«Pour moi, il tenait toujours son arme»

Le policier Marc-André Saint-Amant... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le policier Marc-André Saint-Amant

François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Marc-André Saint-Amant, l'un des quatre policiers accusés d'avoir maltraité Alexis Vadeboncoeur le 2 février 2013, a pris la parole, mardi, dans le cadre de sa défense au procès.

Lorsqu'il a été confronté à Alexis Vadeboncoeur, il avait à peine deux ans de service. «C'était la première fois que je faisais affaire avec un individu armé», a-t-il avoué. 

Il était d'ailleurs très stressé, d'autant plus qu'il craignait l'imprévisibilité du suspect puisque le vol à la pharmacie était relié à la drogue. «Pour moi, c'était un individu en état de consommation ou en manque», a-t-il indiqué. 

Lui et sa partenaire de patrouille, Barbara Provencher, également accusée dans cette affaire, ont reçu l'appel pour le vol qualifié peu après 20 h 30. Ils se sont mis en direction de la pharmacie Jean Coutu du boulevard des Récollets et ont rapidement repéré le suspect alors qu'il courait dans le secteur. Ils sont sortis de leur véhicule, ont dégainé leur arme et ont pointé l'individu tandis qu'il marchait en direction du Pavillon des sciences.

L'agente Provencher aurait crié «Police» et «Arrête» mais la réaction du suspect aurait plutôt été de repartir à la course. Ils l'ont donc suivi en courant mais avec une certaine prudence.

«Je ne voyais pas ses mains. Elles étaient devant lui. Pour moi, il tenait toujours son arme. Il fallait donc garder une distance car il pouvait se retourner et tirer en ma direction. J'ai crié plusieurs fois "Police, arrête!"» a-t-il raconté. 

Une fois dans la cour du Pavillon des sciences, le policier Saint-Amant a bien cru que le cégep était fermé et que par conséquent, Vadeboncoeur n'aurait pas d'issue. 

Or, il a vu un agent de sécurité ouvrir une porte, sortir pour ensuite retourner en dedans, tout en restant derrière la porte vitrée. «J'ai alors réalisé que le cégep était ouvert et que l'objectif du suspect était d'y entrer. En plus, le fait que l'agent reste derrière la porte compliquait la situation car il était enligné avec le suspect si je devais faire feu», a-t-il ajouté. 

Alexis Vadeboncoeur se serait ensuite retourné: c'est à ce moment que le policier a vu qu'il tenait bel et bien une arme à la main même si plus tard, il a été démontré que celle-ci était fausse. 

Les audiences ont par la suite été suspendues à la suite d'une objection de la procureure de la Couronne Me Aryanne Guérin sur la partie de son témoignage concernant les ordres donnés au suspect. Marc-André Saint-Amant poursuivra son témoignage ce mercredi. 

D'autre part, deux autres policiers sont venus témoigner plus tôt dans la journée. C'est le cas d'Amélie Bélanger qui a menotté Vadeboncoeur. Elle a qualifié cette intervention comme étant à haut risque puisque le suspect était armé. 

Elle a raconté avoir eu peur pour la sécurité de ses collègues qui le pourchassaient car ils ne disposaient pas de barricades, surtout dans le cas de Barbara Provencher qui était cachée derrière un petit poteau.

Selon elle, Vadeboncoeur a résisté à son arrestation, et ce, jusqu'à la toute fin. Elle a soutenu qu'il avait replié ses deux bras sous lui. Ce sont les agents Joey Ouellet et Kaven Deslauriers (également accusé) qui auraient réussi chacun à tirer un bras par des contrôles articulaires. Lorsqu'elle a voulu le menotter, il avait encore les bras raides.

Elle a dit n'avoir été témoin d'aucune insulte proférée à l'endroit de Vadeboncoeur, ni de coups de pied ou de coups de poing portés sur ses testicules. 

Lors du contre-interrogatoire de Me Guérin, elle a par contre précisé n'avoir pas vu tous les gestes posés par ses confrères avant qu'elle ne se joigne au groupe car il faisait très sombre dans la cour du cégep.

Puis, ce fut au tour de l'agent Luc Laliberté de témoigner. Son intervention a consisté à assister l'agent Dominic Pronovost (un des quatre accusés) lors de la fouille du suspect, une fois celui-ci menotté. Il a lui aussi déclaré ne pas avoir été témoin d'insultes ou de coups.

Pour lui, il s'agissait d'un événement très stressant qui avait obligé les policiers à intervenir très rapidement mais qui s'était bien terminé car le suspect avait été arrêté et la marchandise récupérée. 

Il a par ailleurs affirmé n'avoir jamais entendu les policiers comploter entre eux sur une version à donner. Toutefois, il a admis qu'ils auraient bien pu se parler entre eux sans qu'il ne soit impliqué dans leur conversation.

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