Procès de Thao Neth: «Il voulait faire peur et non pas tuer»

Thao Neth... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Thao Neth

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Thao Neth ne voulait pas tirer sur quelqu'un ni même le tuer mais il voulait lui faire peur.

C'est du moins la théorie de cause qui a été présentée, mercredi, par le procureur de la Couronne, Me Éric Thériault, dans le cadre des plaidoiries au procès de Thao Neth. Selon lui, l'individu a démontré par ses agissements et ses propos menaçants qu'il ne voulait avoir personne sur ses terres de Saint-Mathieu-du-Parc. 

Hormis ceux à qui il vendait personnellement un terrain, les autres personnes qui avaient des terrains enclavés devaient obtenir une servitude devant un notaire pour avoir la clé de la barrière installée à l'entrée de sa terre pour ensuite accéder à leur propriété. 

Me Thériault soutient que le 13 septembre 2013, lorsque les policiers du Groupe tactique d'intervention se sont pointés sur son terrain à la recherche d'hommes armés et d'une plantation de cannabis, M. Neth les aurait bel et bien aperçus dans le sentier, sans pour autant savoir qu'il s'agissait de policiers. 

D'ailleurs, le procureur comprend mal qu'un chasseur expérimenté comme M. Neth, qui a tué 29 orignaux en une trentaine d'années, ait pu confondre un homme pesant environ 175 libres avec un orignal qui pèse 800 livres ou même un veau qui en pèse 300. 

«Il voulait faire peur et non pas tuer. D'ailleurs, il n'est pas accusé de tentative de meurtre ou de meurtre. Le problème est qu'il est tombé sur l'élite de la police», a-t-il indiqué. 

Rappelons que Thao Neth est accusé d'avoir déchargé intentionnellement son arme à feu sans se soucier de la vie ou de la sécurité d'autrui, d'avoir eu en sa possession un fusil de calibre .12 et une carabine de calibre .22 dans un dessein dangereux et enfin, d'avoir utilisé son fusil de façon négligente.

Lors des événements qui lui sont reprochés, il avait été atteint d'une balle tirée par un policier du GTI. Ce dernier avait soutenu craindre pour sa sécurité devant le comportement menaçant de M. Neth. 

Il a par ailleurs demandé au juge d'écarter le témoignage de M. Neth parce que celui-ci n'est pas crédible. Il a relevé une quinzaine de contradictions et d'invraisemblances dans ses propos, dont certaines qui sont ressorties lors du contre-interrogatoire effectué mercredi. 

Il a également donné l'exemple de la perdrix que M. Neth aurait tirée dans le bois pour expliquer son premier coup de fusil. «Comment un excellent chasseur comme vous peut avoir raté une perdrix à 20-25 pieds avec une balle remplie de plombs?», a-t-il demandé. 

Il a aussi qualifié d'invraisemblable sa version à l'effet qu'il avait vu dans un premier temps l'ombre d'un orignal puis une perdrix pour finalement s'arrêter et chercher des castors. On sait que M. Neth a déclaré mercredi matin utiliser son calibre .12 pour chasser uniquement les castors qui causaient des dommages à un ponceau. 

De plus, il a relevé le fait que lors d'une entrevue accordée à une station de radio en janvier dernier, il avait déclaré avoir «callé l'orignal» pendant cinq minutes, ce qu'il n'avait jamais mentionné au procès. 

«Voir si le GTI aurait tiré sur un gars qui a callé l'orignal dans le bois pendant cinq minutes», a-t-il ajouté. 

Pour toutes ces raisons, Me Thériault estime que le juge doit le déclarer coupable. 

Or, dans sa plaidoirie, l'avocat de la défense, Me Marco Morin, est d'un tout autre avis. En ce qui concerne le premier chef, son client ne peut pas avoir déchargé une arme à feu sans se soucier de la vie d'autrui car il ignorait que des policiers se trouvaient sur son terrain. 

Quant au second chef, il ne portait pas une arme dans un dessein dangereux, soit de tirer sur quelqu'un, mais bien dans le but de chasser le castor et la perdrix sur ses terres. Finalement, il n'a pas utilisé son arme de façon négligente. 

Me Morin a rappelé que son client venait de se faire tirer dessus lorsque son arme est partie de manière accidentelle. Il n'a pas non plus fait preuve de négligence puisqu'il a tout simplement tiré sur une perdrix qu'il voyait devant lui.

Le juge Guy Lambert fera connaître son jugement le 18 novembre.

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