Affaire Vadeboncoeur: «J'avais très, très peur»

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Dominic Pronovost a témoigné à son tour mercredi.

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Nancy Massicotte
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(Trois-Rivières) Tout comme son collègue Marc-André Saint-Amant, l'agent Dominic Pronovost a avoué avoir eu très peur des réactions d'Alexis Vadeboncoeur lors de son arrestation le 2 février 2013.

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L'ex-agent Marc-André Saint-Amant a lui aussi expliqué plus tôt dans la journée de mercredi que Vadeboncoeur refusait de collaborer et résistait.

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Alexis Vadeboncoeur

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

«Quand je me suis approché, j'avais très, très peur. Je craignais qu'il (Vadeboncoeur) ne reprenne son arme. J'ignorais où étaient mes collègues à ce moment-là mais je savais qu'ils n'avaient pas de barricade pour se protéger», a-t-il déclaré mercredi dans le cadre de son procès. 

Le policier comptait 16 années d'expérience en 2013. Sur la fameuse vidéo de l'arrestation, c'est lui le premier policier qui a un contact physique avec Vadeboncoeur alors qu'il est couché au sol. Les trois autres coaccusés (Marc-André Saint-Amant, Kaven Deslauriers et Barbara Provencher) le rejoindront par la suite pour l'assister. 

D'emblée, il a précisé que son niveau d'adrénaline était très élevé alors qu'il se rendait sur les lieux, surtout quand il a perçu le stress dans la voix de sa conjointe, l'agente Barbara Provencher. Cette dernière pourchassait déjà le suspect à pied et venait de dire sur les ondes radio que Vadeboncoeur était armé. 

«Quand elle a dit qu'il ne lâchait pas son arme et que ça allait prendre des barricades, j'ai dit à mon partenaire l'agent Deslauriers: ''Prépare-toi: ça va peut-être tirer''», a-t-il raconté. 

En arrivant dans le stationnement du Pavillon des sciences, il aurait effectivement remarqué que les agents Saint-Amant et Provencher n'avaient aucune protection en cas de fusillade. Le suspect était pour sa part accroupi plus loin et tenait son arme à la main. Derrière sa portière de voiture, il l'aurait donc pointé en lui demandant de lâcher son arme mais en vain. 

Pour lui, il y avait une urgence d'agir car il entrevoyait la possibilité que Vadeboncoeur devienne un tireur actif dans le cégep ou en leur direction. «Je voyais qu'il réfléchissait et semblait gagner du temps. Rien dans son comportement m'amenait à penser qu'il allait collaborer», a-t-il ajouté. 

Le suspect a ensuite lâché son arme. Or, il n'aurait pas obtempéré aux ordres lancés par l'agent Deslauriers au porte-voix, soit de lever les mains en l'air, de se retourner et de reculer en leur direction. Il se serait plutôt couché au sol, les bras en croix. «Il s'est rapproché de son arme en se couchant. Dans ma perspective, je la voyais à moins d'un pied de sa main», a-t-il ajouté. 

C'est à ce moment qu'il a dit avoir eu très peur que le suspect reprenne son arme. Il soutient s'être avancé vers le suspect en le pointant et en lui demandant à trois ou quatre reprises de mettre ses mains sur la tête mais sans réaction. 

Il aurait donc posé le genou gauche au centre du dos du suspect, lui aurait maintenu l'épaule avec sa main gauche et aurait tenté de prendre le bras droit de Vadeboncoeur avec sa main droite. «Il s'est raidi, a résisté et a glissé sa main sous son corps. J'ai craint qu'il aille chercher une autre arme, un couteau ou une seringue. J'ai alors appliqué une technique puissante à mains nues», a-t-il raconté. 

Conscient qu'il avait toujours son arme à la main, il soutient avoir frappé le suspect au trapèze avec l'intérieur de son poignet, et ce, en utilisant selon lui une force moyenne. Il voulait causer une douleur afin de créer une diversion qui lui aurait permis de prendre sa main et de le menotter. 

Notons par ailleurs qu'une expertise déposée en preuve viendrait démontrer qu'il n'y aurait pas de trace de l'ADN de Vadeboncoeur sur l'arme de Pronovost. 

Son témoignage va se poursuivre jeudi.

Quant à son collègue l'ex-agent Saint-Amant, il a lui aussi expliqué plus tôt dans la journée que Vadeboncoeur refusait de collaborer et résistait. 

Il a même mentionné que c'était la première fois de sa jeune carrière qu'il devait mettre son doigt sur la détente de son arme. «Je n'ai jamais eu peur comme ça de ma vie à ce moment-là. J'ai crié très fort à plusieurs reprises pour qu'il jette son arme », a-t-il ajouté. 

Et lorsque les agents Pronovost et Deslauriers sont arrivés sur les lieux dans une voiture patrouille, il aurait immédiatement eu le réflexe d'aller se cacher derrière celle-ci. 

Même une fois Vadeboncoeur couché au sol, le policier avait l'impression qu'il avait un plan dans la tête car il était encore trop près de son arme. Encore là, il a soutenu qu'il y avait urgence d'agir compte tenu de la proximité du cégep.

Lorsqu'il a vu avec soulagement l'agent Pronovost prendre les devants et s'approcher du suspect, il s'est avancé également. Il a indiqué qu'à ce moment-là, il focalisait uniquement sur la main du suspect et l'arme à proximité. Il se serait empressé d'éloigner l'arme avec son pied.

Il aurait ensuite tenté de prendre la main gauche du suspect qui était cachée sous lui mais il a résisté. Il a donc appliqué des techniques de diversion en lui donnant deux coups de pied dans les côtes mais sans succès puisque Vadeboncoeur refusait de bouger. C'est finalement l'agent Joey Ouellet qui a pris sa place et qui a réussi à prendre sa main. 

Il a par ailleurs soutenu qu'en raison de la vision tunnel qui l'affectait, il n'a pas vu ce que les autres coaccusés faisaient pendant l'arrestation. Il aurait seulement une image de l'agente Provencher qui maintenait le cou du suspect avec son bras.

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