Coupable d'avoir menacé un photographe du Nouvelliste

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Le photographe du quotidien Le Nouvelliste avait été assigné dans le secteur Grand-Mère pour prendre en photo un certain mouvement qui se passait sur le toit de l'immeuble abritant jadis l'hôtel Lasalle. S'identifiant comme le responsable des travaux, Parent-Dubé a refusé la prise de photos, prétextant la sécurité de ses employés.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Maxime Parent-Dubé a été trouvé coupable de menace envers le photographe de presse Sylvain Mayer pour des événements survenus en juillet 2014 à Shawinigan.

Le photographe du quotidien Le Nouvelliste avait été assigné dans le secteur Grand-Mère pour prendre en photo un certain mouvement qui se passait sur le toit de l'immeuble abritant jadis l'hôtel Lasalle. Des citoyens avaient contacté Le Nouvelliste pour dénoncer la tenue de travaux à une heure tardive, soit vers 21 h 30. Ils craignaient pour la sécurité des gens sur le toit.

Parent-Dubé, un individu de Québec, a rapidement rendu visite à Sylvain Mayer pendant que celui-ci prenait des photos. S'identifiant comme le responsable des travaux, Parent-Dubé a refusé la prise de photos, prétextant la sécurité de ses employés. Sylvain Mayer lui a répliqué qu'il pouvait prendre des photos en vertu du droit de la liberté de presse. Le ton a monté entre les deux hommes, si bien que des citoyens ont senti le besoin de s'interposer.

Entre-temps, l'expérimenté photographe avait pris soin d'enregistrer une partie de la discussion animée. Selon un document provenant du palais de justice de Shawinigan, Parent-Dubé a dit: «Tes photos, t'es effaces. Tu vas arrêter d'prendre des photos. Sinon, j'pogne ton kodak et j'le brise. Décâlisse d'icitte.»

Sylvain Mayer a également photographié Parent-Dubé afin de pouvoir l'identifier.

Selon la version de Maxime Parent-Dubé, les travaux menés durant cette soirée étaient pour vérifier la solidité d'une pancarte reliée à la bâtisse. Il est allé à la rencontre de Sylvain Mayer qui a pris des photos de lui avec un flash qu'il estime puissant. Affirmant qu'il a des problèmes avec sa vision, c'est dans ce contexte qu'il menaçait de briser l'appareil photo du plaignant.

Selon l'accusé, le tribunal devait l'acquitter, car Sylvain Mayer a refusé de s'identifier, il a utilisé son appareil photo comme une arme et que le flash lui causait des problèmes de vision.

Le juge Guy Lambert n'a pas cru la version de l'accusé. Le juge a rejeté l'affirmation de Maxime Parent-Dubé selon laquelle il a refusé la prise de photos pour assurer la sécurité de ses employés, car le photographe était de l'autre côté de la rue donnant sur la bâtisse et qu'il se trouvait sur un terrain public.

Deux témoins ont confirmé la version de Sylvain Mayer. La théorie des maladies de l'oeil causées par un flash d'appareil photo a été rejetée par un ophtalmologiste invité à témoigner durant le procès.

«Monsieur Parent-Dubé ne veut pas qu'on prenne des photos de ses employés purement et simplement. Il est agressif, autoritaire et menace de briser l'appareil photo avant que monsieur Mayer prenne des photos de lui. La poursuite a prouvé la culpabilité de l'accusé hors de tout doute raisonnable», déclare le juge Lambert dans son verdict, rendu mardi au palais de justice de Shawinigan.

Sans antécédent judiciaire, Maxime Parent-Dubé reçoit une sentence suspendue accompagnée d'une période de probation de 18 mois. Il lui est interdit d'entrer en contact avec la victime pour la même période et il devra verser 200 $ à la Tablée populaire de Shawinigan.

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