Vadeboncoeur: aucun signe d'une blessure majeure

Alexis Vadeboncoeur... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Alexis Vadeboncoeur

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Au lendemain de l'arrestation musclée dont il a été victime, Alexis Vadeboncoeur ne présentait aucun signe d'une blessure physique majeure qui aurait pu justifier une intervention médicale immédiate ou des examens plus approfondis.

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Le procès des quatre policiers de Trois-Rivières accusés d'avoir tabassé Alexis Vadeboncoeur se poursuit ce mardi.

Selon Martine Gagnon, une infirmière du Centre de détention de Trois-Rivières qui l'a rencontré le 3 février 2013, le prévenu se serait plaint uniquement de douleurs au poignet droit et à la cheville gauche sans pour autant avoir d'oedème, d'ecchymose ou un trouble de mobilité. 

En effet, dans le cadre du procès des quatre policiers de Trois-Rivières (Dominic Pronovost, Barbara Provencher, Kaven Deslauriers et Marc-André Saint-Amant) accusés d'avoir tabassé Alexis Vadeboncoeur et d'avoir fait de faux rapports, elle a raconté que son attitude était correcte lors de cette brève consultation à la prison.

«Il coopérait mais limite. Il disait avoir mal à la cheville et au poignet. Je lui ai donné de la glace pour soulager sa douleur», a-t-elle précisé. 

En aucun temps, Vadeboncoeur ne lui a signalé qu'il souffrait de douleurs à la tête, aux côtes, à l'entrejambe et aux testicules. Elle a seulement vu une égratignure au visage mais rien qui justifiait une démarche médicale plus élaborée puisque la plaie était propre. Elle n'a pas non plus remarqué des bosses sur la tête «grosses comme un oeuf» comme l'a plus tard prétendu Vadeboncoeur. 

Dans les jours suivants, il a aussi fait des demandes de consultation mais celles-ci étaient liées à sa médication pour dormir. Il a mentionné également la présence de rougeurs à l'entrejambe. Compte tenu de ses symptômes, l'infirmière lui a conseillé de bien laver et assécher cette zone. Elle a aussi suggéré un dépistage de MTS. 

Lorsque contre-interrogée par la procureure de la Couronne, Me Aryanne Guérin, Mme Gagnon a indiqué que Vadeboncoeur ne s'était jamais plaint des policiers qui l'avaient arrêté ni même parlé des coups qu'il aurait reçus.

Sa collègue Melissa Langevin a pour sa part rencontré le jeune homme le 15 février parce qu'il se plaignait de douleurs à la cheville et au poignet. Or, elle n'a constaté aucune rougeur, ni enflure, ni ecchymose. Il lui a raconté avoir reçu des coups de pied de la part des policiers mais sans plus. Encore là, elle n'a vu aucune bosse sur sa tête. Toutefois, elle a admis ne pas avoir approfondi l'examen de son corps car le prévenu ne lui a fait part d'aucune autre blessure ou douleur.

Toujours dans le cadre de leur défense, les avocats des policiers ont par la suite réussi à obtenir le dépôt en preuve des communications policières sur les ondes radio à partir du signalement du vol qualifié à la pharmacie Jean Coutu. Or, cette bande audio sera admissible uniquement sur le déroulement factuel des événements et l'état d'esprit des policiers mais non sur la véracité de leurs verbalisations. On peut d'ailleurs y constater leur niveau de stress et d'essoufflement pendant qu'ils le pourchassaient.

La défense a ensuite fait entendre l'agent Joey Ouellet. Avec sa collègue Amélie Bélanger, il se trouvait à bord de la deuxième voiture patrouille qui est arrivée dans le stationnement du Cégep de Trois-Rivières pour assister les quatre premiers policiers. 

Il a raconté que dès le départ, il s'agissait d'une intervention à haut risque qui nécessitait une grande prudence puisque le suspect était en fuite et armé. Lorsqu'il a immobilisé son véhicule, il a vu Vadeboncoeur couché au sol, les bras en croix, avec une arme à proximité qu'il pouvait toujours reprendre. Sur ce point, il a d'ailleurs prévenu sa collègue. Il s'est ensuite servi de la portière de son véhicule comme barricade et a pointé son arme en direction de Vadeboncoeur.

Il a vu ses quatre collègues s'approcher et tenter de maîtriser Vadeboncoeur, de sorte qu'il a baissé son arme. «Quand j'ai vu que le groupe devenait mobile et semblait avoir de la difficulté à le maîtriser, j'y suis allé à mon tour», a-t-il raconté.

C'est à ce moment qu'il aurait constaté que des coups étaient portés sur le suspect. Il s'est pour sa part agenouillé pour demander à Vadeboncoeur de collaborer. Or, ce dernier gardait son bras gauche sous son corps et résistait. Craignant l'existence d'une autre arme, il a utilisé ses deux mains et une force moyenne pour prendre son bras et le replier. C'est sa collègue qui l'a ensuite menotté. 

Le procès va se poursuivre mardi.

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