Procès de Sylvain Girard: «c'était la panique totale»

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Sylvain Girard, en compagnie d'un de ses avocats, Me Michel Lebrun.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Selon Guillaume Thibodeau, Sylvain Girard a effectué un virage brusque avec son bateau, ce qui allait résulter en un accident duquel son ami Alexandre Bourque n'allait pas sortir vivant.

M. Thibodeau a témoigné mercredi à Shawinigan au procès de Sylvain Girard, accusé de négligence criminelle causant la mort et de conduite dangereuse causant la mort de ce jeune homme de 27 ans. Il faisait partie d'un groupe de jeunes adultes ayant fait des tours de bateau dans l'embarcation de Girard le 4 août 2012.

Ce témoin avait fait partie du premier des trois groupes ayant fait un tour de speed boat. Il était sur le quai et attendait que ses amis reviennent de cette courte promenade lorsqu'il a vu l'accident.

«Il est venu pour se virer, le bateau a mordu et tout le monde a été éjecté. Il a viré sec vers la gauche. Mais c'est un bateau qui ne se vire pas comme un Sea-Doo. J'ai vu tous mes amis revoler dans les airs. C'était la panique totale», a raconté M. Thibodeau, gagné par l'émotion lorsqu'il a nommé Alexandre Bourque.

Guillaume Thibodeau se souvient de l'importance de l'éclaboussure causée par l'accident. Son ami, Alexandre Lacoursière, également présent lors de cette triste journée, a aussi noté que l'accident a créé une vague majeure.

«Il a essayé de faire un 180 degrés et ça a mordu. Je vois une grosse vague de deux ou trois étages et les gens sont expulsés du bateau. On est sous le choc.»

M. Lacoursière a vu des plaisanciers porter secours aux passagers éjectés. Il se souvient d'avoir entendu des gens crier qu'il manquait une personne.

Questionnés par l'avocate de la Couronne, Me Catherine Vincent, sur la vitesse à laquelle le bateau de Sylvain Girard circulait à ce moment, les deux témoins n'ont pu donner de réponse. Ils ont précisé que la vitesse était élevée lorsqu'ils ont pris place dans le bateau.

«Ce n'était pas une balade du dimanche», a dit Guillaume Thibodeau, qui était impressionné par le bateau de Sylvain Girard, tout comme Alexandre Lacoursière.

Les deux témoins ont raconté que durant l'après-midi du 4 août 2012, Sylvain Girard a montré à un groupe de personnes quelques voitures en sa possession. Il a fait faire un tour à un de leurs amis en Viper et aurait rincé le moteur de l'une de ses voitures, un modèle des années 1970, selon Alexandre Lacoursière.

Une mécanique en excellent état

La journée de mercredi a commencé avec le témoignage du mécanicien qui a inspecté le bateau de Sylvain Girard le 21 août 2012. Jean-François Lemire a donné de nombreux détails sur la nature des travaux d'inspection. Selon lui, la mécanique du bateau était dans un excellent état.

«Les deux moteurs sont fonctionnels, sans défaillance, les pieds sont parfaits et la conduite n'a aucune défaillance, a dit M. Lemire au juge Jacques Trudel, en ajoutant que l'embrayage était fonctionnel.

Le juge Trudel a demandé au témoin de préciser une affirmation faite plus tôt sur les positions des pieds de moteur et leurs effets sur le bateau. 

Selon M. Lemire, si les pieds de moteur sont suffisamment descendus dans l'eau, le bateau plonge. S'ils ne sont pas assez descendus, cela a pour effet de faire lever l'avant du bateau.

Le travail d'enquête de Jean-François Lemire a permis de connaître le nombre d'heures d'utilisation des moteurs. Me Michel Lebrun, avocat de Girard avec Me Louis-R. Lupien, a noté que le système de gestion du moteur ne peut révéler les jours durant lesquels le bateau a circulé à différentes vitesses, ce qu'a confirmé l'expert.

Me Lebrun a mentionné à la cour qu'il n'était pas au courant de nombreux éléments mentionnés par Jean-François Lemire, ce que n'a pas nié Me Benoit Larouche, avocat de la Couronne. Il veut consulter son expert avant de peut-être revenir avec une demande d'éclaircissement à la cour.

Une déclaration de Girard admise en preuve

Le juge Jacques Trudel accepte qu'une verbalisation de Sylvain Girard, selon laquelle il aurait dit être responsable de l'accident de bateau du 4 août 2012 à Shawinigan, soit admise comme preuve à son procès.

Le lendemain du drame, le policier Jean-François Grenier s'est rendu chez Girard. Cet enquêteur de la Sûreté du Québec lui a demandé si une couverture rouge retracée durant les recherches pour retrouver le corps de la victime provenait de son bateau.

Sylvain Girard a répondu par l'affirmative, comme le policier l'a rapporté lors de son témoignage, lundi. Toujours selon le policier, une brève discussion a eu lieu. D'après l'enquêteur, Girard a alors affirmé être le responsable de l'accident en disant que cela était de sa faute, étant donné que les pieds du moteur n'étaient pas descendus.

Les avocats de Girard, Me Michel Lebrun et Me Louis-R. Lupien, ont présenté lundi une demande d'exclusion de cette partie du témoignage de l'enquêteur. La défense faisait valoir que le policier n'avait jamais mis Girard en garde concernant ses droits. L'enquêteur a affirmé en cour ne pas l'avoir informé de ses droits.

Le juge Trudel a rejeté cette prétention de la défense. Selon lui, la démarche de l'enquêteur Grenier était dépourvue de tactique, car Girard n'était pas soupçonné d'avoir commis une infraction criminelle à cette époque. Girard était libre de répondre ou non à l'enquêteur. De plus, Girard n'a jamais été en état de détention durant cette conversation.

Compte tenu de la bonne foi de l'enquêteur Grenier et de l'objectif de sa visite, le juge Trudel est d'avis que cette preuve doit être admise.

Le procès continue jeudi au palais de justice de Shawinigan.

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