sans succès. 

Il a répété que ces coups visaient à susciter une douleur chez le suspect afin de le forcer à obtempérer. Selon lui, Vadeboncoeur résistait toujours alors qu'il était couché au sol et refusait de sortir ses deux mains cachées sous son corps. Craignant qu'il n'ait une arme en sa possession, il prétend avoir agi au meilleur de ses connaissances dans l'urgence de la situation. 

Lorsque le suspect a finalement été menotté quelques secondes plus tard, il a été relevé et amené dans la voiture de police pour le conduire au poste. Toujours selon l'agent Pronovost, le suspect était agité mais ne parlait pas. «Pour moi, il était complètement intoxiqué», a-t-il précisé. 

Or, les agents Pronovost et Kaven Deslauriers ont tôt fait de retourner au cégep puisqu'ils venaient d'apprendre l'existence d'une bande vidéo. Selon lui, ils voulaient alors porter assistance à des collègues sur place et voir la fameuse vidéo. 

Il a reconnu que lui ou son collègue a demandé à l'agent de sécurité du cégep si la vidéo s'effaçait. «À ce moment, nous ne pensions pas avoir besoin de la vidéo puisque l'enquête portait sur un dossier de vol qualifié. Nous avons posé la question dans l'éventualité où nous en aurions besoin plus tard. Il n'était pas question de l'effacer. Nous voulions savoir le temps qu'elle demeurait en mémoire dans le système. Jamais je n'aurais accepté que mes collègues demandent de l'effacer», a-t-il indiqué. 

Du même coup, à une question posée par son avocat Me Pierre Dupras, il a nié avoir dit à l'agent de sécurité: «on n'amène pas ça en cour; ça va se virer contre nous». Il aurait plutôt dit: «Je pense qu'on ne va pas en avoir besoin». 

Plus tard, au poste de police, alors qu'il régnait encore beaucoup de fébrilité et de fierté devant cette intervention, c'est finalement l'agente Barbara Provencher qui aurait suggéré de récupérer la vidéo pour établir la preuve de l'entrave faite par Alexis Vadebonceur lors de son arrestation.

La vidéo a donc été saisie et ramenée au poste où tous les policiers impliqués de près ou de loin dans cette affaire l'ont visionnée. «À la fin, je me souviens que le lieutenant Jean Bolduc m'a mis une main sur l'épaule en me disant: ''C'est bon ça. J'aime ça. J'aime ça''», a-t-il raconté. 

Quant au rapport d'événement qu'on l'accuse d'avoir falsifié, il a confirmé chacun des éléments qu'il a écrit. Il a tout au plus reconnu l'inversion de deux phrases et une erreur de date. Jamais il n'aurait dit à son collègue Deslauriers quoi écrire dans son rapport et vice versa. Ses deux autres collègues n'étaient pas présents lors de la rédaction de son rapport qu'il a avoué avoir produit le lendemain 3 février, au poste de police du Cap durant le Super Bowl. 

Par ailleurs, la procureure de la Couronne Me Aryanne Guérin, l'a longuement contre-interrogé en le confrontant à chacun des gestes posés en lien avec cette arrestation musclée. 

D'emblée, il a rappelé que c'était l'événement le plus marquant de sa vie et la première fois de sa carrière de policier qu'il pointait son arme sur un individu armé. Il a ainsi reconnu qu'en arrivant devant le suspect au cégep, il n'avait aucune stratégie. 

Des divergences ont par ailleurs été mises de l'avant par la Couronne entre ses propos et les images de la vidéo notamment en ce qui a trait à sa façon de tenir son arme pendant qu'il frappait le suspect avec son pied. Si, au départ, il avait dit que son bras était en arrière, il a finalement dit que c'était plutôt son arme qui était pointée vers l'arrière. 

Il a également été question d'un coup de pied qu'il aurait asséné au visage de Vadeboncoeur lorsqu'il est arrivé près de lui. La procureure estimait en effet que la vidéo montrait clairement ce coup mais il a nié en disant ignorer s'il l'avait touché avec son pied à ce moment précis. 

Enfin, elle a aussi insisté sur son empressement à retourner au cégep pour aller regarder la vidéo alors qu'il venait de dire qu'elle n'était pas si importante. Il a répondu ne pas avoir pensé sur le coup à l'utilité de la vidéo pour le chef d'entrave. Il voulait surtout voir l'intervention de ses collègues avant son arrivée. Le procès va se poursuivre vendredi.

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