Speed boat: des manoeuvres dangereuses

Sylvain Girard est accusé de conduite dangereuse causant... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Sylvain Girard est accusé de conduite dangereuse causant la mort et négligence criminelle causant la mort.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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(Shawinigan)  Le procès de Sylvain Girard, cet individu de 59 ans accusé en lien avec un accident mortel de speed boat survenu sur la rivière Saint-Maurice le 4 août 2012, s'est ouvert lundi au palais de justice de Shawinigan.

L'homme a plaidé non coupable aux deux chefs d'accusation de conduite dangereuse causant la mort et de négligence criminelle causant la mort d'Alexandre Bourque, 27 ans, qui prenait place à bord de l'embarcation et dont le corps a été repêché quatre jours plus tard.

On se souviendra que l'incident avait fait grand bruit à l'été 2012, lorsque la Sûreté du Québec avait notamment dû lancer des recherches dans la rivière afin de retrouver le jeune homme. La Sûreté du Québec avait dévoilé, à l'époque, que l'accident était survenu à la suite d'une fausse manoeuvre et qu'une douzaine de personnes qui prenaient place à bord du bateau avaient été éjectées. Le jeune homme de 27 ans aura perdu la vie dans ce tragique événement.

Lundi, la couronne, représentée par Me Catherine Vincent, a fait entendre cinq premiers témoins, elle qui en fera entendre plus d'une vingtaine au cours de ce procès qui devrait s'échelonner sur les trois prochaines semaines.

Les procédures sont d'ailleurs suivies par de nombreux proches de la victime, dont sa famille immédiate, en plus de proches des jeunes ayant été impliqués dans l'accident.

Les deux premières personnes appelées à la barre sont deux citoyens, qui n'ont aucun lien, qui ont téléphoné au 9-1-1 l'après-midi du 4 août, lorsqu'ils ont constaté des manoeuvres dangereuses effectuées par un bateau de type speed boat sur la rivière Saint-Maurice, entre Saint-Jean-des-Piles et Grand-Mère.

Jocelyne Beaudry naviguait sur un ponton avec des amis et des proches lorsqu'elle a aperçu le bateau. À la cour, elle a déclaré que l'embarcation avait effectué plusieurs manoeuvres dangereuses, comme des mouvements en «huit» alors que de nombreux autres bateaux se trouvaient sur la rivière.

À deux reprises, le speed boat serait passé très près de son ponton, dont une fois à moins de 20 pieds, alors qu'elle estimait sa vitesse à plus de 50 milles à l'heure. À bord, elle dit avoir distingué des jeunes qui criaient et levaient les bras dans les airs.

Sans avoir été témoin direct de l'accident, Mme Beaudry a voulu aviser les autorités, car elle craignait qu'un accident puisse se produire. L'avocat de l'accusé, Me Louis R. Lupien, a tenté de relever certaines contradictions dans son témoignage, notamment sur sa capacité d'estimer de façon précise la vitesse à laquelle le bateau circulait ou encore la distance qui le séparait des autres bateaux de la rivière.

De son côté, Marcel Gagné, dont la résidence secondaire se situe sur le bord de la rivière et à proximité de celle de l'accusé, a noté un bateau qui circulait à très grande vitesse sur la rivière, en direction de Grand-Mère.

À un moment, il est rentré à l'intérieur de sa résidence pour prévenir le 9-1-1. À son retour à l'extérieur, M. Gagné raconte avoir vu une trombe d'eau, puis des gens être éjectés du bateau. Pendant que d'autres bateaux s'approchaient pour porter assistance, M. Gagné raconte qu'il entendait les jeunes dans l'eau crier «Alex, où es-tu?»

L'avocat de la défense a de son côté tenté de relever encore une fois certaines contradictions dans le témoignage de l'homme, spécialement sur le moment exact de l'appel logé au 9-1-1, à savoir s'il avait téléphoné avant que l'accident se produise ou après. L'enregistrement entendu en cour permettait de comprendre que l'incident venait de se produire. Le témoin a reconnu que quatre ans après les faits, il était possible que sa mémoire lui joue des tours sur le moment précis de l'appel.

La Couronne a tenté de faire admettre un témoignage en voir-dire de l'enquêteur de la Sûreté du Québec, Jean-François Grenier, mais un débat sur certains points de droits a été mené. Le juge Jacques Trudel devrait rendre sa décision mardi ou mercredi sur l'admissibilité en preuve des propos de l'enquêteur. 

On a aussi pu entendre le témoignage de deux policiers qui ont eu à intervenir lors des événements. L'un, patrouilleur nautique, a eu à remorquer le bateau à la marina de Saint-Jean-des-Piles, alors que l'autre a été assigné à la surveillance du bateau jusqu'à sa prise en charge pour expertise.

Le procès se poursuit mardi.

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