«Des impacts à très long terme», témoigne la victime d'un pitbull

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Véronique Papineau vit encore avec les séquelles de l'attaque d'un pitbull survenue lorsqu'elle avait huit ans.

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(Trois-Rivières) Dans tout le débat entourant la réglementation des chiens dangereux au Québec, rarement a-t-on entendu parler de l'impact d'une attaque sur la vie d'une victime.

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Véronique Papineau

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L'attaque dont avait été victime Véronique Papineau avait fait grand bruit à l'époque.

C'est du moins l'avis de Véronique Papineau, Trifluvienne d'origine qui, il y a trente ans, a subi l'attaque de l'une de ces bêtes, et qui en vit encore les séquelles aujourd'hui. 

Aujourd'hui chef de bureau de la députée de Ahuntsic-Cartierville et ministre du Patrimoine canadien Mélanie Joly, Mme Papineau n'a pas souhaité, depuis cet été, se prononcer sur le point de vue légal entourant la réglementation sur les chiens dangereux. 

«Je n'ai pas à dire si les municipalités doivent ou non interdire ces animaux. Ce que je considère toutefois, dans tout ce que j'ai vu et entendu, c'est qu'on a rarement tenu compte des conséquences sur les victimes, de l'humain derrière. Les victimes vivent de graves séquelles physiques et psychologiques à long terme, et j'aimerais que ce soit ramené à l'avant-plan du débat», relate Mme Papineau.

Cette dernière n'avait que huit ans le jour où, en visite chez de la parenté à Yamachiche, elle a voulu dire au chien de race pitbull que gardait sa tante de cesser de jouer avec un coussin. 

«J'avais un golden retriever chez nous, je pensais que j'étais habituée avec les chiens. Mais quand je lui ai dit de lâcher le coussin, le chien est devenu fou et il a sauté sur moi», se souvient celle qui était accompagnée de sa soeur et de son petit cousin lors de l'attaque. Les deux autres enfants ont aussi été attaqués, mais c'est Véronique qui a subi les plus lourdes séquelles.

La bête l'a mordue au cou, au visage, au crâne. Elle a eu l'oreille arrachée, une partie du cuir chevelu aussi. Les crocs de l'animal ont frôlé de quelques millimètres son artère carotide, et les médecins n'ont cessé de répéter à ses parents qu'elle aurait facilement pu y rester. Transportée d'urgence à l'hôpital de Trois-Rivières, Véronique a été transférée à l'hôpital Sainte-Justine pour stabiliser son état.

Sa soeur, qui a tiré de toutes ses forces sur l'animal pour qu'il lâche sa proie, aura dû vivre avec le traumatisme de l'attaque, tentant aussi de réconforter son jeune cousin pendant qu'elle nettoyait le sang laissé sur le plancher. La bête, elle, a été euthanasiée dans les heures suivant l'attaque.

La suite de l'histoire, pour Véronique, se ponctue de nombreuses greffes de peau et d'interventions chirurgicales, treize en tout, pour tenter de reconstruire son oreille arrachée. Au final, la fillette aura dû apprendre à vivre avec cette cicatrice permanente, qui suscite encore bien des remarques aujourd'hui. «Au secondaire, je ne voulais pas m'attacher les cheveux parce que je ne voulais pas que les gens voient ça. Pour tout le monde, Véronique Papineau, c'était la fille qui avait été attaquée par le chien. Ça fait partie de moi, de mon histoire et ça fera toujours partie de ma vie», relate celle qui a aujourd'hui de jeunes enfants.

Occupant un poste en contact avec le public, Véronique Papineau raconte faire encore très attention aujourd'hui de ne pas mettre en évidence ce côté de sa tête qui porte les marques de l'attaque. 

«Si je suis pour rencontrer quelqu'un pour la première fois, j'évite de m'attacher les cheveux. Si je vais dans un restaurant, je m'assois du côté où les gens avec qui je suis ne voient pas mon oreille blessée. Ça évite bien des questions et des remarques. Je vis bien aujourd'hui, j'ai bien réussi dans la vie, mais je peux vous dire que sur l'estime de soi d'une fillette, ça donne un sacré coup», mentionne-t-elle.

Encore aujourd'hui, Véronique doit faire régulièrement irriguer son oreille pour bien entendre. Ses longs cheveux cachent les plaies laissées par les morsures du chien à son cuir chevelu. 

«Je dois faire ajuster spécialement mes lunettes pour qu'elles tiennent à mon visage», cite-t-elle en exemple, sans oublier de préciser que l'attaque aura non seulement laissé des séquelles physiques et psychologiques chez elle, mais aussi dans sa famille.

«On a beaucoup parlé des politiques et des propriétaires de chiens, mais peu des victimes. Je n'ai pas envie de dire aux gens quoi faire ou quoi penser. J'adore les animaux, j'ai moi-même un chien à la maison. La majorité des propriétaires de chiens sont des gens très responsables. Mais j'ai envie qu'on garde en tête l'humain d'abord, qu'on réalise que pour les victimes et leur entourage, il y a des impacts à très long terme», mentionne Véronique.

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