Recherches policières: des bénévoles pour réduire la facture?

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Les policiers de la Sûreté du Québec ont mené de vastes recherches en décembre, dans un boisé aux limites de Saint-Maurice et de Trois-Rivières, à la suite de la découverte des ossements de Cédrika Provencher.

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(Trois-Rivières) Si l'on doit se questionner sur les coûts engendrés par les opérations de recherches entourant la découverte des restes de Cédrika Provencher, ce n'est pas tant sur l'argent dépensé mais sur l'obligation de toujours avoir recours à des effectifs policiers pour mener ce genre de recherches.

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Pierre-Hugues Boisvenu

Photothèque Le Soleil, PC Pawel Dwulit

C'est du moins l'avis du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, fondateur de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD).

Rappelons que, selon des informations obtenues par Radio-Canada en vertu de la loi sur l'accès à l'information, les fouilles qui ont été effectuées entre le 13 et le 22 décembre 2015 dans le boisé situé aux limites de Trois-Rivières et de Saint-Maurice ont coûté 982 900 $. Une importante partie de ce montant, soit 880 330 $, a servi à payer le temps supplémentaire des policiers qui ont participé à ce déploiement.

Pour Pierre-Hugues Boisvenu, dans de pareilles circonstances, l'argent n'a pas autant d'importance que la nécessité pour les familles de personnes disparues de pouvoir obtenir des réponses.

Toutefois, il remet en question la nécessité d'avoir recours exclusivement à des corps policiers. M. Boisvenu se souvient que lorsqu'il oeuvrait à l'AFPAD, il avait souvent rencontré les gens de l'organisme Québec Secours, organisme qui souhaitait être reconnu par la Sûreté du Québec et les grands corps policiers québécois comme étant une ressource disponible et professionnelle lors de tels événements.

«Ce sont des ressources entièrement bénévoles, mais qui sont formées spécifiquement dans les techniques de recherches afin, par exemple, de ne pas contaminer une scène de crime. Dans plusieurs autres provinces, on a déjà recours à de telles ressources. Pourquoi ça ne pourrait pas être pareil au Québec», se demande Pierre-Hugues Boisvenu.

Ce dernier invite d'ailleurs le nouveau directeur de la Sûreté du Québec, qui fut également responsable de l'enquête lors de la disparition de la fillette en août 2007, Martin Prud'homme, à faire une réflexion en ce sens.

«Il semble vouloir amener toute une réflexion sur la réorganisation du travail et aussi réinvestir dans le corps policier. Ça devrait faire partie de sa réflexion, cette forme de collaboration. Ça amènerait forcément à réduire les coûts pour l'État, ou encore de pouvoir mettre ces montants ailleurs, sur d'autres enquêtes, pour lesquelles nous pourrions obtenir des résultats bien différents», suggère Pierre-Hugues Boisvenu.

Toutefois, il se garde bien de parler de dépenses excessives en ce qui concerne les recherches de décembre dernier. «À l'AFPAD, les familles de personnes disparues représentent le quart des familles qui ont recours aux services, et ce sont souvent les plus mal prises du système judiciaire en ce qui a trait aux actes criminels. Il n'y a pas de prix pour retrouver une personne disparue, pour trouver des réponses», signale-t-il.

L'opération de décembre, à ses yeux, aura plus eu un effet de visibilité publique, une stratégie d'enquête en elle-même, afin de porter un coup au présumé criminel.

«Dans ce dossier, il y a un présumé criminel, mais il manque de preuve pour l'amener devant les tribunaux. Or, avec un tel déploiement, oui on cherche des indices, mais on cherche aussi à le déstabiliser, à lui porter un coup de massue. Est-ce que 50 policiers auraient pu faire la même chose? Je ne sais pas. Mais est-ce qu'on fait de la recherche une chasse gardée des effectifs policiers dans le seul but d'avoir de meilleurs salaires? Si c'est ça, on fait fausse route», croit-il.

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